Pascal Dupraz (Saint-Étienne) : « On a 50 % de chances de se maintenir »

Pascal Dupraz, l'entraîneur de l'AS Saint-Étienne qui accueillera le Stade de Reims samedi soir (21 heures) pour la 37e journée, estime que les Verts conservent une chance sur deux de rester en Ligue 1 la saison prochaine.

« Pouvez-vous nous faire un point sur l'état de votre effectif ?

J'ai 26 joueurs, les mêmes que la semaine dernière, qui s'entraînent.

Falaye Sacko pourrait-il effectuer son grand retour ?
J'espère. Il a réalisé beaucoup de progrès ces derniers jours, au point que je me pose la question sur sa titularisation. Ce n'est plus un problème de blessure mais d'athlétisation et de compétitivité. Son arrivée a équilibré beaucoup de choses dans notre équipe et son absence l'a déséquilibrée.

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Pourriez-vous prendre des risques sur ces deux derniers matches ?
J'en ai pris en venant à Saint-Étienne, déjà. Je suis habitué à en prendre et j'en prends ces derniers matches. Je n'ai pas à vous démontrer ma compétence et mon expertise sur des données objectives. À partir de là, mon objectif est de mettre la meilleure équipe possible à partir de ces critères-là, pour faire en sorte qu'elle soit la plus efficace possible, en termes de contenu et de résultats. Ils sont plus prolixes que par le passé mais pas suffisants. Je ne suis pas dans un projet mais dans une mission.

« Je sens les joueurs investis tous les jours. Un joueur qui triche, ça se voit. Or, je n'en vois pas. Il n'y en avait pas sur la pelouse de Nice. »

Qu'est-ce qui cloche dans votre équipe ?
Il y a des ressorts psychologiques, c'est sûr. Ils sont importants. Après, il y en a plein d'autres. Il y a des coureurs qui peuvent gagner le Tour de France et d'autres, seulement des étapes. C'est pareil pour les footballeurs. Il existe des contraintes physiologiques qui nous amènent à faire du ménagement, pas du management, pour éviter la blessure et la performance pas dans le ton. C'est comme ça. Pour autant, je sens les joueurs investis tous les jours. Un joueur qui triche, ça se voit. Or, je n'en vois pas. Il n'y en avait pas sur la pelouse de Nice (2-4, mercredi soir).

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Les joueurs ont un comportement exemplaire. Ils sont malheureux et notre rôle est de les rebooster. Le fait que la nouvelle génération zappe vite peut être un atout. Je déplore qu'on soit classés 18es mais cela dit, on est toujours en course pour le maintien. Dans un Championnat avec un classement de un à vingt, il arrive que des clubs, aussi prestigieux soient-ils, se retrouvent en difficulté. C'est notre cas. Je m'attendais à ce que cela le soit autant.

Quand je suis arrivé, le club comptait 12 points. Si ça avait été facile, ce n'est pas vers moi que le club se serait dirigé. Le contexte de l'AS Saint-Étienne fait qu'on s'attendait à un maintien plus probant. Mon auto-analyse est la suivante : tu réussis ou tu ne réussis pas. Je ne vais pas m'approprier les choses. C'est l'action collective qui fera que l'AS Saint-Étienne restera en Ligue 1.

Demeurez-vous toujours aussi certain que les Verts vont se maintenir ?
On a 50 % de chances d'y arriver et la chance de pouvoir disputer cette chance.

Êtes-vous satisfait de vos sept recrues hivernales ?
Vous êtes top en termes de questions, contrairement aux consultants qui consultent sans avoir vu le match. On n'a pas le temps de l'analyse. Ce n'est pas le moment. Il était judicieux de recruter en nombre pour redynamiser un groupe qui était un tant soit peu moribond. On en reparlera avant de se quitter. On n'est pas des sauvages.

« Si on m'avait dit, lorsque je suis arrivé, qu'on se trouverait dans cette situation, j'aurais signé de suite. Ce sont des matches que j'ai l'habitude de gérer. À part une saison ou deux, c'est mon karma. »

Regrettez-vous de devoir jouer ce match dans un stade vide ?
Oui, bien sûr. Parce qu'on a des supporters meilleurs qu'ailleurs. Pour eux, on peut se lever les miches, non ? Je ne veux pas me mettre les instances à dos mais je n'ai vu personne en danger. J'ai trouvé ça chouette, comme feux d'artifice. Je préfère ça, aux chants de débiles mentaux. La seule chose qui l'a gonflée, c'est qu'on a perdu ce match devant Monaco (1-4, le 23 avril). Après nos trois revers consécutifs, on a besoin de prendre des points.

Arnaud Nordin vous a-t-il prévenu qu'il avait signé à Montpellier en vue de la saison prochaine ?
Il est venu une fois qu'on avait constaté qu'il avait signé. La seule question que je lui ai posée, c'est de savoir s'il était toujours concerné. Depuis que je suis arrivé, je suis satisfait de ce qu'il fait. Et je sais que je continuerai à l'être.

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Pour finir, craignez-vous ce match face à Reims ?
Ni ça ne m'effraie, ni ça n'alterne mes facultés. C'est une chance de pouvoir le disputer et de pouvoir encore espérer tous les scénarii possibles. Si on m'avait dit, lorsque je suis arrivé, qu'on se trouverait dans cette situation, j'aurais signé de suite. Ce sont des matches que j'ai l'habitude de gérer. À part une saison ou deux, c'est mon karma. Espérons que ce match se passe aussi bien. Descendre ne fait du bien à personne. Se maintenir ferait en revanche un grand bien au club.

Et vous permettre de rester l'entraîneur des Verts ?
Personne ne m'a promis, ni imposé quoi que ce soit. Le deal est clair : je suis venu pour remplir une mission, celle de maintenir le club. On n'en a jamais parlé (de son avenir) et on n'en parlera probablement pas. Si c'est le cas, je ne serai pas offensé. »

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