Paris 2024 veut organiser les Jeux du renouveau

Pendant le festival « Demain le Sport », Tony Estanguet, président du COJO Paris 2024, et Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports, notamment, ont évoqué les ambitions des Jeux Olympiques 2024.

« Ouvrons grands les jeux. » Le slogan de Paris 2024 a lancé ce jeudi le débat de la table ronde « Paris 2024 : les Jeux du renouveau », organisé à l'occasion du festival « Demain le Sport ». Tony Estanguet, le président du Comité d'organisation (COJO) de Paris 2024 a d'abord rappelé que « lorsque la France organise des grands événements, elle essaye toujours d'apporter son supplément d'âme. Ouvrir grands les Jeux, c'est aussi grands sur les défis de la société et la parité en est un. On est fiers d'être la première édition des JO qui sera paritaire, avec le même nombre d'athlètes hommes et femmes, après les Jeux de Paris 1900 où les femmes pouvaient participer pour la première fois. »

Ouvrir grands les yeux, c'est aussi pour le spectacle que constituera la cérémonie d'ouverture, organisée sur la Seine, devrait accueillir 600 000 personnes. De quoi déjà faire briller les yeux de Kevin Mayer, double médaillé olympique en décathlon : « Je le considère comme de l'extra sportif, cela va être un spectacle incroyable. On va être acteur mais aussi spectateur. »

Infrastructures et inclusion

Outre la cérémonie, la conférence a abordé le thème des infrastructures, de mobilité et de pratique sportive. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, a reconnu qu'il y avait « un déficit d'équipements sportifs dans toutes les grandes villes ». Mais selon lui, Paris 2024 est déjà un « accélérateur spectaculaire » de mise en place de différents chantiers : « Par exemple, le grand Paris Express, probablement le chantier du siècle qui a l'avantage de faire de la distribution de banlieue à banlieue sans passer par la ville centre. S'il n'y avait pas l'échéance des JO, je vous mets ma main à couper, cela aurait dérivé... Cela va permettre de rendre la ville plus agile en termes de mobilité, on le voit déjà avec le succès des pistes cyclables, à tel point qu'il y a désormais des embouteillages... Puis il y a la baignade en Seine. On sait combien c'est complexe et onéreux de faire des piscines, on continuera bien sûr. Mais on a imaginé avoir au moins quatre bassins dans la Seine, ça ce sera un héritage des JO. S'il n'y a pas les Jeux, on ne se baigne pas dans la Seine. Il a fallu injecter 3 à 4 milliards d'euros pour ce projet et, quoi qu'il arrive, on se baignera dedans. »

Sur le sujet de l'inclusion et l'ambition des Jeux Paralymiques, Sandrine Martinet, championne paralympique de judo, a insisté sur l'importance de la visibilité d'une telle compétition : « On a l'opportunité de montrer qu'on est avant tout des athlètes qui réalisent des performances, on s'entraîne tous les jours pour aller chercher cette médaille. Et montrer qu'on a les moyens d'être comme tout le monde. Aujourd'hui, je suis surtout une femme, une mère, une kiné et une sportive de haut niveau, c'est ça qui me définit, pas mon handicap. Le sport a changé ma vie, cela m'a transformé. »

Héritage et ambition

Le mot « héritage » a été répété à maintes reprises, sur les divers sujets. Amélie Oudéa-Castéra, la ministre des Sports et des Jeux, a notamment pris en exemple une réforme du sport à l'école : « C'est un très joli exemple. Le COJO regarde en Finlande, voit que leurs 30 minutes quotidiennes d'activité chez les tout petits font une vraie différence dans la lutte contre le surpoids, améliorent les capacités cognitives. Il incube cette idée en France, lance une expérimentation avec 7 000 écoles et nous, derrière, on généralise. On est en train de le faire avec nos 35 000 écoles élémentaires en France. Ce sont 6,5 millions d'enfants qui vont en bénéficier. En complément de l'EPS, il faut donner cette habitude quotidienne de sentir son corps. »

« La clé de la réussite de ces Jeux, c'est l'ambition, a conclu Tony Estanguet, qui annonce vouloir aller ''plus loin et plus haut''. On peut être très spectaculaire et très durable. Faisons des Jeux incroyables qui nous mettent les poils tout en réduisant de moitié les émissions carbones. Il faut être tous plus ambitieux. Les athlètes nous montrent ça, nous on a tendance à mettre des marges de sécurité un peu partout... On ne peut plus se cacher, on peut être beaucoup plus ambitieux. »