Pierre Pelos : « Victor Wembanyama a déjà tout »

Victor Wembanyama cette saison avant un match au Mans. (B. Paquot/L'Équipe)

L'intérieur de Bourg-en-Bresse Pierre Pelos (2,05, 30 ans) a affronté deux fois Victor Wembanyama, la première la saison dernière quand l'immense espoir jouait avec l'Asvel, la seconde au mois d'octobre après son passage à Boulogne-Levallois. Comme tous les autres, il a été impressionné par ''Wemby''.

A terme, les anciens pros devraient se partager ces souvenirs comme un trésor. « Tu te souviens le jour où on a affronté Victor ? » Le 29 octobre, Pierre Pelos a fait jeu égal avec Wenbanyama, 22 points et 26 d'évaluation pour l'intérieur de Bourg-en-Bresse, 23 points et 28 d'évaluation pour "Wemby". « Plus l'adversité est forte, plus j'aime ça, et là elle était très forte, convient celui qui avait été meilleur sixième homme du Championnat en 2020-2021. Mais à l'arrivée, on n'a pas eu le résultat escompté », la JL s'étant inclinée à domicile (91-95).

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« Vous qui avez affronté Victor Wembanyama, l'avez-vous trouvé hors-norme ?
Oui bien sûr. Je connais des joueurs aussi grands (il a notamment joué contre Youssoupha Fall, 2,21 m, et Vincent Pourchot, 2,22m) mais qui bougent comme lui, aucun. Lui le fait comme s'il mesurait 1,90 m et en dribblant comme un meneur. Il n'y a pas que sa taille, il a déjà tout malgré son âge. Par exemple, il a une bonne vision du jeu. C'est un atout majeur dans son équipe parce qu'il peut rendre ses coéquipiers meilleurs.

Vous l'aviez déjà affronté l'an dernier avec l'Asvel et il ne s'était pas mis en évidence (5 points, 1 d'évaluation) contrairement à cette saison avec Boulogne-Levallois. Vous avez été impressionné par sa progression ?
Je ne pense pas qu'il ait fait un bond en avant. Il pouvait déjà faire des choses l'année dernière mais à l'Asvel, le contexte était différent. L'équipe jouait deux ou trois matches par semaine et n'était pas construite autour de lui. En plus, il a été blessé. Cette saison, tout est fait pour qu'il brille. C'est incomparable, il a plus de ballons et de responsabilités.

Est-ce que vous aviez des consignes spécifiques pour limiter son impact ?
Dans le plan de jeu, il fallait essayer de le déranger, de se relayer dessus pour le toucher au maximum. On n'aime pas trop ça, être poussé, quand on a 18 ans. Mais il n'y a pas grand-chose à faire pour l'arrêter. Déjà parce qu'il n'est pas tout seul, ça reste quand même un sport collectif. Ensuite parce qu'il n'y a pas vraiment de spots où l'emmener. Qu'il joue dos au panier ou qu'on l'emmène au large pour shooter ''exter'', il est bon. Même quand on l'emmène dans un endroit où il est plus faible, ses 2,21 mètres peuvent compenser.

Est-ce que vous avez encore perçu une forme de méconnaissance propre à son jeune âge ?
On trouve des traces de naïveté, bien sûr. Par exemple, il n'était pas très bon contre nous en début de match, il a raté ses trois premiers tirs et il a commencé à parler aux arbitres. Vincent (Collet) l'a sorti pour lui parler. Il lui a visiblement donné des consignes, lui a dit de laisser le jeu plus venir à lui, et quand il est revenu, il nous a mis huit points d'affilée. À 18 ans, on a aussi l'insouciance qui permet de ne jamais douter. Ça se voit chez lui. »