La pénalité de Loeb expliquée par les organisateurs

Basile Davoine
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est sorti de ses gonds mercredi soir en critiquant vertement sur les réseaux sociaux une décision prise par les commissaires du Dakar à l'issue de la quatrième étape. Le pilote BRX Prodrive a été pénalisé de cinq minutes pour un excès de vitesse dans une zone où une limitation était en place, le faisant alors passer de la quatrième à la septième place du classement général. Furieux, le nonuple Champion du monde des rallyes a alors dénoncé "l'incompétence" à laquelle il estimait s'être heurté, précisant que cet excès de vitesse était dû à une défaillance de son GPS et de l'alarme censée le prévenir. D'après les informations de Motorsport.com, l'équipe du Français ne fera toutefois pas appel de cette sanction.

Devant la polémique suscitée par les déclarations de Loeb, le président du collège des commissaires sur le Dakar, Javier Soler, et le directeur de course de la catégorie Autos, Luis Gómez, ont donné des explications en revenant sur l'incident. "Sébastien Loeb n'est pas venu nous voir, personne ne nous a appelés, personne ne s'est plaint de ce problème", révèle Soler auprès de l'AFP. "C'est pourquoi nous étions surpris ce matin de découvrir les messages sur les réseaux sociaux."

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Gómez a quant à lui donné davantage de détails sur l'infraction commise par Loeb, le buggy Hunter ayant été flashé à 107 km/h dans une zone limitée à 30 km/h. "C'était une DZ [une zone à vitesse limitée] dans laquelle ils devaient entrer à une certaine vitesse", précise-t-il. "Sur une section, il est passé à une vitesse plus élevée qu'indiqué. C'est l'information donnée par le GPS, que l'on consulte. Il y a un point de règlement clair, qui énonce le type de pénalité en fonction de la vitesse. La vitesse était limitée à 30 km/h et il est passé à 107 km/h."

Le directeur du Dakar, David Castera, a rappelé le fonctionnement du GPS pour tous les participants dans de telles situations, soulignant également que les zones où la vitesse était limitée apparaissent clairement sur le roadbook ainsi que sur le système de positionnement.

"Le GPS bipe à chaque fois qu'un point de passage est validé", détaille-t-il. "Quand vous arrivez dans une zone où la vitesse est limitée, le GPS clignote à 800 mètres et indique avec une flèche comment atteindre la bonne vitesse. À partir de là, vous avez 180 mètres pour vous arrêter. De ce que je comprends par rapport à ce qui s'est passé, Sébastien n'a pas prêté attention aux instructions de son copilote mais s'en est remis au bip. Ce n'est pas la fonction de l'avertisseur, sa fonction est d'indiquer qu'un point de passage a été validé. L'information figure aussi sur le roadbook et sur la tablette. Il arrivait très vite et il attendait un bip. Le problème est que ça n'a pas sonné, ou qu'il ne l'a pas entendu…"

"Quand il s'en est rendu compte, il a sauté sur les freins mais c'était trop tard. Je pense que c'est un énorme risque de faire confiance à ce bip. D'après ma propre expérience [de copilote] avec Stéphane [Peterhansel] et Cyril [Despres], le pilote ne devrait jamais s'en remettre à un signal sonore mais au copilote. Il y a beaucoup à perdre et très peu à gagner."

Depuis cette polémique, Sébastien Loeb a vécu une cinquième étape très compliquée, lors de laquelle il a perdu 50 minutes sur le vainqueur du jour, .

Avec Sergio Lillo