Quelle part revient au pilote dans les performances ?

Vincent Lalanne-Sicaud
·4 min de lecture

La victoire d'un pilote est-elle plus la conséquence de son talent ou des performances de sa machine ? Le débat est éternel dans le monde des sports mécaniques, notamment entre disciplines sur deux ou quatre roues, et la réponse diffère selon les caractéristiques de chaque catégorie. Sans une bonne machine, un succès semble impossible en MotoGP, mais le pilote conserve un rôle prépondérant.

"Dans le monde des sports mécaniques, les pilotes sont très importants dans la course moto, beaucoup plus que dans d'autres disciplines sur quatre roues car ils prennent plus de risques et il faut donc qu'ils soient à 100% en confiance sur la moto pour pouvoir attaquer au maximum", a expliqué Davide Barana, le directeur de course de Ducati, en conférence de presse au MotorLand Aragón.

Lire aussi :

Pas de pression pour Zarco même si le top 10 du championnat s'éloigne

Quatre des six constructeurs présents en MotoGP se sont imposés cette année, Honda et Aprilia étant les seules exceptions, huit pilotes ont gagné des courses et 15 d'entre eux sont montés sur le podium. Les écarts sont très faibles et pour gagner, il est nécessaire que le pilote comme la moto soient au meilleur niveau.

"On peut voir que la concurrence est très serrée et le niveau très élevé, alors s'il manque un élément il n'est pas possible d'obtenir de bons résultats, ce qui signifie que les pilotes et l'effort de l'équipe, avec le développement depuis l'usine, sont égaux", analyse Ken Kawauchi, directeur technique de Suzuki. "Si on on perd [l'un des éléments] ce n'est pas possible."

Les autres marques pensent aussi qu'un équilibre est nécessaire. "Pour Honda, le ratio entre pilote, équipe et moto est toujours égal, car il faut que rien ne manque", estime Takeo Yokoyama, le directeur technique du constructeur en MotoGP, appuyé par Takahiro Sumi, chef de projet de Yamaha : "Je donnerais peut-être la même réponse qu'Honda, l'équilibre [entre le pilote et la moto] est le même", précise-t-il.

Une bonne équipe sait aider ses pilotes

Le talent du pilote et les performances de la moto ne sont pas les seuls éléments. L'équipe a aussi son importance pour faire le lien entre les deux, notamment dans les réglages, et pour apporter au pilote tous les outils susceptibles de l'aider à atteindre son meilleur niveau.

"L'aspect technique – à la fois le team et la moto – est très important, car il ne s'agit pas juste d'élever la limite physique de la moto, mais aussi de faire en sorte qu'elle soit la meilleure possible pour le pilote pour qu'il soit à 100% en confiance et puisse pousser sans hésitation," détaille Davide Barana.

Une opinion partagée par Sebastian Risse, coordinateur technique de KTM : "Il y a bien sûr beaucoup d'ingénieurs impliqués et on essaye toujours d'atteindre les limites de la physique, mais au final la moto est un outil, et cet outil et le pilote doivent travailler ensemble", rappelle-t-il. "Il y a besoin de ci ou ça des deux côtés, mais c'est un package global qui fait le résultat. L'équipe est là pour réunir tout cela, pas uniquement sur l'aspect technique mais aussi pour faire comprendre au pilote comment il peut mieux utiliser cet outil. Dans ce package, on s'appuie beaucoup sur les requêtes des pilotes afin de faire en sorte qu'il soit à l'aise et qu'il soit plus rapide."

Lire aussi :

Comment expliquer que la Honda ne soit plus la moto d'un seul pilote ?

Aussi bon soit-il, un pilote n'a pas besoin que d'une machine performante, mais aussi que sa moto convienne à ses particularités. La Honda a souvent la réputation d'être uniquement taillée pour , qui ont montré de bonnes performances récemment après un début de saison difficile.

"Cette année, il est vrai qu'il nous manque Marc Márquez, qui est un grand champion, mais nous avons malgré tout les deux autres paramètres, qui sont très importants, et c'est la raison pour laquelle nous pouvons malgré tout nous battre pour de bons résultats", explique Takeo Yokoyama. Yamaha essaie de son côté de ne privilégier aucun style de pilotage. "Désormais la Yamaha devrait être une moto qui convient plus à tous les pilotes," se félicite Takahiro Sumi.

Avec Léna Buffa