Les Phoenix Suns bientôt vendus par leur propriétaire Robert Sarver

Robert Sarver, propriétaire des Phoenix Suns et du Mercury. (Mark J. Rebilas/USA TODAY SPORTS/Presse Sports)

Sous la pression populaire, le propriétaire accusé de racisme et de harcèlement va au-delà de sa suspension par la NBA et s'apprête à vendre l'équipe.

La décision, inattendue, de Robert Sarver d'entamer le processus de vente des Phoenix Suns et du Mercury - sa franchise WNBA -, annoncée mercredi, a dû soulager beaucoup de monde. Les employés des deux franchises d'abord. Ceux qui avaient dénoncé les remarques racistes et misogynes de leur patron, souvent à la limite du harcèlement. « On peut avancer sans la peine et l'anxiété associées à son leadership », a confié l'un d'entre à ESPN, le média qui a révélé les accusations il y a près d'un an.

Les joueurs également : « Fier d'appartenir à une Ligue dévouée au progrès », a twitté LeBron James quelques minutes après l'annonce. Chris Paul, la star des Suns, avait fait part de son malaise au moment de la publication la semaine dernière par la NBA d'un rapport confirmant les allégations d'ESPN.

Mais c'est peut-être dans les bureaux de la NBA et dans les QG des autres franchises qu'on respire le mieux. Adam Silver, loué jusqu'ici pour son travail de « commissioner », a vu tomber les critiques quand la Ligue a communiqué sa sanction après le rapport : un an de suspension et dix millions de dollars d'amende. Expliquer qu'un propriétaire « a des droits particuliers » par rapport à un employé n'a rien arrangé à la crise. Mercredi, il s'est contenté d'un communiqué en deux phrases : « Je soutiens pleinement la décision de Robert Sarver. C'est le bon choix pour l'organisation et la communauté »

Robert Sarver

« Je pensais que la suspension d'un an me donnerait le temps de m'amender mais dans le climat impitoyable actuel, il est devenu clair que c'était impossible.

Mardi dans son podcast, Draymond Green, mécontent de la sanction initiale, avait invité les autres propriétaires à voter pour exclure Sarver, comme pour Donald Sterling obligé de revendre les Clippers en 2014 dans des circonstances comparables. Ils n'auront pas à le faire. Sarver leur a enlevé une épine du pied.

Le communiqué du futur ex-propriétaire des Suns cache mal sa frustration et une certaine rancoeur. « Je pensais que la suspension d'un an me donnerait le temps de m'amender [...] mais dans le climat impitoyable actuel, il est devenu clair que c'était impossible, que tout le bien que j'ai fait ou aurais pu continuer à faire ne pesait rien face aux choses que j'ai dites dans le passé », a écrit celui qui se présente comme un homme de foi.

Né en Arizona, Sarver y a grandi, étudié à l'université et fait fructifier la fortune familiale. L'investisseur a racheté les Suns et le Mercury en 2004. Ces dernières années, il a placé deux hommes noirs à la tête de son organisation, le coach Monty Williams et le GM James Jones. Deux hommes qui en 2021 ont porté la franchise jusqu'à sa première finale NBA depuis 1993. En 2010, il s'était aussi opposé publiquement à un projet de loi ciblant les hispaniques de l'État. Alors il regrette que ses mots « éclipsent deux décennies passées à construire des organisations qui ont rassemblé et rendu plus forte la région de Phoenix ».

Le révérend Al Sharpton, figure des droits civiques, veut y voir la fin d'une époque, celle du « club des vieux propriétaires racistes qui traitent les joueurs noirs comme leur propriété ». 75 % des basketteurs de la NBA sont afro-américains. La majorité des propriétaires sont des milliardaires blancs. À 60 ans, Sarver, lui, va bientôt quitter le club. Sa franchise achetée 400 millions de dollars vaudrait quatre fois et demie plus aujourd'hui.