Perdu, Quartararo veut tenter des solutions "plus extrêmes" samedi

Léna Buffa
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Les semaines s'enchaînent, toutes plus difficiles les unes que les autres pour . Le Français, déjà particulièrement négatif la semaine prochaine alors que la pluie avait compliqué la donne pour lui, a aujourd'hui dressé un bilan sombre, s'inquiétant de mauvaises sensations et surtout de ne ressentir aucune évolution, bonne ou mauvaise, sur sa machine quand son équipe l'a modifiée. Seizième des deux séances du jour, à sept dixièmes du meilleur temps, le pilote Petronas veut tenter d'aller vers des réglages extrêmes pour la deuxième journée pour chercher à secouer une M1 qui, décidément, ne semble pas lui répondre.

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Comment te sens-tu après cette première journée ?

Mal. Mes sensations n'ont pas été bonnes, mais elles ont aussi été étranges, car normalement quand on applique de gros changements sur la moto on les sent, or aujourd'hui la première fois qu'on a fait un changement mes sensations sont restées identiques − elles n'étaient ni meilleures ni pires, et c'est étrange. Normalement, je ressens beaucoup les choses sur la moto. Il va vraiment falloir qu'on en parle bien avec l'équipe pour demain, mais on va clairement faire quelque chose qui change de la normale, que je n'ai encore jamais testé.

Ça n'est pas facile de comprendre pourquoi on a rencontré ce problème, car c'est inédit. [Ça touche aux] freinages avec la moto droite et à la vitesse de passage, qui sont normalement nos points forts : quand on freine en étant droit, on a beaucoup de mouvements, et dans les virages la moto semble juste vouloir élargir. On n'a jamais eu un aussi gros problème, que ce soit en 2019 ou en 2020, c'est donc difficile à comprendre.

Quels sont les gros changements que tu as testés ? Était-ce lié aux mauvaises sensations que tu avais dimanche ?

Non. On a commencé les EL1 avec la même base que dimanche, ensuite on a fait un changement en assouplissant l'avant, on a essayé des cartographies, on a abaissé l'avant, on a mis des ressorts différents et plus souples à l'arrière… Beaucoup de choses qui normalement ne sont que des détails, et le problème c'est que je n'ai rien senti, alors que normalement chaque fois qu'on essaye quelque chose j'en ressens la différence. C'était très étrange, il va donc falloir qu'on voie dans quelle direction aller en EL3, mais ce sera clairement quelque chose d'encore plus extrême.

Es-tu inquiet ?

Un peu, oui, car d'habitude on sait pourquoi on a un problème. C'est la première fois qu'on a ça. Je dirais que normalement quand on change la moto on ressent du positif ou du négatif. La moto est pire ou meilleure, mais en tout cas il se passe quelque chose. Or aujourd'hui malgré tous les changements que l'on a faits, j'ai repris la piste et c'était exactement pareil. Alors, oui, je suis un peu inquiet parce que demain on va prendre une moto que je n'ai jamais vraiment pilotée et ce sera difficile.

Est-ce que le problème avec la moto de 2020 serait finalement que la fenêtre d'exploitation est très étroite, ce qui ferait que quand vous avez un souci vous pouvez facilement vous perdre ?

Oui, je dirais que c'est l'un des principaux problèmes. On peut s'adapter sur la moto, mais cette année la limite est très étroite entre se battre pour la victoire et se battre juste pour les points. Et c'est difficile à comprendre. Les doubles courses sont aussi difficiles parce que tout le monde progresse, alors que nous, pour le moment, on n'a pas progressé. Normalement, quand on fait de gros changements comme on en a faits aujourd'hui, je le ressens, je rentre au stand et je dis : 'c'est moins bien, je ressens ça'. Mais aujourd'hui c'était identique et pour moi c'est le principal problème.

D'abord, on se perd très facilement, mais il est aussi difficile de comprendre [la nature des soucis]. Le problème que j'ai eu aujourd'hui, c'est la première fois que je le rencontre, mais c'était aussi la première fois que j'expérimentais le fait de procéder à de gros changements sans qu'il ne se passe rien. C'est un peu difficile à comprendre.

La marge pour faire fonctionner la moto est très réduite. Quand on a commencé l'année à Jerez, on a d'emblée fait la pole-victoire, pole-victoire, mais ensuite on s'est perde et ce n'était plus que des huitième, 13e ou 14e places. On fait une super course à Misano et Barcelone, et ensuite on se perd à nouveau. L'année dernière j'ai démontré que j'étais régulier, et cette année c'est beaucoup plus difficile.

Viñales a souvent dit que quand les sensations ne sont pas bonnes en EL1, ensuite il est impossible de faire un bon week-end. Es-tu inquiet de cela ?

On va voir ce qu'on peut faire pour demain. Ça n'est pas parce qu'on connait une mauvaise première journée que c'est fini. C'est sûr qu'on va avoir plus de mal à y arriver, mais je ne veux pas que ça pèse sur mon moral. On a eu un très mauvais vendredi, c'est l'une des premières fois que j'ai autant de mal, car normalement dans le time attack, même quand on a une moto différente, on met des pneus neufs et, boom, j'obtiens une grosse amélioration. Aujourd'hui, ça n'a pas été le cas. Le team va essayer de trouver quelque chose, et moi aussi pour tenter de mieux m'adapter à la moto, mais dans tous les cas c'est beaucoup plus difficile de s'adapter à la moto que ça ne l'était l'année dernière.