Open d'Australie - Christophe Mallet, journaliste franco-australien : « Pour la paix générale, c'est mieux que Djokovic ne vienne pas »

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  • Novak Djoković
    Novak Djoković
    Joueur de tennis serbe

Journaliste depuis dix-huit ans à Melbourne, Christophe Mallet raconte l'ambiance qui règne dans la ville la plus confinée du monde et comment les Australiens vivent l'affaire Djokovic. Rédacteur en chef du programme en français de SBS, l'un des deux groupes de radio-télévision subventionné par le gouvernement australien, Christophe Mallet vit à Melbourne depuis dix-huit ans. Le Franco-australien qui couvre de nombreux sports a vécu la pandémie dans la ville la plus confinée du monde (262 jours, près de neuf mois) et explique le ressenti très négatif de ses compatriotes sur la venue de Novak Djokovic. lire aussi L'Australie refuse à Novak Djokovic l'entrée sur son territoire « Quel est votre ressenti sur l'affaire Djokovic ?
Pour moi, s'il n'est pas vacciné, il ne doit pas mettre un pied ici pour le bien public et par rapport à tout ce qu'on a vécu. Melbourne est la ville qui a été le plus confinée du monde. On s'est retrouvé avec confinement 1, 2, 3, 4, 5, 6. Aujourd'hui, on peut tous revivre un peu normalement et il arrive là sans être vacciné. Ça ne passe pas bien du tout, du tout. Dans des micro-trottoirs, les gens me disaient que c'était inadmissible et dégueulasse. Je vais vous donner un exemple personnel. Pendant ces deux ans, ma maman est décédée et je n'ai pas pu rentrer. Il y a plein d'histoires comme la mienne. Pour la paix générale, c'est mieux qu'il ne vienne pas. Christophe Mallet « Le vaccin n'est pas obligatoire mais on a le pass vaccinal depuis le début. C'est "tu as ton vaccin, tu rentres ; tu n'as pas ton vaccin, tu ne rentres pas" » Comment ont vécu les habitants de Melbourne pendant ces deux ans ?
Les confinements étaient ordonnés à la dernière minute. Par exemple, lors du dernier confinement (fini en octobre), je jouais au basket avec ma fille, j'ai reçu un texto qui disait de rentrer chez nous et à partir de 18h, on ne pouvait plus sortir. Ça ne devait être que pour cinq jours et ça a duré deux mois et demi. On pouvait sortir sur cinq kilomètres. Dans une ville comme Melbourne, on ne va pas loin. Pour aller au travail, je devais avoir une dérogation qu'il fallait renouveler toutes les semaines. Le vaccin n'est pas obligatoire mais on a le pass vaccinal depuis le début. C'est "tu as ton vaccin, tu rentres ; tu n'as pas ton vaccin, tu ne rentres pas". Les Australiens sont stricts. Ici, la règle c'est la règle. Encore aujourd'hui, je dois me faire tester tous les jours au travail. C'est obligatoire. Pouviez-vous sortir du pays ?
Il y avait des systèmes de dérogation comme pour Djokovic. Sauf que c'était ultra-compliqué. La maman d'un super copain a fait un AVC en Suisse. Sa demande a été refusée car on lui disait qu'il avait une soeur sur place qui pouvait s'occuper de sa mère. Il a fait appel, encore un refus et il n'y a plus de recours.

On a l'impression que la politique s'immisce aussi dans cette affaire Djokovic. Quel est le contexte ?
Il y a l'État d'Australie et l'État du Victoria. Le Victoria, c'est à gauche et l'Australie, c'est à droite (sur l'échiquier politique). Tous les confinements ont été gérés par l'État du Victoria. Les deux seules choses que le gouvernement avait à faire pendant cette pandémie étaient la distribution des vaccins et organiser les quarantaines à l'arrivée des gens. Les deux ont été mal gérées. Aujourd'hui, on est à 95,3 % de vaccinés mais on a eu le vaccin super tard. Là, il y a des élections fédérales. On n'a pas encore la date, le Premier ministre a une fourchette de temps mais les élections devraient se passer en avril-mai. » lire aussi L'entrée de Novak Djokovic en Australie retardée pour un problème de visa

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