Patrick Arlettaz sur la situation de Perpignan, dernier de Top 14 : « Ça a un peu tangué »

Patrick Arlettaz (F. Porcu/L'Équipe)

Perpignan, qui reste sur quatre défaites d'affilée en Top 14, est lanterne rouge à sept points du treizième, Brive. Le manager de l'USAP Patrick Arlettaz revient sur les remous qui ont suivi la défaite à Clermont le 7 janvier (31-20) alors que le Stade Français (2e) est attendu samedi (17 heures) à Aimé-Giral.

« Comment s'est passée la parenthèse Challenge européen où vous avez beaucoup fait tourner ?
On a pris le parti de donner du temps de jeu à des jeunes et à ceux qui n'avaient pas beaucoup joué sur les deux matches de Challenge (défaites contre Glasgow 26-40 et à Bristol 33-19). Les joueurs qui préparaient le Stade Français ont pu se reposer et bien travailler sur ce match.

Est-ce que cette coupure dans le Top 14 a fait du bien ?
Ça a un peu bougé au club, ça a un peu tangué. Donc cette parenthèse nous a permis de nous resserrer, sachant qu'on n'était déjà pas très dispersés. On peut mieux faire, on le sait, on se prépare au mieux pour recevoir le deuxième du Championnat, qui enchaîne les bons résultats. Le challenge est difficile mais on a très envie de bien faire.

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Ça a « tangué » après la défaite à Clermont (31-20, le 7 janvier)...
On est concentrés depuis le début de la saison, on donne tout ce qu'on a, on avait l'impression qu'on était soudés, qu'on avait envie de le faire ensemble et cet épisode-là (après Clermont) n'a fait que confirmer ce qu'on pensait. La tâche est compliquée mais on le savait depuis le début. On a un peu tergiversé après Clermont mais ça n'a pas duré longtemps, on s'est remis à fond pour préparer au mieux le Stade Français.

Est-ce que vous étiez prêt à partir après Clermont ?
Le président (François Rivière) a proposé de faire un changement donc le changement le plus efficace, c'est toujours le manager... Je lui ai proposé que le changement en question, ce soit moi car je ne voulais pas qu'on touche à tous les autres. Je trouvais que c'était un changement cohérent si on en voulait à tout prix un. Mais l'initiative ne venait pas de moi, j'étais prêt à me battre. Je ne m'accroche pas à ma place mais je donne à 100 % pour ce club tant que je suis responsable et qu'on me donne la confiance.

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Le soutien des joueurs n'a pas dû vous laisser insensible ?
Il y a toujours vingt milliards de commentaires de la part de gens qui ne voient pas comment on travaille au quotidien. Les seuls qui savent exactement ce qu'on fait, en termes de qualité et de quantité, ce sont les joueurs car on les a toute la journée. Si eux disent ''on veut continuer avec ce staff'', c'est finalement la seule reconnaissance qu'on cherche. Quand les joueurs s'engagent sur vos idées et disent qu'ils veulent continuer à travailler avec vous, c'est le plus important.

Quelles principales difficultés avez-vous identifiées sur cette série de quatre défaites en Top 14 ?
On a du mal à conclure nos actions. Et si on disparaît cinq minutes du match, on prend beaucoup de points. Contre la Rochelle (10-29, le 31 décembre), on a disparu dix minutes et on a pris trois essais. Alors qu'on a plutôt dominé le match. À Clermont, on est devant à la 72e, on a trois minutes de dispersion et on prend quatorze points qui nous sortent du match. On a de temps en temps des trous d'air qui, sans être long, nous coûtent très cher. Donc il faut être plus constant sur tout le match.

Vous allez recevoir lors de quatre de vos six prochains matches (Stade Français, Pau, Bayonne et Montpellier) et vous déplacer à Brive dans 10 jours. Tout se joue là ?
Vu notre dynamique, on est à très court terme dans notre vision. D'abord le Stade Français et après on verra pour Brive. Mais on est au courant des six matches qui nous attendent et de leur importance dans notre saison. Si ça passe mal, on devrait tourner la page Top 14 donc il faut faire en sorte que ça se passe bien. Une victoire samedi nous ferait beaucoup de bien, pour casser cette mauvaise dynamique. Mais on sait que ça va être très difficile face au Stade Français.

À quel point la longue suspension de Mathieu Acebes - suspendu 9 semaines après un coup de tête sur Danty le 31 décembre - vous handicape-t-elle ?
C'est un manque sur le terrain car c'est un vecteur de motivation et de leadership. Mais il est là, avec nous, tous les jours, il tient son rôle de capitaine en dehors du terrain qui est très important dans la semaine. Il insuffle de l'énergie au groupe, il a quasiment un rôle dans le staff aujourd'hui mais il a encore cette âme de joueur. Il a été touché par sa suspension mais il a vite rebondi. »

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