Otmar Szafnauer, directeur d'Alpine : « Avec Piastri, on a tenu toutes nos promesses, et même plus »

Otmar Szafnauer, le directeur d'Alpine, a répondu, sobrement, à Alonso. (J. Groder/Presse Sports)

Le Team Principal d'Alpine est revenu sur le départ de Fernando Alonso pour Aston Martin, et sur la signature d'un contrat avec l'espoir australien Oscar Piastri.

Présent ce samedi matin en conférence de presse entouré de Mike Krack (Aston Martin) et d'Andreas Siedl (McLaren), soit les deux écuries avec lesquelles Alpine a fait l'actualité autour de ses pilotes (ou futur ex), Otmar Szafnauer a adopté une attitude posée, fidèle à ses habitudes, face au feu nourri des questions. Mais il n'a pas hésité à faire part de sa version des faits après les propos acérés de Fernando Alonso, jeudi, notamment envers lui.

« Pouvez-vous revenir sur la façon dont vous avez appris le départ de Fernando Alonso pour Aston Martin ?
Il y avait des rumeurs dans le paddock le dimanche du Grand Prix de Hongrie que ça pourrait arriver. Mais quand j'ai quitté Fernando le soir après la course, il m'a dit : "Ne t'inquiète pas, on a du temps, je serai sur mon bateau en Grèce." Il m'avait même dit que si j'allais en Grèce, il m'inviterait à prendre un café avec lui. Après est-ce qu'il y est allé ou pas, je ne sais pas. La surprise de l'annonce est venue pour moi du fait qu'on avait bien avancé dans les négociations, qu'elles étaient de bonne foi et que Fernando avait dit qu'il était prêt à signer. Même s'il voulait un contrat plus long, il m'avait dit que 1+1 ça lui allait. Qu'il négocie avec une autre équipe, c'était normal car il était libre de tout contrat à la fin de l'année. Mais ma surprise, c'est l'annonce lundi matin après avoir dit dimanche qu'il n'y avait pas à se précipiter.

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Alonso a pourtant dit que vous n'étiez pas impliqué dans les négociations que c'est pour cela qu'il ne vous avait pas informé directement.
Les négociations avec Fernando ont commencé avant que je rejoigne l'équipe (en février) mais vers la fin j'ai été impliqué dans les discussions. Si je comprends bien, le communiqué de presse a été publié à 9 heures du matin et il a appelé Laurent Rossi (le patron d'Alpine) et Luca de Meo (PDG de Renault) entre 8h30 et 8h45 donc c'est difficile d'appeler trois personnes en aussi peu de temps.

«On savait que Fernando était libre en fin d'année et qu'il parlait avec d'autres équipes. On n'a aucun regret»

Avez-vous des regrets sur la façon dont a été gérée la situation d'Alonso mais aussi celle d'Oscar Piastri (qui a signé un autre contrat avec McLaren) ?
Je suis sûr que dans chaque situation, on tire des leçons. Avec Fernando, il était libre en fin d'année donc on savait qu'il parlait avec d'autres équipes. Nous lui avions présenté un contrat dont on était satisfaits de notre côté. Donc on n'a aucun regret sur cet aspect et lui a eu ce qu'il voulait le plus ailleurs. Sur Oscar, la seule déception c'est qu'il a signé avec nous en novembre et qu'on a tenu toutes nos promesses, on a même fait un peu plus. La contrepartie, c'était qu'il s'installe dans notre voiture.

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À quoi va ressembler la suite pour Alpine qui a un baquet de libre désormais ?
Déjà, on va voir ce qu'il va se passer devant la commission des contrats (Contract Recognition Board) lundi et de voir quel accord a la priorité (entre Alpine et McLaren). Une fois que cette décision sera prise, on verra bien ce qu'il se passe. J'ai vu l'argumentation des deux parties et je suis très confiant. Je n'aime pas parler de détails des contrats mais ce que je peux dire c'est qu'il n'y avait pas dans l'accord avec Oscar une date butoir pour faire quelque chose au 31 juillet. Les termes du contrat vont jusqu'à 2024 avec une option à la fin de 2023. Quand on aura toutes les informations à notre disposition, on verra qui occupera le siège laissé libre. Vous savez, j'étais là quand c'est arrivé avec Jenson Button qui avait signé avec Williams (en 2004) mais BAR avait déjà un contrat avec lui et il avait été validé par la commission. Au final, ça avait culminé avec le titre de Jenson quelques années plus tard sous un autre nom (Brawn GP en 2009) mais c'était quasiment la même équipe. »