Pat. Artistique - Violences sexuelles : l'ancien entraîneur de patinage artistique Michel Lotz interdit d'exercer pour six mois

L'Equipe.fr
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Accusé par deux anciennes patineuses de leur avoir infligé des violences sexuelles dans les années 1980, l'ex-entraîneur Michel Lotz vient d'être interdit d'exercer pendant six mois. Une sanction provisoire en attendant le résultat de l'enquête administrative à son sujet. L'ancien entraîneur de patinage artistique Michel Lotz (60 ans), accusé de viols et d'agressions sexuelles par deux de ses anciennes élèves, est visé depuis mardi par une interdiction temporaire d'exercer des fonctions d'éducateur sportif. La décision de la préfecture des Hauts-de-Seine, prise en urgence en attendant les conclusions d'une enquête administrative de la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS), a été notifiée à la Fédération française des sports de glace (FFSG) le 4 août, selon un courrier interne que nous nous sommes procurés. lire aussi La fin de l'omerta sur les violences sexuelles : la jeunesse volée des patineuses En janvier dernier, L'Équipe révélait les témoignages de deux anciennes patineuses accusant Michel Lotz, ancien vice-champion de France (1978 et 1979), de violences sexuelles dans les années 1980. Béatrice Dumur et Anne Bruneteaux, hébergées successivement chez celui qui était alors jeune entraîneur à la patinoire d'Asnières (Hauts-de-Seine), l'accusent respectivement de viols et d'agressions sexuelles à cette période, alors qu'elles étaient mineures. La préfecture des Hauts-de-Seine a prononcé une interdiction provisoire de six mois, comme elle peut le faire en cas d'urgence contre une personne « dont le maintien en activité constituerait un danger pour la santé et la sécurité physique ou morale des pratiquants », en attendant d'avoir terminé ses investigations. Selon nos informations, Anne Bruneteaux a été entendue ces derniers jours dans le cadre de l'enquête administrative sur Michel Lotz par la DDCS des Hauts-de-Seine. Parallèlement, elle a aussi été auditionnée par la brigade de protection des mineurs de la police judiciaire. Michel Lotz a cessé d'entraîner à la fin des années 2000 pour ouvrir une auberge en Auvergne. Contacté mercredi après-midi, son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie, n'avait pas eu connaissance de la décision administrative à l'encontre de son client et a déclaré qu'il allait « la contester ». Les témoignages dans L'Équipe de trois ex-patineuses, dont Béatrice Dumur et Anne Bruneteaux, accusant leurs anciens entraîneurs de violences sexuelles, ont déclenché une prise de conscience sans précédent dans le milieu sportif. Didier Gailhaguet, président de la FFSG pendant 20 ans, a été poussé à la démission. L'ancien directeur des équipes de France Gilles Beyer, visé par les accusations de plusieurs anciennes élèves dont la multiple championne de France Sarah Abitbol, a été exclu de son club des Français Volants et interdit d'exercer pendant six mois. Il est également visé par une enquête judiciaire. lire aussi À la convention nationale de prévention des violences sexuelles, le grand mea-culpa Le mois dernier, un rapport de l'Inspection générale du sport et de la recherche sur les violences sexuelles dans les sports de glace a conclu que « le volume des affaires identifiées est révélateur de pratiques et de comportements reproduits, qui ont traversé des générations d'entraîneurs dans les principales disciplines de la FFSG que sont le patinage artistique et la danse sur glace. Il est sans équivalent au plan international. »