OM - OPINION : Evra c'est pas encore ça

Arrivé cet hiver à l'OM, le latéral gauche de 35 ans affiche un rendement quelconque. Est-il déjà un flop ?

Evra c'est du caviar pour l'OM. Voilà comment le 27 janvier dernier nous présentions l'arrivée à Marseille du latéral gauche aux 81 sélections. Son association avec Dimitri Payet, qui avait fait des étincelles lors de l'Euro six mois plus tôt, devait permettre à l'équipe dirigée par Rudi Garcia de franchir plusieurs paliers d'un coup. Et bien il faut croire que la boite de caviar comptait quelques oeufs d'esturgeon périmés... Si Payet a rapidement retrouvé son niveau et remplit sa mission de leader d'attaque, Evra, qui est plus à l'aise devant les micros que dans son couloir gauche, affiche un rendement quelconque. Pas encore un flop mais pas vraiment un top...

Depuis sa signature, Patrice Evra a disputé 8 matches dont 7 en Ligue 1. Il a été éloigné des terrains durant plusieurs semaines en raison d'une blessure à la cuisse qu'il trainait depuis la Juve selon ses dires. "Cette blessure ne m'a pas permis de jouer à 100% de mes moyens. Désormais, je veux prendre mes responsabilités et donner le meilleur de moi-même", assure-t-il. En son absence, l'OM a aligné deux victoires et deux nuls. Présenté comme un leader de vestiaire, le défenseur au palmarès immense bâti à Manchester United et à la Juventus Turin, est fidèle à sa réputation. Grâce à son vécu, il est respecté de tous et joue un rôle de relais pour l'entraîneur. C'est plutôt sur le terrain que son apport est décevant. Formidable contre-attaquant durant ses années de gloire, Evra semble jouer avec le frein à main. Pas au top physiquement ou est-ce que ses jambes de 35 ans ne lui permettent plus de fournir les efforts ? Toujours est-il qu'Evra évolue davantage sur la défensive. Et ce n'est pas sa qualité première. Dans le un contre un, il est régulièrement dépassé face à des joueurs de Ligue 1 rapides et athlétiques. On ne peut pas dire que la défense olympienne l'aide grandement. A côtés de lui, Barzagli, Chellini et Bonucci ont disparu au profit de Rolando, Doria, Fanni ou Sertic. Les critiques pleuvent même chez certains supporters. "La critique est facile. Je dis souvent qu'un homme sans ennemi est un homme sans valeurs, philosophe l'Olympien. Si tu fais un bon match on va dire que t'es le meilleur du monde, un mauvais et tu es le pire. Je sais quand j'ai été bon ou pas. Je sais ce que je fais et comment je bosse..."

Patrice Evra est persuadé que l'OM bénéficiera bientôt de son meilleur visage. Il a foi en sa force de caractère. "Le Evra de Manchester ou de la Juve n'existe plus. Je me remets en question tous les jours", affirme-t-il. Alors que la dernière ligne droite de la saison a débuté, Patrice Evra s'est fixé un challenge : "Quand j'ai signé, on m'a dit que l'objectif était l'Europe. Quand tu as la chance d'accrocher l'Europe, il ne faut pas laisser passer le train." Pour l'atteindre, l'OM aura besoin d'un autre Evra. Celui qui a connu des matchs à haute pression. Pour le club marseillais, disputer une coupe européenne peut changer la donne en vue de la saison prochaine. Car le bonhomme est déjà tourné vers l'avenir. L'international a signé pour 18 mois et poursuivra l'aventure qui débute. Même s'il fait partie intégrante du projet, l'OM devrait recruter un autre latéral gauche cet été. Plus jeune qu'Evra évidemment pour préparer l'avenir. La concurrence entre les deux sera intéressante à juger. Car à la Juve c'est l'éclosion du Brésilien Sandro qui a sonné le glas des espoirs d'Evra. Lui qui caresse encore le rêve de disputer la coupe du monde 2018 avec les Bleus tentera de conserver son niveau. On saura alors si Tonton Pat n'est pas devenu Papy Pat...

 

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