Open d'Australie (F) - Hsieh Su-wei, après sa qualification en quarts de finale à l'Open d'Australie : « Mon esprit est très jeune »

L'Equipe.fr
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À trente-cinq ans, Hsieh Su-wei a décroché dimanche son premier quart de finale en Grand Chelem en battant 6-4, 6-2 Marketa Vondrousova. « Comment vous sentez-vous après cette première qualification pour un quart de finale en Grand Chelem ?
C'est génial. Mais juste après avoir gagné, j'avais l'impression que ce n'était pas réel car il n'y avait pas de fans. Vous avez 35 ans et vous avez percé sur le tard. À quel moment situez-vous le déclic ?
Avant Roland-Garros (2017, victoire 1-6, 7-6, 6-4 contre Konta au premier tour), je n'avais jamais battu de top 10. Le truc marrant cette année-là est que je sortais avec mon petit ami depuis un an ou deux et c'était la première fois que ses parents venaient me voir jouer. Je jouais tellement mal au début que j'avais l'impression que ses parents dormaient. Alors, je me suis dit : ''Ok, peu importe ce qui arrive, je vais essayer de tout renvoyer et de faire mieux. Au moins, je veux les voir réveillés.'' C'est comme ça que je suis revenue dans le match et que j'ai gagné. Après ce match, j'ai commencé à battre des top 10. « J'essaie de faire croire que je n'ai que dix-huit ans » Quel est votre secret de longévité ? Pensiez-vous jouer encore aussi bien à votre âge ?
À mon âge ? J'essaie de faire croire que je n'ai que dix-huit ans. Mon esprit est très jeune. Cela aide beaucoup. C'est très difficile de voyager tout le temps et de jouer presque tous les tournois. Pour moi, le plus important est de rester heureuse, de savourer et de ne pas être blessée. Si je me blesse, je n'ai aucune idée de la manière dont je vais récupérer et comment je vais m'entraîner parce qu'il n'y a pas beaucoup d'expérience à Taïwan. Maintenant, je vis principalement à Paris (son compagnon est français), j'ai un entraîneur (Paul McNamee), un kiné, un préparateur physique, ça aide beaucoup. voir aussi Le tableau femmes de l'Open d'Australie Au prochain tour, vous allez affronter une joueuse que vous connaissez bien, Naomi Osaka. En cinq confrontations, vous l'avez battue une fois et à chaque fois, c'était des gros combats. Votre jeu la perturbe.
Je la trouble ? Vraiment ? D'accord. Je ne pense plus que ce soit le cas. Nous savons tous que c'est une très bonne joueuse. Je ne m'en fais pas, elle va probablement m'écraser sur le terrain mais je vais essayer de jouer mon jeu et on verra ce qui se passe. Je reste la même et j'essaie de rester positive. Si je ne gagne pas, j'espère que la quarantaine finira bientôt pour pouvoir profiter un peu et sortir. Comment allez-vous aborder ce match ?
J'aime jouer tous les matches même si je me fais martyriser sur le court. Par exemple, contre Kvitova, je perds tout le temps. Une fois, j'ai gagné plus de jeux, j'étais contente et ça l'a fait rire quand je lui ai serré la main. Je ne me soucie pas vraiment de gagner ou de perdre. Je fais de mon mieux et je joue. Toutes les filles ont des jeux différents, il y a bien sûr des situations difficiles sur le court mais c'est très intéressant car tu veux trouver une solution. Au moins, j'essaie. Je n'ai rien à perdre. »