Open d'Australie (H) - « Je n'aurais jamais pensé qu'Aslan Karatsev allait faire un quart de finale en Grand Chelem » raconte Thomas Setodji, qui l'avait battu en 2018

L'Equipe.fr
·3 min de lecture

Thomas Setodji, 25 ans, avait infligé un 6-0 au troisième set à Aslan Karatsev dans un tournoi ITF en Roumanie au printemps 2018. Le Français est le premier surpris de retrouver sa victime d'alors dans les huit derniers joueurs en lice à l'Open d'Australie cette année. « Au printemps 2018, vous avez collé une bulle au troisième set à Aslan Karatsev. Aujourd'hui, vous avez mis un terme à votre carrière pro et vous vous destinez à l'enseignement. Lui, de deux ans votre aîné, va disputer les quarts de l'Open d'Australie. Ça vous inspire quoi ?
Disons que c'est assez marrant, c'est sûr. Mais bon, déjà, c'était sur terre battue (6-3, 3-6, 6-0 au 2e tour d'un Futures, à Bucarest, en mai 2018) et je pense que sur dur j'aurais pris très cher ; ensuite, j'avais bien commencé le troisième set et derrière, clairement, il avait lâché. Ce 6-0 est donc plutôt anecdotique. Ça reste une de mes meilleures victoires, c'est sûr, mais, même si ça se sentait qu'il était talentueux, je n'aurais jamais pensé qu'il allait faire un jour un quart de finale en Grand Chelem. lire aussi L'ascension d'Aslan Karatsev à l'Open d'Australie racontée par ceux qui l'ont côtoyé Quels souvenirs conservez-vous de son jeu ?
Il était très facile. On voyait tout de suite que c'était un joueur qui ne réfléchit pas trop ; il envoie dès qu'il peut. C'était le même jeu que ce qu'il produit à Melbourne, sauf qu'il commet beaucoup moins d'erreurs. Mais j'ai retrouvé des choses. Il y a tout le temps le transfert du poids du corps, la main qui accélère à chaque fois, et cette impression qu'il s'en fout du score, qu'il va envoyer de la même façon à tout moment. 15A, 30A, balle de break, peu importe pour lui. En vrai, je le trouve beaucoup plus solide en revers. « Le fait qu'il ait gagné en cinq sets contre Auger-Aliassime, ça m'a surpris » Et physiquement ?
Je ne pense pas qu'il puisse faire énormément de rallyes, je ne le sens pas très physique et d'ailleurs le fait qu'il ait gagné en cinq sets contre Auger-Aliassime, ça m'a surpris. Mais j'ai vu la stat contre Schwartzman, plus tôt dans le tournoi : sur 90 points il avait mis 50 winners (coups gagnants), donc ça veut aussi dire qu'il n'y a pas beaucoup d'échanges quand il joue. Vos amis ont du mal à vous croire quand vous leur dites que vous l'avez battu en 2018 ?
Des potes à qui je l'ai dit ont eu pour réflexe de me dire : ''Ça aurait pu être toi'', alors que ça n'a rien à voir. Je leur explique. Lui a enchaîné énormément de bons résultats sur les Challengers l'an passé, là il s'est sorti des qualifs et il était déjà 114e avant et Open d'Australie. Il n'arrive pas de nulle part et n'est pas là pour rien. »