Patrick Mouratoglou, entraîneur d'Holger Rune : « Ça a beaucoup de sens de battre Alcaraz »

Patrick Mouratoglou dans le box d'Holger Rune, avec à sa droite Lars Christensen, et à sa gauche, Mike James, analyste à l'Académie Mouratoglou et Aneke Rune, la mère d'Holger. (A. Réau/L'Équipe)

Patrick Mouratoglou, qui a intégré l'équipe d'Holger Rune depuis le mois d'octobre comme coach, est très satisfait de l'évolution de son joueur qui a éliminé Carlos Alcaraz, vendredi, en quarts de finale au Paris Rolex Masters.

« Holger Rune va connaître sa première demi-finale en Masters 1000...
C'est évidemment un cap important. Les Masters 1000, c'est là où on veut briller. C'était le discours tout au long de la semaine. Holger avait montré ces dernières semaines qu'il était capable de très bien jouer, mais il fallait aussi montrer qu'il était aussi capable de faire partie du groupe des meilleurs joueurs du monde. Avec des victoires sur Wawrinka et trois tops 10 (Hurkacz, Rublev, Alcaraz), il a montré qu'il la méritait, sa place.

Il a plusieurs choses très spéciales. Les champions ont cette capacité à être très forts dans les moments importants, à se sentir à la hauteur, tout le temps. Y croire autant change plein de choses. Il a une envie monstrueuse, ça se voit... Il a un sacré caractère. Depuis qu'il est tout petit, il sait qu'il va être champion de tennis, il ne pense qu'à ça. Il est complètement habité par ce sport. Quand il n'est pas en train de jouer, il regarde des vidéos de tennis toute la journée. Il a une croyance forte dans sa capacité à réussir. C'est un passionné qui croit en lui.


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Qu'est-ce qui a changé depuis un mois ?
Sûrement quelque chose... Il est beaucoup plus structuré, plus calme, plus en contrôle de ses émotions. Il luttait contre ça depuis un moment. C'est important parce que quand c'est l'émotion qui prend le pouvoir, ce n'est pas facile de faire les bons choix. La panique le prenait assez rapidement. Il prend aussi les choses en main beaucoup plus. Il passait beaucoup de l'agressivité à la passivité dans les matches. Globalement, c'est désormais beaucoup plus stable. Après son bon Roland-Garros (quart de finale, battu par Casper Ruud), il avait beaucoup perdu au premier tour dans les tournois qui ont suivi, il est passé par une période difficile mais il a compris ce qu'il s'est passé pour s'en servir pour la suite. Là, il a vraiment passé un cap.


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Quelle est sa marge de progression ?
Avec un Alcaraz numéro 1 mondial, on fait qu'on fait moins attention à lui. Mais si Alcaraz n'était pas là, avec un joueur de 19 ans qui fait des performances pareilles, tout le monde dirait : ''Hou la la, c'est incroyable !'' Ceci dit, tant mieux pour lui, peut-être, car il y a moins de pression sur lui. Il a une marge de progression très importante. Oui, il a un niveau incroyable, mais il y a énormément de secteurs de jeu où il peut progresser énormément. C'est très positif.

Ce match contre Alcaraz était spécial, non ?
Bien sûr. D'abord, il joue un numéro 1 mondial, et il le bat. Avec Carlos, ils se connaissent depuis qu'ils sont gamins et Carlos est monté plus vite que lui. Donc, forcément, ça a beaucoup de sens pour Holger de le battre aujourd'hui (vendredi). C'est énorme. C'est un match qu'il attendait pour pouvoir se mesurer.

On a l'impression que l'avènement d'Alcaraz a aidé tous les jeunes de cette génération, avec Musetti, aussi...
Oui ça joue. Avec le fait d'en voir un qui arrive et qui bat tous les meilleurs ils se disent qu'ils sont capables de le faire aussi. Carlos a donné une dynamique à toute cette génération. Elle est passionnante, ils sont nombreux à très bien jouer avec des personnalités différentes et des jeux différents. Et ils y croient tous. Donc c'est bien. »


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