Pagenaud face aux nouveaux défis d'un Indy 500 en août

Michaël Duforest
motorsport.com

La pandémie mondiale causée par le COVID-19 a évidemment déjà largement rebattu les cartes des différents calendriers sportifs internationaux, et les sports mécaniques n'y font pas exception. Outre-Atlantique, les 500 Miles d'Indianapolis, disputés au mois de mai lors de chacune des 103 éditions précédentes, sont cette fois prévus pour le 23 août prochain.

Si le Speedway de l'Indiana n'est pas utilisé très régulièrement pour des essais, les équipes ont pour la grande majorité une énorme base de données récoltées sur les derniers mois de mai. Avec le déplacement de la course en août, ces données ne seront pas aussi fiables, l'ovale de quatre kilomètres réagissant énormément aux fluctuations de température, comme l'explique , vainqueur de l'épreuve l'an dernier.

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"Entre début mai et fin mai, et même entre Carb Day [le vendredi] et la course, la piste est [déjà] complètement différente. En août, ça va être beaucoup plus glissant. Quand il fait chaud, on perd de l'adhérence, les pneus sont plus gras, la piste est plus grasse, donc la voiture glisse plus", explique-t-il à Motorsport.com. "Il y a moins d'appui aérodynamique car l'air est moins dense, donc on perd de l'appui, du grip mécanique, donc c'est un peu plus compliqué. Je ne sais pas si l'IndyCar va réajuster un peu l'appui aérodynamique pour la course, mais en tout cas ça va être beaucoup plus compliqué et il faut déjà y penser et essayer d'imaginer comment la voiture va évoluer avec la chaleur."

Vainqueur du Grand Prix d'Indianapolis, poleman des 500 Miles et vainqueur de la course, Simon Pagenaud a réalisé en 2019 un triplé inédit. Le déplacement de l'épreuve et donc la possibilité de voir une voiture réagissant tout à fait différemment n'est donc pas la meilleure des perspectives, mais le Français a confiance dans sa base de réglages, inchangée depuis des années.

"[La voiture] était tellement parfaite qu'on va repartir sur la même base. Mais ce qui est surprenant c'est que la base n'a pas vraiment changé depuis 2015. Maintenant on a l'Aeroscreen qui a rajouté du poids sur l'avant de la voiture donc il y aura sûrement quelques évolutions, mais on va rester bien autour de cette base là avec quelques ajustements. Il faut faire bien attention de ne pas se perdre sur les réglages aux 500 Miles. C'est une piste où il est très facile de se perdre", indique-t-il, avant d'expliquer à quel point les essais des 500 Miles sont longs, les pilotes disposant de sept heures de temps de piste par jour.

"Quand le mois démarre, on nous donne 33 trains de pneumatiques, donc ça donne une idée ! On peut donc utiliser beaucoup de pneus tous les jours. Le plus important c'est de rouler avec des pneus qui ont le même nombre de tours, à la même heure tous les jours, avec les mêmes températures, le même vent, pour comparer des choses comparables. C'est une piste qui évolue énormément avec la chaleur et le vent, et on peut s'y perdre très facilement."

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Vainqueur en 2019, le pilote du , équipier de Pagenaud, est le dernier à l'avoir réalisé en 2001 et 2002, non sans controverse pour cette deuxième année, mais le Français ne souhaite pas se mettre une pression inutile, bien que la volonté de s'imposer de nouveau soit ancrée.

"Ce qui est compliqué, c'est de ne pas se mettre des objectifs trop élevés, et de se perdre dans l'espoir du résultat. Il ne faut pas se concentrer sur le résultat, il faut se concentrer sur la performance en tant que telle le Jour J. Je sais pourquoi j'ai pris les décisions que j'ai prises au moment précis l'an dernier, il faut que je reste dans cette dynamique sans trop me comparer à 2019 où tout a été parfait, tout s'est bien déroulé. Ça peut être très différent cette année, avec quelques soucis, ou la piste qui change tellement, on aura sûrement d'autres difficultés. Il faut rester très ouvert d'esprit, se rappeler ce qui me convient, et essayer de rester là-dessus. Ce sera la priorité. Encore une fois, à Indianapolis, il faut rester calme, se concentrer sur ce qui marche, et ne pas chercher la petite bête."

Se préparer comme si la saison commençait demain

Avant de retrouver l'ambiance unique de l'Indy 500, il faudra toutefois que la situation sanitaire actuelle s'améliore, et que la saison débute. Malgré l'incertitude ambiante, le Montmorillonnais continue de se préparer avant la première course, pour l'instant prévue début juin sur le Texas Motor Speedway.

"C'est la force d'un athlète à tout point de vue, il faut être fort mentalement. Et être fort mentalement, c'est être capable de s'adapter à toute situation. On a des échéances, on a des dates, je sais que mon objectif n°1 c'est de gagner les 500 Miles d'Indianapolis, donc je sais que c'est le 23 août. Du coup je me suis entraîné un peu plus pour la chaleur, je travaille sur la préparation mentale, sur le fait de me concentrer plus longtemps. Je continue de travailler mes manœuvres, peut-être de nouvelles pour les 500 Miles qui vont arriver, il faut rester à l'affût. Je m'entraîne physiquement trois heures tous les matins, je suis mieux préparé que jamais car j'ai eu beaucoup plus de temps."

"Je sais que [peu importe quand] ça commence, si c'est demain, je serai prêt, et si c'est dans six mois, je serai prêt aussi. Mais je ne peux rien faire d'autre que de me préparer tous les jours comme si c'était demain."

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