Open d'Australie (F) - Alizé Cornet : « J'ai perdu dix ans de vie ! »

L'Equipe.fr
·3 min de lecture

Qualifiée pour le deuxième tour de l'Open d'Australie après avoir été menée 0-4 dans le troisième set par Valeria Savinykh, Alizé Cornet reconnaissait être passée par beaucoup d'émotions durant son match. « Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu ce match ?
J'avais pourtant la sensation d'être en contrôle relatif avec un set et 2-1, je ne voyais pas trop le danger. Elle a vraiment haussé son niveau de jeu, moi je me suis tendue, clairement. Au troisième set, j'ai quasiment balle de jeu dans tous les jeux et je perds 4-0 parce qu'elle joue extrêmement bien. Je me dis : ''allez sur un malentendu, il peut tout se passer''. Je n'y croyais plus beaucoup, à 4-0, c'est quand même rare de revenir et de gagner. Mais j'y ai cru, point par point, jeu par jeu. Le plus dur, ça a été de faire des mauvais jeux à 5-4 et 6-5. Le super tie-break, j'ai perdu dix ans de vie en dix minutes ! C'est d'un stressant, c'est horrible. Je commençais à cramper au mollet de stress. Ce super tie-break était forcément particulier...
C'était mon premier super tie-break du troisième set. J'étais tellement fatiguée à 6 partout. Il y avait tellement de tension, et du fatalisme. Pas dans le mauvais sens du terme, mais de se dire : ''on joue et advienne que pourra''. Ça peut tellement se jouer à rien. J'ai essayé de le prendre point par point. Je mène 8-4, elle revient à 8-7 et là je me dis : ''pourquoi je joue au tennis !'' Je finis sur un coup droit gagnant qui rentre de ça, il y a eu tout dans ce match. Tennistiquement, je ne suis pas hyper satisfaite mais j'ai la chance de faire mieux au prochain tour. « Je vais essayer de prendre le maximum de gens dans mes bras » Battu au premier tour, Gaël Monfils a craqué lors de la conférence de presse...
C'est rare de la part de Gaël. ça prouve vraiment à quel point on puise en ce moment, que ce soit moralement ou physiquement. Ce n'est pas se plaindre que se dire que c'est dur. Moi j'ai le moral à zéro depuis un mois pour des raisons personnelles mais aussi en raison du contexte. Gaël est comme moi, il a plus de trente ans. Quand on a notre âge, c'est très difficile de trouver encore une raison de se mettre autant dans le dur pour un sport qu'on aime fort mais qui nous fait mal. Moi aussi, j'ai beaucoup pleuré ces derniers temps, pas forcément parce que j'ai perdu des matches mais parce que la situation me pèse, que mes proches sont déprimés en France aussi. Lui a perdu. Quand tu penses que tu as fait tout ça pour perdre au premier tour... ça m'a traversé l'esprit, je me suis dit que ce serait beaucoup d'efforts pour pas grand-chose. Ça me fait de la peine pour Gaël. lire aussi Monfils, le gros coup de blues Le tournoi se poursuit pour vous, sans les contraintes du Covid. Comment allez-vous essayer d'en profiter ?
Je vais essayer de prendre le bon côté des choses, maintenant qu'on est libérés. Je vais essayer de gagner le plus de matches pour profiter de l'ambiance. On peut se prendre dans les bras, faire la bise si on a envie, ce sont des choses qu'on ne fait plus depuis un an. J'ai l'impression qu'on est un peu en sursis et je vais essayer de prendre le maximum de gens dans mes bras avant de rentrer en France. »