Un peu d'histoire : quand la F1 est privée du GP de Monaco

Adam Cooper
motorsport.com

Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que si Monaco constituait la deuxième manche du premier Championnat du monde en 1950, sa place au calendrier durant les premières années était loin d'être assurée. En effet, après cette première saison, l'épreuve a été absente pendant quatre ans avant de revenir pour de bon en 1955. Cette exception fait qu'à ce jour, seuls les Grands Prix de Grande-Bretagne et d'Italie ont toujours eu leur place depuis la création du championnat. 

Pourquoi a-t-il fallu lutter pour que Monaco s'impose ? Étonnamment peut-être, compte tenu du statut de paradis fiscal de la Principauté, c'est une question d'argent. Créée par Antony Noghès, la course a connu un succès immédiat lors de sa première édition en avril 1929, devenant très vite un rendez-vous régulier du calendrier international. Néanmoins, pour attirer les grands noms, l'Automobile Club de Monaco devait offrir d'importantes sommes d'argent aux participants et aux vainqueurs. 

Juan Manuel Fangio au volant de la Mercedes-Benz W196 à Monaco en 1955.

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Juan Manuel Fangio au volant de la Mercedes-Benz W196 à Monaco en 1955. <span class="copyright">Motorsport Images</span>
Juan Manuel Fangio au volant de la Mercedes-Benz W196 à Monaco en 1955. Motorsport Images

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En 1939, le contexte international a également joué un rôle dans l'absence d'épreuve, même si le Grand Prix de Suisse a pu se dérouler en août, juste avant que la guerre n'éclate. Après la fin des hostilités en 1945, les activités de sport automobile ont repris relativement vite en Europe, des Grands Prix ayant lieu dès 1947 en Suisse, en Belgique, en Italie et en France.

Monaco suivra en 1948, avec un circuit resurfacé et un peloton mixte typique de cette époque, composé de nouvelles autos et de machines d'avant-guerre. Déplacée au mois de mai, l'épreuve fut un succès, marquée par la victoire de la Maserati de Giuseppe Farina. Elle fut toutefois occultée par la mort du pilote britannique Norman Linnecar après un accident survenu à Sainte-Dévote lors d'une course annexe de moto. C'est la première et seule fois que l'on vit des deux-roues en compétition dans les rues de la Principauté.

Le Grand Prix de Monaco en 1950

Le Grand Prix de Monaco en 1950 <span class="copyright">Motorsport Images</span>
Le Grand Prix de Monaco en 1950 Motorsport Images

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Elle fut relancée en 1952 mais avec un changement majeur : il s'agirait d'une course de voitures de sport ne comptant pas pour le championnat. Une décision en partie liée à des raisons économiques, ainsi qu'à des craintes de ne pas disposer d'un plateau de monoplaces représentatif et compétitif suite à une décision tardive d'utiliser la réglementation F2.

Il y eut deux courses, avec un Grand Prix pour les voitures de plus de 2 litres et le Prix de Monte-Carlo pour les plus petits moteurs. Le week-end débuta très mal lorsque le vainqueur de l'édition 1935, Luigi Fagioli, se blessa gravement à la tête dans un accident au volant de sa Lancia après le tunnel. Il succomba trois semaines plus tard. Stirling Moss était l'une des stars des deux courses, mais il fut éliminé dans un accident lors de la course principale et la victoire revint à Vittorio Marzotto sur sa Ferrari privée. Lors des festivités d'après-course, le fondateur et principal organisateur Antony Noghès annonça sa retraite : c'était véritablement la fin d'une époque. 

Lewis Hamilton en tête du Grand Prix de Monaco 2019.

Lewis Hamilton en tête du Grand Prix de Monaco 2019. <span class="copyright">Mark Sutton / Motorsport Images</span>
Lewis Hamilton en tête du Grand Prix de Monaco 2019. Mark Sutton / Motorsport Images

Mark Sutton / Motorsport Images

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