Ophélie Claude-Boxberger, suspendue quatre ans pour dopage : « C'est comme si on me coupait les jambes »

Initialement suspendue deux ans pour dopage par la commission des sanctions de l'AFLD, Ophélie Claude-Boxberger a finalement vu sa suspension être portée à quatre ans par le Conseil d'État. (S. Mantey/L'Équipe)

Finalement condamnée mardi à quatre ans de suspension pour dopage après intervention du Conseil d'État, Ophélie Claude-Boxberger, ancienne championne France du 3 000 m steeple, entend poursuivre le combat judiciaire.

Elle ne renonce pas. Ni à courir (elle a pour objectif le marathon des JO), ni à contester la récente décision du Conseil d'Etat, qui a désavoué la commission des sanctions de l'AFLD... à la demande de l'AFLD. Ophélie Claude-Boxberger, qui devrait purger une peine supplémentaire de deux ans, continue son double combat.

« Le Conseil d'Etat a annulé mardi la décision de la commission des sanctions qui vous condamnait à deux ans de suspension pour dopage à l'EPO, la portant à quatre ans. Le comprenez-vous ?
Je m'y attendais puisque c'était le souhait du rapporteur et qu'il est quasiment toujours suivi. Mais il s'est basé sur une information totalement infondée, issue de l'AFLD, qui affirme que j'ai eu un deuxième contrôle positif et que je suivais donc un protocole de dopage par microdoses. Ce contrôle positif aurait eu lieu aux Championnats du monde de Doha. Or à Doha, si on consulte les documents officiels, il n'y a eu aucun contrôle positif.

J'ai été contrôlée trois fois à Font-Romeu, trois négatifs, une fois à Montbéliard, positif, et derrière, y compris à Doha, tout a été négatif. Lors de la commission des sanctions l'an passé, l'AFLD a sorti deux jours avant, ce soi-disant deuxième contrôle positif. La commission des sanctions, tenant compte de circonstances particulières, m'avait condamnée à deux ans, loin des huit demandés pour une prétendue falsification.

La décision du Conseil d'État est sans appel.
J'étudie toutes les possibilités. La Cour européenne des Droits de l'Homme me prendrait trop de temps, trois ou quatre ans, par rapport à mon objectif Paris 2024. Je vais voir si je peux porter plainte contre l'AFLD qui a présenté une fausse ''information'' puisqu'il n'y a pas deux contrôles positifs. Le conseil d'Etat n'est pas là pour refaire l'instruction. Il se base sur les documents qu'on lui présente. Et moi en face j'ai un avocat choisi sur une liste, que je n'ai jamais vu, et je ne peux même pas être entendue. Alors si les ''informations'' qu'on lui donne sont fausses...

«Tant que l'AFLD n'a pas ce qu'elle veut, elle fait appel. Alors que moi, je n'en ai pas le droit. Et je n'ai même pas le droit à la parole. Ils vont trop loin »

Le pôle santé de Paris a été saisi de l'affaire sur le fond. Où en est-on ?
Je n'ai aucune nouvelle. Je note que depuis notre confrontation à l'époque des faits, Alain Flaccus n'a jamais été réentendu par la justice alors que ses versions ont varié.

Et la plainte pour viol à son encontre ?
Aucune nouvelle non plus.

«La suspension repart de maintenant alors que depuis novembre, je pouvais recourir en compétition. C'est comme si j'étais suspendue cinq ans»

Comment voyez-vous votre avenir ?
Si je continuais à m'entraîner, ce n'était pas juste pour le plaisir. Je suis enceinte d'un petit garçon, il va naître dans trois mois, mais derrière, je continue ma carrière avec l'objectif d'être au départ du marathon des Jeux de Paris, le 15 août 2024, et concourir sur un marathon olympique comme mon père.

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Si votre suspension de quatre ans est confirmée, ça va être complexe.
Pour ne rien arranger, la suspension repart de maintenant alors que depuis novembre, je pouvais recourir en compétition. C'est comme si j'étais suspendue cinq ans... Ça m'amènerait à faire un marathon qualificatif en mai. Ce n'est pas du 100 m, ça ne nécessite pas de courses de réglages. D'ici là, personne ne m'empêchera de m'entraîner. Mais je vais aussi me battre sur le terrain judiciaire. Je n'ai pas fait tout ça pour m'arrêter là. »

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