« Mes photos les plus marquantes » (3/5) : Ewan Cowie, photographe de haute voltige

Cet été, nous vous proposons de découvrir les clichés les plus marquants de photographes de l'univers des sports de glisse et extrêmes. Ce mardi, troisième volet avec Ewan Cowie, photographe écossais spécialiste du parachutisme.

Sa plus belle photo
« Comme beaucoup de photographes, j'ai pris tellement de photos que c'est dur d'en choisir une qui sort du lot. D'autant que je ne poste même pas 10 % de toutes celles que je prends. Mais j'ai toujours adoré les couchers de soleil. Pour celui-ci, nous étions au Brésil, en janvier 2021, avec la ''team Airwax'', composée de deux champions français de parachutisme : Karine Joly et Greg Crozier. Avec d'autres collègues, ils ont organisé un saut coordonné, avec des habits identiques pour une vraie harmonie visuelle. Ce sont des athlètes d'expérience, avec qui je travaille souvent. On avait préparé le saut à l'avance et briefé tout le monde pour qu'ils soient dans la bonne formation, et le cliché correspondait exactement à ce qu'on avait prévu, superbe. »

Sa photo la plus appréciée
« Pour celle-ci, j'ai tout simplement choisi la photo qui a été le plus ''likée'' sur mon profil Instagram. Ce qui est drôle et plutôt surprenant, c'est que quand je poste mes photos, je sais rarement à l'avance lesquelles vont le mieux marcher. Pour celle-ci, je crois que je l'ai mise en ligne en n'attendant rien de spécial, sans trop savoir quoi en penser, et au final c'est elle qui a le mieux marché. En plus, l'histoire est sympa aussi. Nous étions à Lyon, encore une fois avec le duo Airwax. Nous avions un séjour prévu à Bali fin juin 2022, et on savait que sur place, on aurait seulement deux sauts. Pour se préparer au mieux et avoir moins de pression le jour même, on a fait environ 25 sauts sur 2 jours et demi d'entraînement, et au final, la photo qui plaît est celle de Lyon et pas forcément celle prise à Bali ! »

Sa photo la plus difficile à prendre
« Cette photo a été très dure à prendre. D'abord, avec la Team Airwax, avec qui je travaille très régulièrement, nous avons bataillé pour obtenir l'autorisation de sauter à cet endroit-là, sur le site de Chichen Itza, au Mexique. J'avais comme projet de prendre ce cliché avec deux parachutistes entourant, dans une figure artistique, la pyramide au sol. Mais le site est vraiment situé en plein milieu de la jungle, et de loin, on a très peu de visibilité. Je ne me suis pas rendu compte à l'avance que ça paraîtrait si petit. En plus, vu que l'appareil photo est situé sur ma tête, je ne peux pas être très précis, j'ai seulement un axe. On avait deux sauts, et pendant le premier, je me suis trompé. J'ai vu une tache au sol de très haut, et j'ai cru que c'était la pyramide, mais c'était juste un parking... Il ne nous restait qu'une chance et on a fini par y arriver, notamment car on avait tout préparé à l'avance, la direction, l'angle, la figure. Sur mes sauts, on part de 4 000 à 5 000 m d'altitude et j'ai entre 15 secondes et 1 minute pour prendre des images, donc le timing est toujours très serré. À la fin de la journée, on était très contents de notre travail. »

Sa photo la plus surprenante
« Encore une fois, c'est un saut au-dessus de Lyon, il y a trois ou quatre ans. C'était à la fin d'un entrainement et des membres du staff ont décidé de sauter ensemble, donc je les ai accompagnés. Une fois dans l'avion, on a toujours un moment précis pour sortir, indiqué par une petite lumière. Et j'ai l'habitude de sauter toujours un peu avant pour avoir un bon timing et voir les visages des parachutistes. Mais cette fois-là, je n'ai pas été attentif à la lumière et j'ai sauté en retard ! J'ai tout essayé pour rattraper mon retard, mais au final, je suis resté en retrait, et c'est intéressant car ce n'est pas du tout le genre de photo qu'on a habituellement, c'est assez innovant. J'étais assez content de moi au final, car je savais que j'avais fait une erreur, mais j'étais parvenu à la rattraper pour obtenir un résultat plutôt sympa ! »

Ewan Cowie est né et a grandi en Écosse. Peu après sa majorité, il passe son brevet de parachutisme et est rapidement séduit par la pratique. Petit, il n'a jamais eu l'opportunité de prendre de photographies, même si ce domaine l'a toujours intéressé. Après avoir accompli environ 200 sauts, Ewan est autorisé pour la première fois officiellement à sauter avec caméra accrochée à son casque : « J'ai tout de suite sauté sur l'occasion ! À la fin, certaines images étaient belles, d'autres terribles. Je ne savais pas vraiment dire pourquoi, mais ça m'a incité à comprendre mieux la photographie et à continuer. » Au fur et à mesure, la photographie devient un hobby, puis une passion. Depuis une quinzaine d'années, Ewan est photographe professionnel à temps partiel, et même à plein temps depuis 9 ans. Son travail l'amène à voyager et à sauter, caméra sur la tête, aux quatre coins du monde. Il compte désormais plus de 5 000 sauts à son actif.