Open d'Australie (H) - Stefanos Tsitsipas, tombeur de Rafael Nadal : « C'est tout ce dont j'avais toujours rêvé »

L'Equipe.fr
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Tout à son bonheur d'avoir remonté deux sets à Rafael Nadal pour l'emporter en cinq manches (3-6, 2-6, 7-6 [4], 6-5, 7-5) mercredi en quarts de finale de l'Open d'Australie, Stefanos Tsitsipas se félicitait d'avoir été capable de jouer relâché et sans crainte alors qu'il était dominé. « C'est une grosse victoire pour vous. Un peu comme celle, ici-même, face à Roger Federer il y a deux ans ?
Ça renvoie des émotions et un feeling incroyables. Définitivement, je sens comme une extra-connexion avec ce court, la Rod Laver. J'ai eu de grands moments, des moments qui m'ont élevé, des moments que je n'oublierai jamais. La Rod Laver est l'un de mes stades de mes courts préférés. C'est un endroit incroyable pour jouer au tennis. Chaque année sur ce court me fait me sentir meilleur. lire aussi Le film du match Ce sont pour ces moments-là que vous jouez au tennis, ces moments que vous aimez partager avec vos proches ?
En fait, il n'y a pas grand-chose qui m'a traversé l'esprit, si ce n'est profiter du moment. Ce qui s'est passé sur le terrain est suffisamment spectaculaire par lui-même. C'est un moment spécial à partager avec mon père. Mais pas seulement avec lui, avec toute mon équipe. Des moments comme celui-ci ne me sont pas arrivés souvent. Le fait d'avoir été capable de revenir, la façon dont je l'ai fait, dont j'ai lutté face à l'un des meilleurs et des plus respectables joueurs, c'est quelque chose d'extra, quelque chose que je n'avais jamais ressenti avant. C'était une première. Pouvoir simplement marcher jusqu'à mon clan, les serrer dans mes bras et partager avec eux ce moment, c'était épique. C'est tout ce dont j'avais toujours rêvé et je suis heureux d'être où j'en suis aujourd'hui. Évidemment, il y a encore de la lumière au bout du tunnel et encore beaucoup à faire. « J'ai joué sans crainte et cela a monté mon niveau de tennis » Nadal a joué un tennis incroyable pendant trois sets, vous n'avez pas eu une balle de break. Puis il a manqué deux smashes dans le tie-break, vous avez survécu. Que vous êtes-vous dit alors ?
Le truc, c'est que je ne pensais pas à grand-chose. Rien ne me traversait l'esprit. Comment je pourrais me décrire ? Le Nirvana. Quelque chose comme ça. Jouer, ne pas penser. Je pensais un peu bien sûr, mais j'étais surtout concentré sur chaque service, chaque coup. Ça aurait été bizarre que je sois stressé et énervé alors que j'étais à deux sets zéro contre moi. Cela n'aurait pas eu beaucoup de sens. Je devais être plus relax et juste ajuster certaines choses. Je pense que dès le troisième set, j'ai changé quelques petites choses. J'ai changé ma routine, j'ai pris un peu plus de temps. Je pense que cela a aidé. Je voulais rester sur le court un peu plus longtemps. J'ai réfléchi un peu, je me suis dit : « Qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi cela ne fonctionne pas ? » Mais après, ça a décollé tout seul. Je n'ai pas eu vraiment trop à penser. C'est ainsi que je ressens les choses. J'ai joué beaucoup plus propre, sans faute. J'ai joué sans souci et c'est parti comme ça. J'ai juste joué sans crainte et cela a monté mon niveau de tennis. lire aussi Décryptage du point qui a fait basculer le quart de finale entre Rafael Nadal et Stefanos Tsitsipas à l'Open d'Australie Comment avez-vous réussi à vous mettre dans cet état de relâchement ?
Je ne sais pas comment expliquer cela. Je suis resté serein, que ce soit dans le premier ou le cinquième set. Je suis très fier de l'attitude que j'ai montrée. L'absence de public, peut-être, m'a aidé. Je n'en suis pas sûr. Je n'en attendais pas trop, je n'en attendais pas moins non plus. Je crois que cette approche est bonne pour moi. C'est un signe de maturité, de force aussi. Après un tel match, de telles émotions, comment pouvez-vous utiliser cela avant la demi-finale contre Daniil Medvedev ?
Ça, j'ai beaucoup joué au tennis aujourd'hui, c'est sûr ! Je peux voir ça comme l'opportunité d'avoir pu prolonger cela, ressentir le court, comprendre l'environnement dans lequel je suis. C'est sans doute quelque chose de positif. Mais d'un autre côté, je peux aussi avoir mis mon corps dans une situation plus stressante, devant des tâches difficiles à accomplir. Mais dans l'ensemble, je me sens plutôt bien. Je ne me sens pas complètement épuisé. Medvedev, ce sera difficile. Je l'ai joué au Masters en 2019. Il est en très bonne forme, joue du bon tennis, précis, simple. On aurait pu dire par le passé qu'il jouait un tennis ennuyeux, mais je ne pense vraiment pas qu'il joue un tennis ennuyeux. Il joue simplement extrêmement intelligemment et vous fait déjouer. » lire aussi « S'il n'avait pas changé, le tennis, c'était terminé pour lui », pense le coach d'Aslan Karatsev