Open d'Australie (H) - Coronavirus - Richard Gasquet, à l'isolement avant l'Open d'Australie : « J'ai monté le Tourmalet »

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Richard Gasquet, testé positif au Covid et à l'isolement pendant sept jours dans son hôtel à Melbourne jusqu'à dimanche, raconte son quotidien de « poissard ». Avec beaucoup de vélo d'appartement au programme. « Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Je suis poissard jusqu'au bout ! On commence bien la saison. 2022 commence sous les meilleurs auspices. J'avais fait un premier test mardi (28 décembre) en arrivant, négatif. Et dimanche, ils m'ont trouvé le Covid. Quand on me l'a dit, je n'y ai pas cru. "Vous êtes sûrs, c'est pas un faux positif ?" Mais non. Je ne m'attendais pas du tout à l'avoir. Je me rassurais à me dire que je l'avais déjà eu et que j'étais double vacciné et que ça devrait aller. Mais non. Je n'arrêtais pas de me dire cet hiver, avant de partir : "Ça va aller, ça va aller, je l'ai déjà eu, je suis à peu près sauvé". Sur le circuit, depuis deux ans, chaque test, c'est une épée de Damoclès. lire aussi Toute l'actu de l'Open d'Australie Et...
Et c'est un film, comme toujours, accompagné à l'hôtel jusqu'à une porte dérobée. C'est la règle ici, rien à dire. J'avais juste le nez qui coulait, un peu, comme seul "symptôme". En fait, tu ne sais jamais quand tu l'as attrapé. Cinq jours avant, deux jours avant, pendant le voyage, la nuit... Ça fait deux ans qu'on entend des trucs, mais personne ne sait jamais rien. Ce qui est sûr, c'est que j'ai passé un peu de temps avec du monde ici, normalement, et qu'eux sont presque tous négatifs. Alors que j'ai fait gaffe tout le temps. Une chose est sûre, je ne suis pas de ce groupe sanguin, O + je crois, qui permet de résister au Covid ! C'est l'enfer, en un mot. Vraiment. Rester une semaine dans la chambre, c'est casse-couilles. J'avais déjà eu le 29 mars l'an dernier, mais en France, juste avant de partir pour Marbella en tournoi. Ça m'avait sauvé. Tu l'as chez toi, ça va. Mais à l'hôtel, là, c'est très dur. Les journées sont longues. Avec le décalage horaire, je me lève à sept heures du mat'. Je peux bien profiter de toute la journée (soupirs). À sept heures, je suis prêt ! Prochain objectif, tenter d'arriver à huit heures... Au réveil, j'appelle la France, il est à peu près 22 heures là-bas, ça va. Je lis un peu. Et c'est gym l'après-midi. Je vais me doucher, ça me prend dix minutes. « Franchement, c'est mentalement très dur. C'est très, très long. Je pète les plombs. Un vrai coup au casque. » Et le reste du programme, c'est quoi ?
Écoutez, aujourd'hui (l'entretien s'est fait mardi), j'ai monté le Tourmalet. Hier, c'était l'Alpe d'Huez. J'ai un vélo d'appartement qui me permet de m'échapper. Je pédale. Je passe ma journée à faire du vélo. Un peu d'abdos, des séries sur l'ordi, mais pas de tennis à la télé, non. J'attends, sagement. Mais franchement, c'est mentalement très dur. C'est très, très long. Je pète les plombs. Un vrai coup au casque. J'avais fait une dizaine de jours à New York en cas contact lors de l'US Open 2020, mais on était plusieurs dans ce cas. On discutait ensemble toute la journée via les réseaux. Là, je suis au dernier étage de l'hôtel, et je me fais chier. J'ai changé mardi de chambre, avec une terrasse, et c'est pas mal pour déjeuner. Le seul luxe. Pour les repas, je commande sur Uber Eats, spaghettis et caesar salad... La préparation en prend un coup, c'est sûr, mais c'est surtout que je m'embête. Sept jours dans une chambre, ce n'est pas l'idéal. Mais ce n'est pas la première fois qu'il m'arrive une couille. Quand il y a un truc, Benoît (Paire) et moi, on est toujours dans les bien placés. Je l'ai vu partir aujourd'hui au travers de la porte, on était dans le même hôtel, qu'il vient de quitter, dans ce dernier étage à quatre chambres. On a communiqué à travers la porte. Je lui ai dit : "Quand il se passe quelque chose, on est là !" Ça me fait un peu mal de le voir partir. Il m'a laissé sa PlayStation derrière la porte. Sinon, j'ai les joueurs français au téléphone, les mecs sont sympas. Je suis en contact avec Lucas (Pouille), beaucoup, pas mal avec Adrian (Mannarino). On avait pris Qatar Airways ensemble pour arriver en Australie. Avec tout ça, où en êtes-vous de votre préparation ?
Je jouais bien pendant la préparation. La veille du test positif, pendant un entraînement contre Mannarino, je n'avais jamais aussi bien joué. La folie pendant un set... Peut-être que je suis meilleur sous Covid (rires). Pour l'Open d'Australie, je ferai ce que je peux. Je vais déjà profiter de sortir. Ça sera dimanche, une semaine avant le début du tournoi. » lire aussi Open d'Australie : le gouvernement veut les explications de Djokovic au sujet de son exemption de vaccination

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