Le pari Escudero en 8 face à l'Italie

Charlotte Escudero se saisit du ballon en touche contre l'Afrique du Sud, lors de la phase de groupes, le 8 octobre. (D. Rowland/Reuters)

La jeune troisième-ligne, surprise du groupe, mais très convaincante depuis le début du Mondial, sera titularisée en numéro 8 face à la Nazionale.

Imaginez que vous sautiez dans un train déjà lancé hors du quai, puis que vous déambuliez dans le couloir, légèrement essoufflé, en quête d'un siège disponible, avant de finalement vous asseoir en première classe avec toutes les options comprises. C'est à peu de chose près ce qu'est en train de vivre la jeune Charlotte Escudero (21 ans), passagère de dernière minute dans le wagon pour la Coupe du monde, propulsée titulaire pour la première étape couperet du Mondial, samedi en quarts de finale.


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« Ce n'était pas du tout dans mes projets d'être là, il n'y a pas si longtemps que ça », rigole la Varoise, posée sur une terrasse de l'hôtel des Bleues à Whangarei. La joueuse de Blagnac mesure la vitesse de son ascension : elle n'a fêté sa première cape que le 3 septembre dernier en match de préparation contre les Transalpines (21-0). Et si elle était déjà une habituée des rassemblements du groupe France depuis deux saisons, la voir briller avec autant de régularité en Nouvelle-Zélande constitue une agréable surprise.

Entourée par les nombreuses autres joueuses de Blagnac présentes dans le groupe, elle semble parfaitement dans son élément, enchaînant les performances défensives de haut rang notamment face à l'Afrique du Sud (40-5) et l'Angleterre (7-13). Réquisitionnée sur l'aile de la troisième ligne jusque-là, Escudero débutera en 8 samedi.


L'atout vitesse

Pour pallier l'absence de Romane Ménager, qui vient tout juste de reprendre l'entraînement sans contact après son choc à la tête il y a deux semaines contre les Anglaises, le sélectionneur Thomas Darracq a préféré à la puissance d'Émeline Gros, remplaçante toute désignée, la vivacité d'Escudero. « L'Italie est une équipe qui peut être très dangereuse jusqu'au bout, et on veut garder notre capacité de vitesse. On va donc commencer avec une troisième-ligne aile plutôt mobile et coureuse (Escudero) puis finir avec une numéro 8 plus porteuse (Gros), qui va amener beaucoup de vitesse quand elle va rentrer, justifie l'entraîneur. C'est un équilibre d'équipe qui est privilégié. »

Escudero, moins habituée à ce poste de 8, peut compter sur ses partenaires pour lui donner des conseils. Elle a ainsi revu quelques détails avec Ménager et Gros lors de l'entraînement jeudi matin. « Ça s'est fait naturellement, quand il y a des choses sur lesquelles je suis en demande, les filles sont vachement à l'écoute », apprécie la Blagnacaise, qui gagne en confiance à chaque fois que le staff lui confie une place dans le quinze de départ.


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Même si elle reconnaît appréhender légèrement de se retrouver au centre de la troisième ligne samedi : « Au début, je me disais que j'avais beaucoup de choses à prouver, comme j'étais la nouvelle, mais aujourd'hui, c'est plus le poste qui me met la pression que la titularisation. En troisième ligne aile, on a moins de responsabilité alors qu'en numéro 8, il y a plus d'attente et plus de choses à penser et à faire. »

Dans le système de jeu bleu, Escudero sera amenée à toucher plus souvent le ballon dans cette position, en étant par exemple détachée de l'alignement lors des phases de touche. On pourrait alors la découvrir sous un jour moins besogneux, plus éclatant. « Ça me met la pression et ça m'excite en même temps, sourit-elle. Je me dis que ça va être grandiose. »


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