Les pionniers des Imoca prêts à s'élancer autour du monde

« Malizia » de Boris Herrmann (au premier plan ) et « Holcim-PRB » de Kevin Escoffier lors de la régate côtière, le 8 janvier, à Alicante. (J. Jordan/AFP)

Disputée pour la première fois avec les fameux monocoques à foils du Vendée Globe, la course autour du monde avec escales s'élance dimanche d'Alicante, en Espagne. Avec cinq équipages au départ et un net regain d'intérêt.

En quête d'un deuxième souffle. Depuis quelques années, la mythique Whitbread créée en 1973, rebaptisée Volvo Ocean Race (de 2001 à 2018) puis The Ocean Race, a un peu perdu de sa grandeur. Avec cette 14e édition, dont le départ est donné dimanche à 16 h 10 à Alicante (Espagne), la course autour du monde en équipage avec escales s'engage dans une phase de transition importante.

Pour la première fois de son histoire, l'épreuve, dont deux des trois dernières éditions ont été remportées par des skippeurs français (Franck Cammas sur Groupama en 2011-2012 et Charles Caudrelier à la barre du bateau chinois Dongfeng en 2017-2018), se court en effet à bord d'Imoca à foils (18,28 m).

Les bateaux du Vendée Globe succèdent à une lignée de monocoques, des Maxi et WOR 70 aux VOR 70 et VOR 65. « C'est un peu une nouvelle ère qui s'ouvre, estime Antoine Mermod, président de la classe Imoca, catégorie en plein boom. The Ocean Race est une épreuve anglo-saxonne historique qui est en train de se réinventer. Elle attirait moins, il fallait qu'elle évolue. »

Sur fond de crise du Covid, ses nouveaux propriétaires suédois, Johan Salén et Richard Brisius, ont décidé de redessiner les contours de la compétition : au-delà du choix du bateau, le parcours est plus restreint (7 étapes contre 11 en 2017, soit 32 000 milles, 59 200 km, contre 45 000 milles 83 300 km) et la régate plus courte, de neuf à six mois.

Ils ne sont malgré tout que cinq équipages internationaux à s'engager dans l'aventure planétaire qui s'achèvera à Gênes (Italie) fin juin-début juillet après des escales au Cap-Vert, au Cap (Afrique du Sud), Itajai (Brésil), Newport (États-Unis), Aarhus (Danemark) et La Haye (Pays-Bas [*]). « Il y a eu un timing compliqué avec le Covid qui a impacté les projets, poursuit Mermod. On aurait préféré avoir huit bateaux au départ, mais c'est déjà une victoire d'être là. C'est un nouveau challenge. Et c'est toujours pareil, quand il y a de la nouveauté, tu as toujours des pionniers et ceux qui attendent de voir. »

Côté plateau, on retrouve quatre skippeurs présents sur la dernière Route du Rhum, Paul Meilhat (Biotherm Racing), Kevin Escoffier (Holcim-PRB), Benjamin Dutreux (Guyot Environnement-Team Europe) et l'Allemand Boris Herrmann (Team Malizia), auxquels s'ajoute l'Américain Charlie Enright (11th Hour Racing Team). « Avec le Rhum, c'est une des épreuves qui me faisait rêver, lance Escoffier, 42 ans et déjà deux éditions à son actif en tant qu'équipier sur Dongfeng (3e en 2014-2015, 1er en 2017-2018). J'aime le solo mais j'aime aussi l'équipage. Or en France, avec l'héritage Tabarly, on ne jure que par le solitaire. Ce qui me plaît, c'est de tirer 100 % des capacités du bateau et le côté humain. Sportivement, ils ont voulu aller chercher l'Imoca pour avoir plus de bateaux. On peut être déçu du nombre, mais j'espère que cette première va attirer d'autres concurrents. C'est une évolution logique. »

« C'est une autre dimension et nouveau pour moi, je me sens comme un gamin, lâche quant à lui Meilhat (40 ans). Je n'avais plus ressenti ça depuis longtemps. Six mois de course, ça m'excite. L'opportunité de la faire en Imoca, c'est génial. L'avantage de cette classe, c'est qu'avec ces bateaux, sur un programme de quatre ans, tu peux participer à différentes épreuves. J'ai hâte d'y être et d'aller chercher la meilleure place possible. Ça va aussi nous permettre de fiabiliser le bateau en vue du Vendée Globe 2024. »

(*) Six équipages participeront en VOR 65 aux étapes 1, 6 et 7.

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