Pays-Bas - Argentine, un classique en Coupe du monde

Johan Cruyff (1974), Mario Kempes (1978) et Lionel Messi (2006) lors d'un Pays-Bas - Argentine en Coupe du monde. (L'Equipe)

Avant leur quart de finale ce vendredi (20 heures), l'Argentine et les Pays-Bas se sont déjà rencontrés cinq fois en Coupe du monde. Retour sur des confrontations devenues un classique de la compétition.

« C'est un classique du football. » Pour Sjoerd Mossou, journaliste néerlandais pour le média local AD, ce n'est jamais anodin quand les Pays-Bas croisent la route de l'Argentine en Coupe du monde. Avec cinq rencontres dans la plus grande des compétitions, le bilan est parfaitement équilibré : 2 victoires de chaque côté et un match nul. « C'est surtout une opposition romantique », poursuit le journaliste. Car quand les deux nations s'affrontent, des gestes, des titres et surtout des histoires entrent dans la légende.

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2014 : Messi en finale au bout de l'ennuiDans la nuit de São Paulo, les Pays-Bas et l'Argentine ont accouché de la seule demi-finale de l'histoire sans but. Un terne 0-0 au bout de 120 minutes marquées par l'ennui et la rigidité du bloc argentin, que même Lionel Messi n'a pas réussi à fluidifier.

Il a fallu attendre la séance de tirs au but pour voir enfin les gardiens mis à contribution et les filets trembler. Côté argentin, c'est un sans-faute. Mais côté hollandais, Ron Vlaar puis Wesley Sneijder ont vu leurs tentatives repoussées par Sergio Romero. Le gardien remplaçant de l'AS Monaco a affirmé après la rencontre que c'était « un coup de chance, un coup de poker ». Une main gagnante puisqu'elle a offert à la Pulga sa seule finale de Coupe du monde, perdue face à l'Allemagne (0-1 a.p).

2006 : avec des stars en devenir, sans butL'affiche faisait saliver au moment du tirage au sort, elle n'est finalement pas restée dans les annales. Après deux victoires inaugurales, Argentine et Pays-Bas se retrouvaient à Francfort dans une « finale » pour la première place de leur groupe. L'occasion surtout pour les deux entraîneurs de reposer leurs titulaires en vue des huitièmes.

Sur la pelouse, les futures stars foisonnent. Van der Vaart, Van Persie et Sneijder côté Hollandais face à Messi, Tevez et Mascherano pour les Argentins. Mais aucun ne trouve la faille et la rencontre débouchera sur un nouveau 0-0. L'Argentine sera éliminée en quarts face à l'Allemagne (1-1, 2-4 t.a.b). Les hommes de Marco Van Basten échoueront eux dès les huitièmes face au Portugal (0-1).

1998 : et Bergkamp crucifia l'AlbicelesteL'une des plus belles rencontres du Mondial 1998 a eu lieu à Marseille, au Vélodrome, en quarts de finale. Au casting, que des légendes, ou presque. Et ce sont elles qui ont lancé les hostilités. Dès la 12e minute, Patrick Kluivert a ouvert le score grâce à une remise astucieuse d'un Dennis Bergkamp magique en cette soirée de juillet. Claudio Lopez, bien lancé par Juan Sebastian Veron a égalisé dans la foulée (18e) mais c'est au bout du temps additionnel que la rencontre a basculé dans la légende.

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Trouvé sur la droite de la surface par Frank de Boer, Bergkamp, encore lui, contrôle en porte-manteau. Une deuxième touche pour enrhumer son défenseur en lui glissant le ballon entre les jambes avant un extérieur du pied droit qui vient crucifier l'Argentine tout entière (89e, 2-1). Un but splendide, « le plus important de ma carrière », selon le buteur d'Arsenal, tout juste champion. Et un commentaire mythique, celui de Jack van Gelder qui, aux antipodes de l'habituel ton placide des commentateurs néerlandais, s'égosille jusqu'à perdre la voix en répétant le nom du sauveur hollandais.

1978 : l'Argentine championne du monde« C'est là qu'est née la rivalité », assure Sjoerd Mossou. 20 ans avant la prouesse de Bergkamp, les deux équipes se sont retrouvées à Buenos Aires pour une finale de gala. L'Argentine, portée par le génial milieu offensif Mario Kempes (6 buts, meilleur joueur de la compétition) va venir à bout des Néerlandais, défaits pour la deuxième fois consécutive en finale (3-1 a.p).

Mais surtout, le pays va entrer dans une liesse indescriptible. En s'offrant sa première étoile, de surcroît à domicile, les Argentins, alors soumis à la dictature de Jorge Videla, en profitent pour sortir fêter dans la rue leurs quelques instants de liberté. Aux dépens des Oranges, qui ne connaîtront plus de finale mondiale avant leur nouvelle défaite face à l'Espagne, en 2010 (0-1 a.p).

1974 : Cruyff et le football totalEn 1974, le monde est sous le charme des Oranges. Dans le sillage de Johan Cruyff, les Pays-Bas font rayonner en Allemagne de l'Ouest le « football total ». Forte de trois titres consécutifs en Coupe d'Europe des clubs champions (1971, 1972, 1973) avec l'Ajax Amsterdam, le noyau de l'équipe se connaît parfaitement. Et ne laisse aucun répit à ses adversaires.

Grâce à un immense Cruyff, double buteur, les Hollandais disposent facilement des Argentins au premier tour (4-0). Dans son édition du lendemain, L'Équipe titre « La Hollande au-dessus du lot ». Dans les colonnes du journal, le reporter Jacques Etienne loue le jeu porté par Rinus Michels. « Elle [la Hollande] possède un pouvoir offensif exceptionnel et réhabilite le meilleur football. Quel régal pour les yeux ! ». Les Néerlandais lancent donc la rivalité de la meilleure des manières, avant de s'incliner en finale face à leurs hôtes allemands (1-2). Un crève-coeur pour la génération Cruyff, qui ne sera jamais sacrée au niveau mondial.

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