Patinage artistique - violences sexuelles - Didier Gailhaguet saisit le Tribunal administratif

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L'ancien président de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet a saisi le Tribunal administratif de Paris. Dans son viseur : Roxana Maracineanu et le ministère des Sports. C'est désormais chose faite. Les avocats de Didier Gailhaguet, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, ont déposé mercredi un recours en responsabilité devant le Tribunal administratif de Paris. Pris dans une tourmente ministérielle et médiatique, le patron de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet avait démissionné de son poste le 8 février, emporté par le scandale des violences sexuelles à la FFSG. Dès le 3 février, la ministre des Sports Roxana Maracineanu avait notamment réclamé son départ de la Fédération, agitant la menace d'un retrait de la délégation ministérielle de la FFSG si Gailhaguet s'entêtait à faire la sourde oreille. Le 25 mai, l'ancien patron du patin bleu avait fait savoir à la ministre combien il n'avait guère apprécié sa démarche, lui adressant une demande préalable en indemnisation d'un montant de 302 550 euros en raison du préjudice subi. En retour, le 29 mai, le cabinet de Roxana Maracineanu avait opposé une fin de non-recevoir à cette demande. L'étape suivante semblait donc être le Tribunal administratif. Roxana Maracineanu et le ministère vont devoir répondre de leur gestion de ce dossier devant la Justice. lire aussi La fin de l'omerta sur les violences sexuelles Les griefs évoqués sont ceux formulés dans la demande préalable. Quant au montant de l'indemnisation réclamée, il est identique : 152 550 euros de préjudice matériel, Didier Gailhaguet n'ayant pu terminer son mandat, et 150 000 euros pour préjudice moral. Sur le fond, les avocats de l'ex-président de la FFSG reprochent à la ministre « une présentation extrêmement à charge de la supposée responsabilité de Monsieur Didier Gailhaguet [...], traitement d'autant plus étonnant qu'il élude totalement et sans raison la responsabilité des pouvoirs publics ». Selon eux, « tout porte à croire que la véritable exécution médiatique de Monsieur Didier Gailhaguet a été totalement instrumentalisée ». Ils rappellent donc « l'obligation d'impartialité » dont le ministère est censé faire preuve dans la gestion de ce type d'affaire, dénonçant une « ingérence » dans les affaires fédérales, quand la loi stipule « qu'elles (les fédérations) exercent leur activité en toute indépendance », et une situation où le ministère aurait fait « de cette affaire une affaire personnelle contre [Didier Gailhaguet]. » Ils déplorent donc que « la nécessité de prendre en compte l'argumentation de Monsieur Didier Gailhaguet » n'ait pas été respectée dans cette affaire de violences sexuelles, notamment s'agissant du fait qu'il lui était « impossible de signaler des faits qu'il ignorait ». Enfin, les deux hommes de loi stigmatisent une « prise de position du ministère avant tout résultat de l'enquête » actuellement menée par l'Inspection générale et pourtant diligentée par la ministre elle-même afin de tenter de faire toute la lumière sur le scandale des violences sexuelles à la FFSG. Pour les conseils de Didier Gailhaguet, cette démarche est donc « à l'origine de préjudices irréversibles » envers leur client. Les avocats de l'ancien patron de la FFSG « Le ministère des Sports refuse de reconnaître sa responsabilité accablante » « Le ministère des Sports refuse de reconnaître sa responsabilité accablante dans l'entreprise de diabolisation publique de Didier Gailhaguet pour en faire le bouc émissaire de cette affaire, résument Mes Bourdon et Brengarth, interrogés par nos soins. Celle-ci était d'autant plus réprouvable qu'elle lui permet opportunément d'échapper à une évaluation transparente de ses propres manquements depuis vingt années consécutivement. » « Cette désignation avant toute enquête, poursuivent les avocats, a été fortement préjudiciable à Didier Gailhaguet en plus d'établir un climat de suspicion imposé par l'exécutif totalement inacceptable. Ce sont les raisons pour lesquelles ce recours en responsabilité a été introduit devant le tribunal administratif. » Dans un premier temps, le ministère va donc devoir répondre aux défenseurs de Didier Gailhaguet, étant entendu que ces derniers auront ensuite la possibilité de formaliser un mémoire en réponse. Quant à l'audience proprement dite, elle pourrait avoir lieu d'ici un an au Tribunal administratif.

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