Les pilotes MotoGP reprennent peu à peu le guidon

Léna Buffa
motorsport.com

Les pilotes MotoGP reprennent peu à peu un entraînement plus intensif et, surtout, le guidon des motos qui leur manquaient tant depuis deux mois. Tous ont observé depuis début mars un rythme bien différent de leurs habitudes, limitant leur préparation physique à leur domicile, à grand renfort d'exercices au sol ou de séances endiablées sur leurs vélos d'appartement. a fait exception et suscité quelques jalousies, puisqu'il a décidé de quitter son domicile d'Andorre et de rejoindre l'Australie à temps avant le verrouillage européen et a ainsi pu bénéficier d'une plus grande liberté de mouvement dont il a bien profité en motocross.

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Pour ses collègues, cette liberté revient progressivement et chacun l'exploite dès que possible. Ainsi, le contingent italien a pu reprendre le guidon en tout-terrain depuis la semaine dernière, qu'il s'agisse d' à nouveau réunis en Émilie-Romagne ou, non loin de là, des membres de la VR46 Riders Academy qui ont réinvesti le Ranch sans se faire prier. La réouverture du circuit de Misano, demain, leur offrira encore d'autres opportunités pour, cette fois, retrouver le bitume.

Dès jeudi, une quarantaine de pilotes "d'intérêt national et résidant en Émilie-Romagne" pourront prendre part à un premier grand test. En MotoGP, tous les pilotes italiens à l'exception d'Andrea Iannone (qui réside en Suisse) pourraient être présents. "Durant cette phase de cohabitation avec le COVID-19, nous avons mis au point des procédures et des modalités afin d'assurer la protection absolue de la santé des pilotes, des employés et des personnels de service", explique Giovanni Copioli, président de la Fédération italienne de motocyclisme.

Les pilotes en question auront ainsi l'opportunité de reprendre leurs sensations au guidon de motos dérivées de la série, mais aussi de découvrir le nouvel asphalte, posé juste avant l'entrée dans le confinement et qu'ils pourraient retrouver en septembre si le Grand Prix de Saint-Marin est confirmé. "L'envie de repartir est là", témoigne Luca Colaiacovo, président de la société détentrice du circuit, "mais nous savons aussi que tout doit se dérouler dans le respect des règles, car aucun faux pas n'est permis. Il s'agira aussi d'un test pour l'organisation, afin de vérifier les situations qui se créent à l'intérieur du circuit."

Un circuit exigeant en Andorre

Dans le contexte actuel, la limitation des déplacements d'un pays à l'autre pouvait s'avérer contraignante pour les huit pilotes MotoGP restés en Andorre, dans l'impossibilité pour le moment de rejoindre l'Espagne (dont ils sont presque tous originaires) et ses structures. On parle ici de Maverick Viñales, , des pilotes Suzuki, des frères Espargaró, de Tito Rabat et d'Iker Lecuona. Pour leur plus grand soulagement cependant, la phase 2 du plan de déconfinement mis en place par les autorités andorranes, qui entre en vigueur cette semaine, permet aux sportifs professionnels de s'entraîner dans des zones adaptées. Après plus de deux mois d'abstinence, les pilotes seront donc autorisés à remonter sur une moto.

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Restait à trouver un lieu adapté à cette reprise. Raul Romero, propriétaire de l'équipe Avintia et également investisseur dans le Circuit Andorra-Pas de la Casa, a alors lancé un plan en collaboration avec ses partenaires et les autorités locales afin que la piste de la Principauté soit adaptée et puisse faciliter l'entraînement des pilotes professionnels. Dès à présent, ils vont pouvoir profiter d'un petit tracé de 845m, fait d'une ligne droite de 310m et de sept virages, avec dix à 11 mètres de largeur, décrit comme "particulièrement technique" et exigeant du fait de son altitude (2'400m). Un protocole a par ailleurs été mis en place pour que les pilotes professionnels résidant en Andorre (22 au total) puissent prendre part à des entraînements par petits groupes et à des horaires bien définis, leur permettant d'éviter d'être plus de dix sur place.

Rubén Xaus, actuellement directeur sportif de l'équipe Avintia et qui fut longtemps l'un des moteurs du sport automobile dans la Principauté pyrénéenne, a lui aussi activement œuvré à cette reprise. "Le circuit et tous ses membres sont très fiers de franchir une nouvelle étape, qui va sans aucun doute servir les pilotes résidant sur place afin de se préparer pour un début de championnat atypique", se félicite-t-il.

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