Pierre-Olivier Beckers : « Le CIO est prêt à prendre ses responsabilités »

Pierre-Olivier Beckers, président de la commission de coordination du CIO, avec Tony Estanguet lors d'une visite du futur centre aquatique olympique. (PAQUOT BAPTISTE/L'Équipe)

Pierre-Olivier Beckers, président de la commission de coordination du CIO pour Paris 2024, et Christophe Dubi, directeur des Jeux olympiques de l'instance, estiment que l'atterrissage du tournoi préliminaire de basket à Lille, en switch avec le handball, est une bonne décision.

Au lendemain de l'adoption de la nouvelle carte des sites par le conseil d'administration de Paris 2024, et le mandat donné au comité d'organisation des Jeux pour la transmettre au Comité international olympique et à son homologue paralympique (IPC), nous avons demandé à Pierre-Olivier Beckers, président de la commission de coordination du CIO en charge du suivi de Paris 2024, son avis sur la très discutée organisation du tournoi préliminaire de basket à Lille. Christophe Dubi, directeur des Jeux Olympiques au CIO, s'est joint à la conversation par visio pour apporter plusieurs précisions.

« Quelle est la position du CIO sur la nouvelle carte des sites ?
Pierre-Olivier Beckers : On comprend parfaitement la volonté de Paris 2024 de trouver des solutions pour son plan des sites qui implique un certain nombre de considérations importantes, budgétaires, d'équilibre sur le plan régional et départemental dans la distribution des sites, également au niveau des sports et des sports collectifs en particulier. On soutient la décision qui a été prise hier de donner un mandat à Paris 2024 de proposer la salle Pierre-Mauroy pour le tour préliminaire du basket qui est finalement la seule solution qui permet d'atteindre l'ensemble de ces objectifs.

Quand sera-t-elle définitivement adoptée ?
P.-O.B. : Il y a encore quelques considérations techniques par rapport au cahier des charges et une fois qu'elles seront validées, la proposition pourra être mise sur la table de la commission exécutive du CIO. Il y a suffisamment de commissions exécutives en 2022 mais on n'a pas de dates précises. On arrive dans la dernière ligne droite du dossier. On est clairement sur des validations de questions techniques qui ont été posées par la FIBA.

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Est-elle conditionnée aux discussions sur les transports entre les deux villes ?
Christophe Dubi : La décision repose sur le terrain de jeu. Par contre, on doit travailler sur tous les éléments périphériques dans le détail et notamment le transport. Il y a plusieurs opportunités, la route mais aussi le train avec différentes gares, celle de Charles de Gaulle, la gare du Nord. On doit traiter bien entendu les athlètes, au centre toujours, mais il y a aussi toute la famille du basket, les officiels techniques, les détenteurs de billet qui auront parfois un billet en partie à Lille et un autre à Paris.

Les joueurs pourront-ils disposer de minibus pour le trajet entre Lille et Paris ?
C.B. : Le COJO (comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques) et la FIBA ont travaillé sur différents scénarios. Les équipes auront le choix effectivement de résider à Lille ou à Paris et le mode de transport sera déterminé avec les responsables de délégations. Il y a pas mal d'options possibles. Cette souplesse est attractive.

Et si la FIBA dit toujours non à l'option Lille-Paris ?
P.-O.B. : Le CIO est prêt à prendre ses responsabilités. Nous essayons collectivement aujourd'hui de trouver la solution qui satisfait d'abord la qualité de terrain de jeu. Notre objectif est de convaincre plutôt que de forcer mais le CIO a pris des décisions par le passé et le fera encore.

Vous n'avez jamais envisagé de déplacer le badminton et la gymnastique rythmique de la future Arena porte de la Chapelle comme le souhaitait la FIBA ?
C.D. : Non. Le dispositif de l'Arena porte de la Chapelle a été arrêté avec deux sports qui sont complémentaires. Paris 2024 faisait référence à la décision de Londres en 2010 (changer le lieu des épreuves de badminton et la gymnastique rythmique deux ans avant le début des Jeux). À l'époque, j'avais fait le trajet de nuit sur les voies olympiques entre le village olympique et Wembley (sites des deux sports). La raison pour laquelle on regroupe ces deux sports est que, techniquement, ils ont les mêmes besoins notamment sur les flux d'air. Dans une salle comme l'Arena porte de la Chapelle, qui est nouvelle, ces flux-là sont parfaits donc on ne va pas toucher ces deux sports qui étaient au départ prévus dans un site temporaire au Bourget*. Quand la décision a été prise, elle a été prise, elle est finale. L'équilibre entre les deux sports est vraiment parfait, on l'a testé dans le passé et on va le maintenir.

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Craignez-vous un boycott des joueurs de NBA ?
P.-O.B. : À ce stade-ci, non. Il ne faut pas oublier que la deuxième semaine du tournoi de basket va se dérouler dans la plus grande salle en plein coeur de Paris, à Bercy (Accor Arena). C'est quand même extraordinaire ! À un moment donné, il faut raison garder et je suis certain que les joueurs de basket prendront la décision. Après tout, la salle Pierre-Mauroy a connu un gros succès lors des Championnats d'Europe (2015).

C.D. : On a lu dernièrement les déclarations des joueurs qui ont vécu une expérience extraordinaire à Lille. C'est une très belle ville avec une communauté sympa et fan de basket. Les conditions sont vraiment réunies, ce n'est pas juste une salle, c'est une communauté qui va accueillir le basket et le hand et je pense que ce sera une fête extraordinaire à Lille comme à Paris.

Ce bras de fer va-t-il laisser des traces ?
P.-O.B. : Je ne pense pas. Je pense que tout le monde apprendra de cet épisode. C'est dans l'ADN du sport : à un moment donné, on tourne la page et on regarde devant parce que l'heure tourne et qu'il faut penser à la compétition suivante. Nous allons regarder devant nous et nous assurer de créer les meilleures conditions et la meilleure compétition pour les athlètes et les spectateurs. Je suis convaincu que dès que la décision sera approuvée par la commission exécutive du CIO, tout le monde regardera avec positivisme vers l'avant.

*Dans la phase de candidature, le badminton était au Bourget (Seine-Saint-Denis) et la gymnastique rythmique à Paris La Défense Arena à Nanterre (Hauts-de-Seine).

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