Paris 2024 : le CIO mise sur la flexibilité

Pierre-Olivier Beckers, président de la commission de coordination du CIO, avec Tony Estanguet, patron de Paris 2024 à droite. (B. Paquot/L'Équipe)

Après deux jours de réunions et de visites, la commission de coordination du CIO a annoncé sa confiance renforcée en Paris 2024 et prôné la flexibilité pour aider le comité d'organisation face à la tension inflationniste.

Les réunions de la commission de coordination du CIO, en charge du suivi de Paris 2024, se suivent et leurs conclusions se ressemblent. À l'issue de la cinquième édition, en physique après deux ans de pandémie avec son lot de visios, Pierre-Olivier Beckers, son président, a rappelé sa « confiance » dans le projet de Paris 2024 et le leadership de Tony Estanguet et Étienne Thobois, directeur général de Paris 2024.

« Nous avons été impressionnés par le niveau de précision (des réunions) à moins de deux ans des Jeux », a expliqué le membre belge du CIO, mercredi, à l'occasion d'un point presse au siège de Paris 2024. Il a souligné que le projet s'est même « renforcé » avant d'enfoncer le clou : « La vision de faire des Jeux spectaculaires, emblématiques, responsables, durables et utiles à la société française, tous ces éléments sont intacts. »

Le seul bémol vient des éléments extérieurs : pandémie, conflit géopolitique provoqué par la guerre en Ukraine, tension économique et énergétique... « Le monde a changé en dix mois. L'inflation est importante et il faut continuer le travail d'optimisation que Paris 2024 a déjà commencé », a annoncé Pierre-Olivier Beckers.

De nouvelles économies à réaliser

Le CIO se dit ainsi prêt à aider le comité d'organisation des Jeux à équilibrer son budget d'ici à la fin de l'année à l'occasion de la révision budgétaire pluriannuelle. C'est le gros enjeu de Paris 2024 qui cherche à faire des économies, sans préciser le montant, après avoir déjà fait un effort d'environ 300 M€ il y a deux ans. La veille, la ministre des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, avait demandé au CIO de faire des efforts, quitte à alléger le cahier des charges. Un message reçu 5/5 par l'instance internationale.

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« Le CIO fera preuve de flexibilité dans les décisions que Paris 2024 pourrait nous proposer », a confirmé Pierre-Olivier Beckers. Le président de la commission a toutefois rappelé qu'il n'était pas question d'accorder une nouvelle rallonge à Paris 2024, le comité ne lui ayant d'ailleurs pas fait de demande à ce sujet. Parmi les pistes de chasse au gaspi, Étienne Thobois a évoqué l'utilisation de 30 à 60 % de véhicules en moins par rapport aux autres éditions des Jeux ou encore l'activation optimisée des sites d'entraînement. « On travaille sur ces gains marginaux », a expliqué le directeur général de Paris 2024.

La carte des sites en question

Le CIO a aussi promis de faire preuve de flexibilité pour la carte des sites, dont la dernière mouture, adoptée par Paris 2024 lors de son conseil d'administration du 12 juillet, n'est toujours pas validée par la commission exécutive du CIO. Le principal point d'achoppement concerne le tournoi préliminaire de basket à Lille qui fait tiquer la FIBA. Tony Estanguet a souligné que le « dialogue tripartite » entre le Paris 2024, le CIO et la fédération internationale se poursuivait sur l'hébergement, le transport et le sujet majeur de la climatisation. « Les premières études ont montré qu'il était possible, si nécessaire, de climatiser », a précisé le patron de Paris 2024.

Le sujet sera-t-il à l'ordre du jour de la prochaine commission exécutive qui se tient jeudi et vendredi prochain à Lausanne ? « Si l'ensemble des travaux sont prêts, on ne perdra pas une minute (pour valider le site) », a annoncé Pierre-Olivier Beckers. Sinon, il n'hésitera pas à convoquer une commission exécutive extraordinaire pour valider la carte entre deux réunions de la commission exécutive. « C'est le sens de l'urgence pour aider Paris 2024 à rentrer de plain-pied dans cette phase de préparation », a-t-il enchaîné.

La cérémonie du 26 juillet devant 600 000 spectateurs le long des quais

Quant à la cérémonie d'ouverture sur la Seine le 26 juillet 2024, qui fait beaucoup parler d'elle depuis le fiasco de la sécurité lors la finale de la Ligue des champions au Stade de France, le Belge a souligné que la commission soutenait « à 200 % » le projet. « Nous sommes totalement rassurés par les propos du délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques (Michel Cadot) et du préfet de police (Laurent Nunez) », a expliqué Pierre-Olivier Beckers qui a fait le parcours avec les membres de la commission lors d'un dîner avec les parties prenantes de Paris 2024 mardi soir.

Il a aussi fait allusion à la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques place de la Concorde en soulignant que les deux cérémonies allaient « montrer ce que la France a de meilleur ». Pierre-Olivier Beckers a ajouté que la jauge des spectateurs restait inchangée, à 600 000 selon la première présentation de Paris 2024 en décembre dernier. Laurent Nunez, successeur de Didier Lallement, avait pourtant évoqué cet été, dans un entretien à l'AFP, la possibilité de passer à 400 000 spectateurs.