Petit dictionnaire non exhaustif des scènes de piscine au cinéma

Paradisiaques ou infernales, les piscines ont une vie cinématographique foisonnante. Petit dictionnaire non exhaustif des grands bassins du septième art.

Les films qui sentent le chlore et la sueur
Nulle question ici de transats alanguis au soleil ou de bouées donut rebondies. L'ambiance est aux claquettes à picots et moule-bites indigo, comme l'uniforme de Philippe Katerine dans le Grand Bain, de Gilles Lellouche, cette ode à la camaraderie portée par la première équipe française masculine de natation synchronisée. Pince-nez et maquillage waterproof sont de rigueur chez leurs homologues féminines de Naissance des pieuvres (Céline Sciamma), qui s'éveillent aux émois adolescents dans ce bain de culture.

Mêmes effluves chlorées pour l'équipe de water-polo de Nanni Moretti dans Palombella Rossa, celle de Cédric Le Gallo dans les Crevettes pailletées ou les leçons de natation dirigées par Florence Loiret Caille devant la caméra de Solveig Anspach dans L'Effet aquatique. À chaque fois, la piscine joue pleinement son rôle d'incubateur latent des émotions (solidarité, sexualité, égalité, amour) ou de bain révélateur des fêlures humaines (celles du solide Burt Lancaster dans Le Plongeon). Prix spécial du jury au héros de Life of Pi, d'Ang Lee, baptisé Piscine Molitor Patel... en hommage à la célèbre piscine parisienne du même nom.

Les films qui sentent l'amour (et le sexe)
Quand Leo « Roméo » DiCaprio et Claire « Juliette » Danes s'embrassent pour la première fois sous l'objectif de Baz Luhrmann, c'est dans une eau de piscine qui les rapproche à leur corps défendant. Malgré la nuit, si la chaleur monte dès que Marylin Monroe (Something's Got To Give, de George Cukor) ou Louise Bourgoin (L'Autre Monde, de Gilles Marchand) se baignent nues, l'ambiance devient carrément hot chez Harmony Korine, qui propose un plan à trois immergé à James Franco dans Spring Breakers. Mais le paroxysme est atteint dans The Rocky Horror Picture Show, où Tim Curry plonge en corset et talons hauts dans la piscine avant que l'orgie n'y débute.

Les films qui sentent l'introspection et le désoeuvrement
Ludivine Sagnier lascive au bord de la Swimming Pool de François Ozon (2003), Elle Fanning dés oeuvrée au bord du bassin du Château Marmont (Somewhere) filmé par Sofia Coppola en 2010 (qui avait placé Josh Hartnett en plein vide existentiel au milieu de la piscine de Virgin Suicides) : le bleu turquoise est propice aux ambiances nonchalantes et rêveuses, à l'image de Dustin Hoffman dérivant sur son matelas gonflable dans le Lauréat, de Mike Nichols (1967). Elle comble aussi la solitude, comme dans Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003), où Scarlett Johansson et Bill Murray semblent bien seuls dans le bassin du Park Hyatt de Tokyo.

Les films qui sentent la fête et le champagne
Derrière la caméra, les éclaboussures valent strass et paillettes. Dans The Party, de Blake Edwards (1968), Peter Sellers active une manette par mégarde au cours d'une soirée hollywoodienne et découvre une piscine intérieure qui va accueillir une mousse party mémorable.

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On reste à Los Angeles avec la fête organisée par Damien Chazelle pour La La Land (2016), où les invités sautent à coeur joie dans la piscine, et celle de Paul Thomas Anderson dans Boogie Nights (1998), où la caméra plonge en immersion et met le spectateur au coeur de la fête. Aucune ne rivalise toutefois avec l'étourdissante et fastueuse pool party années 1920 du Gatsby le Magnifique de Baz Luhrmann (2013).

Les films qui sentent la mort
L'autre versant, plus sombre, des bassins. Le corps sans vie de William Holden flotte à la surface d'une piscine californienne en ouverture de Boulevard du crépuscule, de Billy Wilder (1950). Ceux de Maurice Ronet, maintenu sous l'eau par la main ferme d'Alain Delon (la Piscine), et de Leonardo DiCaprio dans Gatsby le Magnifique (2013) suivront son exemple (le même Leonardo DiCaprio prendra sa revanche dans le final jouissif et gore de Once Upon A Time... In Hollywood, de Quentin Tarantino, 2019).

Leurs derniers bains auront été plus réjouissants que s'ils avaient été pris dans la piscine remplie de squelettes de Poltergeist (Tobe Hooper, 1982) ou dans le bassin mortuaire et verdâtre de Jennifer's Body, de Karyn Kusama (2009)...

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