OL - Fekir, le casse-tête de Genesio

Nabil Fekir a été séduit par les prestations de plusieurs jeunes joueurs de l'OL, ce samedi, en match amical contre Bourg-en-Bresse (3-1).

"À partir du moment où Nabil Fekir ne se sent pas capable d'évoluer sur le côté, où il n'est pas prêt à faire les efforts, c’est dur de l’aligner à ce poste. J’ai mes idées sur le sujet, c’est dur de l’aligner à contre-cœur, quand on joue à un poste où on ne se sent pas bien, mal à l’aise. Les deux ou trois matches où je l’ai mis là, ses performances étaient insuffisantes. C’est dur de contenter tout le monde", a déploré Bruno Genesio avant le déplacement à Rennes. Si les deux hommes ont depuis mis les choses à plat assurant qu’il n’y a "aucun problème" entre eux, c’est tout de même une sacrée épine dans le pied de l’entraîneur français.

Nabil Fekir l’a martelé à plusieurs reprises cette saison et l’avait déjà dit avant, il "préfère jouer dans l’axe". Et c’est bien là où se situe le problème. L’international français s’est mis dans la tête de ne pas avoir les capacités pour évoluer sur le côté et cela limite les options tactiques de Bruno Genesio. Auteur de treize buts en 2013-2014, l’attaquant de 23 ans s’était révélé en attaquant de pointe aux côtés d’Alexandre Lacazette et par intermittence en tant que numéro 10 dans le 4-3-1-2 d’Hubert Fournier. Mais après sa blessure l’an dernier, le système de jeu des Gones a évolué et est repassé au traditionnel 4-3-3 ou au 4-2-3-1 en fonction des adversaires.

Incompatible avec le 4-3-3

L’arrivée de Memphis Depay cet hiver en provenance de Manchester United a encore plus placé Bruno Genesio face à ses responsabilités. L’ancienne promesse du PSV est avant tout un joueur de côté, capable de dépanner dans l’axe, dont le système préférentiel est le 4-3-3 puisqu’il est trop fragile défensivement pour évoluer à ce poste dans un 4-4-2. Entre l’équilibre de son équipe sur le terrain et l’association de ses stars tout en leur faisant plaisir représente une tâche ardue pour l’ancien adjoint de Rémi Garde.

Alexandre Lacazette est indéboulonnable à la pointe de l’attaque et il n’y a qu’une place dans l’axe de l’attaque dans un éventuel 4-3-3. Pour utiliser ce système, Bruno Genesio devrait donc persuader Nabil Fekir d’évoluer sur un côté afin d’en faire le pendant de Memphis Depay et de disposer de son trio phare sans pour autant nuire à l’équilibre de l’équipe. Si le 4-4-2 a été mis en place avant la trêve hivernale, la présence de Memphis Depay sur un côté rend ce système difficilement compatible même s’il permettrait à Nabil Fekir d’être aux côtés de son ami Lacazette, là où il a explosé en 2013-2014. Le manque d’impact défensif du Néerlandais pourrait mettre en danger son équipe dans ce 4-4-2.

4-2-3-1, le système par défaut

Pour faire plaisir à Nabil Fekir, sans pour autant mettre en difficulté Memphis Depay dans un rôle qui n’est pas le sien, Bruno Genesio n’a d’autres choix que d’opter pour le 4-2-3-1. Dans ce système de jeu, l’international français évolue en meneur de jeu, voire second attaquant en fonction de la physionomie du match, juste derrière Alexandre Lacazette tandis que Memphis Depay occupe l’aile gauche et de l’autre côté le temps de jeu se partage généralement entre Rachid Ghezzal et Mathieu Valbuena. Ce dispositif semble satisfaire tout le monde mais il contraint Bruno Genesio à aligner deux joueurs solides défensivement derrière son quatuor, et parfois se priver de Corentin Tolisso au profit de Lucas Tousart, meilleur récupérateur, pour ne pas mettre en péril son assise défensive.

"Ce n’est pas à Nabil Fekir de choisir où il doit jouer", avait lancé Bernard Lacombe avant le match contre le FC Metz. Mais finalement, l’entraîneur rhodanien a cédé aux demandes de son joueur et s’en est expliqué : "Il ne faut pas être borné. Il est très à l’aise derrière l’attaquant, donc on l’utilisera là où il est plus à l’aise. Je pense qu’il n’a pas trop envie de jouer sur le côté, je peux le comprendre, et du coup il n’est pas aussi performant qu’on aimerait qu’il le soit. Mon rôle, c’est de le mettre au poste où il sera le plus performant". Ce n’est certes pas la solution parfaite, mais cela semble la meilleure du moins jusqu’à la fin de la saison. Cet été, avec un possible départ d’Alexandre Lacazette, les cartes seront sûrement redistribuées pour le plus grand plaisir de Nabil Fekir et le plus grand soulagement pour Bruno Genesio.

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