Perquisition à Angers SCO : l'ancien directeur juridique dément les propos de l'avocat du club

Après la perquisition de mardi, Angers est toujours plus dans la tourmente judiciaire. (N. Luttiau/L'Équipe)

Clairement mis en cause, mercredi, dans un communiqué, puis en conférence de presse par l'avocat d'Angers SCO, l'ancien directeur administratif et juridique du club, Valentin Harribey, a tenu à démentir les propos tenus à son égard, dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Bobigny.

Une nouvelle pièce dans la machine SCO, dernier de Ligue 1 mais toujours aussi actif en dehors du terrain. La deuxième perquisition menée en sept mois au siège du club, mardi, dans le cadre d'une enquête préliminaire suivie à Bobigny et ouverte des chefs d'exercice illégal d'agent de joueurs et blanchiment en bande organisée, confiée au service central des courses et jeux (SCCJ), est suivie d'une nouvelle réaction, ce mercredi soir.

Si le SCO a passé une bonne partie de la journée à se dédouaner de toute implication dans cette affaire, il a aussi mis en cause, sans les nommer, Valentin Harribey et Jalal Benalla. « Sont visés par cette enquête préliminaire, l'ancien directeur juridique du club, licencié pour "faute grave" en novembre 2022, ainsi qu'un représentant de joueurs, salarié du club au sein de la cellule de recrutement entre septembre et décembre 2022 », écrivait le club dans son communiqué.

Harribey assure qu'il n'y a pas eu de garde à vue et veut porter plainte pour diffamationPlus tard dans l'après-midi, au cours d'une conférence de presse tenue par le directeur de la communication Mohamed Sifaoui et l'avocat du club Pierry Fumanal, Harribey était encore visé par certaines déclarations de Fumanal : « L'ancien directeur juridique a été placé en garde à vue », « Il avait une activité clandestine en utilisant le bureau du SCO », « Nous avons compris (mardi) soir pourquoi M. Harribey mettait six mois à faire un contrat de travail. Il avait une activité autre que pour laquelle il était payé. »

Joint par nos soins, Harribey dément totalement cette version. Il dit avoir été seulement interrogé, mardi, qu'il n'y a pas eu de garde à vue, et qu'il est sorti libre des auditions.

Dans un communiqué rédigé avec son avocat, Me. Samuel Chevret, il précise : « Monsieur Valentin Harribey a pris connaissance des déclarations effectuées par des représentants du club Angers SCO lors de la conférence de presse de ce 4 janvier 2023 et reprises dans différents médias. Il conteste totalement avoir commis une quelconque infraction et se trouve surpris d'être associé à des faits dont l'origine remonterait à 2017 alors qu'il n'a été salarié du club qu'à compter d'août 2020. Contrairement à ce qui a pu être indiqué il n'a jamais été mis en garde à vue et encore moins mis en examen. Il est ressorti totalement libre et sans aucune charge contre lui à la suite des auditions. Les services du procureur de la République chargés de l'enquête pourront le confirmer. Il déposera prochainement plainte pour diffamation et dénonciation calomnieuse. »

Harribey veut aussi contester son licenciementPar ailleurs, un ancien dirigeant du SCO, bien placé lors de son passage au club et qui connaît bien Harribey, a tenu à défendre son ancien collaborateur, qui était présent depuis en 2020 : « Valentin est un mec super et intègre. Totalement loyal, hyper pro, qui ne fait pas de bruit et bosse bien. Il connaît très bien la chose technique. Valentin vivait un enfer et n'avait absolument aucune marge de manoeuvre. »

Le licenciement de Valentin Harribey est effectif depuis le 28 novembre. Comme « faute grave », il lui aurait été reproché « de la déloyauté ». Ce qu'il conteste. Il annonce qu'il va saisir les prud'hommes. « Il fera également valoir ses droits devant le conseil de prud'hommes pour contester le licenciement subi qu'il considère comme abusif et volontairement vexatoire. Il n'effectuera plus aucun commentaire sur cette affaire, les réservant aux magistrats qui seront saisis de ces procédures », précise-t-il dans le communiqué qu'il nous a fait parvenir.

Joints ce mercredi, Sifaoui et Saïd Chabane, le président du SCO, n'ont pas répondu.

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