Pilote et confiné : "Psychologiquement, il faut se redonner des objectifs"

Basile Davoine
motorsport.com

Le contexte inédit provoqué par la pandémie de COVID-19 met chacun devant ses responsabilités et devant une nouvelle vie, bien que temporaire. Le moment de l'année où il survient renforce aussi la brutalité avec laquelle se présente cet épisode, puisque beaucoup de championnats s'apprêtaient à démarrer. "La pression montait depuis des semaines et puis finalement elle retombe", raconte . Nous avons posé trois questions au pilote français de l'équipe Duqueine en Endurance et aux 24 Heures du Mans pour savoir comment il vivait les choses. Par téléphone bien entendu, et avec la participation vocale du petit dernier de la famille… tout le monde s'adapte !

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Tristan, après quelques jours de confinement, comment vivez-vous cette situation ?

Le confinement, si on le respecte, c'est vraiment… Je n'ai pas la chance d'être en maison, on a fait le choix avec ma femme et les enfants d'être en appartement. On espère que ça ne va pas durer trop longtemps. Pour moi, il est évident que mon entraîneur m'a donné pas mal d'outils pour tous les jours, avec des haltères, ce genre de choses pour travailler physiquement. Quelque part, j'ai plus de temps aujourd'hui pour faire mon entraînement physique, mais c'est vrai que les journées sont quand même relativement longues. Toute l'économie est arrêtée et toutes les choses qui pouvaient être en cours sont quasiment stoppées, les usines ferment… Aujourd'hui on a très peu d'intervenants au téléphone, ou bien ils sont dans la même situation. C'est vrai que c'est long !

On voit beaucoup de pilotes s'adonner à la course en ligne, est-ce quelque chose que vous avez à votre disposition ?

Non, je n'ai pas ça. Honnêtement, je ne pense pas avoir besoin de simulateur. Par contre, c'est la forme physique qui est très importante à maintenir. Évidemment, si ça reprend au mois de juillet, on ne peut pas se permettre de passer trois mois dans le vide comme ça. Il faut maintenir une pression physique importante. Il y a eu un choc psychologique. On s'apprêtait tous à prendre le départ du début du championnat et puis tout s'arrête, pas pour un mois mais pour trois ou quatre. Il y a un petit choc psychologique car la pression montait depuis des semaines et puis, finalement, elle retombe comme un soufflé en quelques jours. Psychologiquement, il faut se redonner des objectifs. Pour le moment la question est avant tout physique, puis vient celle de l'organisation personnelle. Mais ne serait-ce que le fait de se maintenir une demi-journée par jour dans le fait de continuer sa préparation physique, ça permet mentalement de tenir le choc.

Aujourd'hui, comment qualifieriez-vous votre moral par rapport à ce contexte pesant ?

Il est très bon. Je ne suis pas quelqu'un qui perd le moral facilement, il faut que l'on m'en mette une grosse couche ! Le moral est encore excellent. Il faut rester positif. Évidemment, on voit bien que l'épidémie va prendre des proportions inévitablement graves, donc s'il y a des choses qui peuvent me soucier un peu, c'est que je croise les doigts tous les jours pour que cette épidémie ne touche pas trop de personnes et évidemment pas trop notre entourage. On s'inquiète bien sûr pour nos parents et pour l'entourage proche. Il y a forcément une inquiétude avec nos proches. On aimerait être tous ensemble pour le vivre, malheureusement ce n'est pas possible. Dans ces moments-là, c'est la séparation qui est un peu pénible.

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