Open d'Australie (H) - Adrian Mannarino : « Un petit coup de massue »

L'Equipe.fr
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Au-delà de sa défaite contre Alexander Zverev, Adrian Mannarino s'inquiétait surtout pour les nouvelles mesures sanitaires qui génèrent une incertitude sur la suite de son programme. « Adrian Mannarino, comment analysez-vous votre défaite contre Alexander Zverev ?
Il a très bien joué. Je pense qu'il s'attendait à un match compliqué. Il n'avait pas envie de s'éterniser sur le terrain comme les autres fois. Il a pris plus de risques dans l'échange et les conditions sont vachement plus rapides que celles dans lesquelles on avait joué les dernières fois (matches serrés à New York, Cologne et Bercy). Du coup, la tactique ne rentre pas vraiment en jeu, il n'y a pas vraiment de schéma de jeu, c'est celui qui prend l'avantage dans l'échange en frappant fort le premier qui a de grandes chances de gagner le point. La mise en jeu devient hyper importante et il a très bien servi aujourd'hui (vendredi). De mon côté, je n'ai pas bien servi. Ça change complètement le côté psychologique. Quand on voit son adversaire qui ne sert pas bien, on se dit qu'on aura de quoi revenir tout le temps même si ça ne se passe pas bien sur un jeu ou deux de service. Ça relâche, on sert mieux, c'est un enchaînement de plein de petites choses qui font qu'il a été largement au-dessus aujourd'hui. Il aurait fallu que je serve mieux pour l'inquiéter un peu plus. lire aussi Le tableau hommes de l'Open d'Australie Adrian Mannarino « Je pense qu'on prend tous un petit coup derrière la tête. » Avec les nouvelles mesures sanitaires, est-ce que votre priorité est de prendre le premier avion ?
Ce matin, ça a été un petit coup de massue. Un de plus (il souffle). Je ne sais pas. À la base, mon plan était d'aller jouer à Singapour la semaine qui suit Melbourne, je m'étais dit que j'allais profiter du bon temps en Australie, de pouvoir bien me préparer avant d'aller à Singapour. Visiblement, ça ne va pas être le cas et aujourd'hui, on a appris que pour Singapour, les conditions étaient assez particulières. Si on est cas contact ou positif au Covid, on est bloqué dans un hôpital vingt-deux jours, je crois. Du coup, je me demande si ça vaut le coup de prendre tous ces risques. Un tournoi 250, ce n'est pas un Grand Chelem. Si quelqu'un est malheureusement positif dans l'avion qui nous emmène à Singapour, vingt-deux jours bloqués en cas contact ça gâche trois semaines de tournoi et c'est au moins un mois pour se remettre en forme. C'est un gros risque. Tout est arrivé très vite. Je n'ai pas encore eu le temps de me pencher là-dessus, je vais en discuter avec mes entraîneurs. Je n'ai pas pour plan de me précipiter et de rentrer à Paris tout de suite. Je préfère prendre le temps d'analyser et prendre les bonnes décisions. Avez-vous des précisions sur les nouvelles mesures pour vous ? Quelle était l'ambiance dans le vestiaire ?
Je l'ai appris une heure avant mon match. J'étais en train de me préparer dans la salle de gym, je n'ai pas eu le temps d'échanger avec les autres joueurs. Je pense qu'on prend tous un petit coup derrière la tête. C'est toujours pareil. Quand on te prépare à l'avance à une quarantaine un peu compliquée, tu es prêt à ça psychologiquement. Quand tu penses avoir fait le plus dur et qu'on te remet une journée de confinement dans la chambre d'hôtel puis après cinq jours... Personne n'était au courant du mode de fonctionnement en fait. Apparemment, chez eux, c'est assez récurrent quand il y a un cas de fermer l'état (de Victoria) pendant un, trois ou cinq jours. Je pense que tous les joueurs seraient quand même venus mais quand tu es au courant de toutes les conditions, c'est plus facile à accepter. Là, c'est un peu dur mais bon... Il y a des jours où tout va bien et d'autres où tout va mal. Il faut juste souffler un coup, respirer et être patient. Adrian Mannarino « Il y a tellement de choses qui se passent dans ma tête en ce moment avec les programmations de tournois, le Covid, les voyages. Ça devient un peu compliqué » Allez-vous être testés tous les jours de nouveau ?
Les cas positifs n'ont rien à voir avec le tournoi de tennis. Du coup, si on recommence à retester tous les joueurs, pourquoi pas retester tous les Australiens aussi ? On ne peut pas retester tout un pays pour ça. Tout ce qu'on sait, c'est que le tournoi va continuer à avoir lieu à huis clos et, a priori, on aura encore accès au site, au restaurant, sans doute à la salle de gym pour les joueurs encore en course. Moi, ça sera un peu différent car je ne suis plus dans le tableau. Je n'ai pas eu le temps de m'informer sur le reste. Que ressentez-vous après ce nouveau contretemps ?
Il y a tellement de choses qui se passent dans ma tête en ce moment avec les programmations de tournois, le Covid, les voyages. Ça devient un peu compliqué. J'espère juste qu'on va retrouver un circuit un peu plus normal. Là, on peut parler de santé mentale. J'imagine qu'il y a beaucoup de joueurs qui sont un petit peu à bout. Ne serait-ce que bien s'entraîner et se sentir bien dans sa peau au quotidien, ça va faire du bien à tout le monde. J'espère retrouver ça bientôt. »