Me Dupond-Moretti : "Ils ont parié mais pas triché"

Les handballeurs interpellés dimanche vont reconnaître leur implication dans des paris frauduleux, tout en niant le truquage de la rencontre entre Cesson et Montpellier. "Sur le plan pénal, il n'y a rien", assure Maître Dupond-Moretti, représentant des frères Karabatic.

Conduits dans les locaux de la police de Nanterre dimanche, les handballeurs interpellés dans le cadre de "l'affaire Montpellier-Cesson" semblent vouloir réserver leurs déclarations pour le juge d'instruction montpelliérain en charge de l'affaire. Mais déjà, une ligne de défense émerge pour ces joueurs soupçonnés d'avoir participé au truquage présumé de la rencontre entre Montpellier et Cesson Sévigné le 12 mai. "Les joueurs vont très probablement reconnaître des choses sur le volet paris sportifs de cette affaire", estime Maître Jean-Yves Lienard, qui défend un des joueurs interpellés, le gardien montpelliérain Michaël Robin. En revanche, les joueurs mis en cause réfutent toute tricherie. Leurs gardes à vue pourraient être prolongés avant un transfèrement vers Montpellier mardi.

"Leur déontologie sportive leur interdit de faire des paris. Ils l'ont fait, ils ont eu tort et s'en expliqueront", a affirmé Me Lienard dans la nuit de dimanche à lundi, précisant toutefois qu'ils n'ont "en aucun cas laissé filer le match". "Il suffit de reprendre la bande, revisionner le match pour se rendre compte qu'il n'a pas été sous-joué. On les a calomniés en les faisant passer pour des tricheurs", a affirmé pour sa part Me Cathy Richard, conseil du joueur Wissem Hmam et du kinésithérapeute de Montpellier, également interpellé à l'issue du choc face au Paris Saint-Germain Handball. "Ils ont parié, c'est une infraction sportive, pas une infraction pénale (...) Pour que la justice puisse intervenir dans cette affaire, on a besoin d'un match truqué, faute de quoi, sur le plan pénal, il n'y a rien", appuie sur RTL Me Eric Dupond-Moretti, avocat des frères Karabatic.

D'un match de suspension à cinq ans de prison

L'icône du handball français Nikola Karabatic et seize autres personnes ont été interpellées dans cette affaire. Ils sont toujours entendues dans le cadre d'une commission rogatoire d'un juge d'instruction de Montpellier pour corruption active et passive, escroquerie et recel d'escroquerie aux dépens de la Française des Jeux (FDJ) suite au montant anormalement élevé de paris passés à l'occasion du match du Championnat de France perdu par Montpellier, déjà titré, à Cesson-Sévigné. Selon Me Lienard, en cas de simple délit sportif, les joueurs risqueraient six matches de suspension et 15.000 euros d'amende. La gradation des sanctions qui menacent ces handballeurs pour avoir parié, directement ou par procuration, sur une rencontre de leur club, va du simple match de suspension à une peine de cinq ans de prison si des faits de corruption étaient avérés.

Il faut en effet distinguer la faute disciplinaire -imputable aux seuls sportifs et à leur entourage- qui consiste à parier sur un événement dont on est acteur, du délit pénal qu'est le trucage de match -la plupart du temps via des faits de corruption- et dont est passible tout citoyen. La Ligue nationale de handball sanctionne d'un à six matches les auteurs de paris non autorisés, qui peuvent être radiés en cas de récidive et condamnés à des sanctions financières. En cas de match truqué, le délit pénal de "fraude et corruption sportive" est passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

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