Les pistes du CDES sur les enjeux du sport de demain

L'étude du CDES confirme l'essor d'un sport moins encadré, synonyme de plaisir et bien-être. (F. Seguin/L'Équipe)

Une étude sur les enjeux du sport de demain, réalisée par le Centre de droit et d'économie du sport de Limoges (CDES) et présentée lundi, donne des pistes pour repenser sa place dans la société et sa gouvernance.

À vaste sujet, analyse conséquente. L'« étude nationale sur les besoins et les attentes des acteurs du sport », réalisée par le Centre de droit et d'économie du sport de Limoges (CDES) et pilotée par l'Agence nationale du sport (ANS) et l'Association nationale des élus du sport (ANDES), court ainsi sur 126 pages. Présentée lundi, elle a été réalisée entre novembre 2021 et avril dernier à partir de plus d'un millier de questionnaires, une vingtaine d'entretiens et trois tables rondes avec l'ensemble des acteurs du sport.

Une pratique sportive moins encadrée

Après deux ans de pandémie, ces derniers se révèlent inquiets à cause de la crise financière, malgré les aides de l'État, ainsi que du désengagement de nombreux bénévoles. Ils s'interrogent aussi sur la nouvelle gouvernance du sport depuis la création de l'ANS en 2019 qui finit tout juste d'installer ses conférences régionales. L'étude pointe par ailleurs un changement dans la pratique sportive, moins encadrée donc plus éloignée des clubs. « La population s'éloigne de la dimension compétitive pour d'autres attentes (recherche de plaisir, moins de contraintes, diversité des disciplines) » soulignent ses auteurs en insistant sur la « difficile conquête de nouveaux publics » qui oblige à « réfléchir plus globalement à la place que doit occuper le sport dans la société ».

Le Centre de droit et d'économie du sport de Limoges

« Il faut inventer un autre modèle qui repose notamment sur la coopération et non la compétition »

En dessinant le modèle sportif de demain, à l'horizon 2035, les spécialistes annoncent notamment que « les grands événements sportifs vont connaître un bouleversement dans leur organisation du fait de la restriction des mobilités à grande distance » et que « les pratiques sportives connaîtront un essor considérable car elles font partie des activités éco-compatibles ». Ils suggèrent que la gouvernance évolue pour un meilleur équilibre « entre le niveau national et le niveau régional, voire infrarégional pour aboutir à une cohérence d'ensemble » et « faire participer les citoyens à la prise de décision ».

À deux ans des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, ils insistent sur leur « héritage intangible », en sus de la construction des équipements sportifs, et appellent à mettre l'événement « au service de la promotion d'un nouveau modèle de société ». L'étude se termine ainsi sur une recommandation ambitieuse : « Il faut inventer un autre modèle qui repose notamment sur la coopération et non la compétition. Dans une société construite sur ce principe, la compétition sportive perdrait tout sens et pourrait laisser sa place au jeu ». Mais ils n'enterrent pas pour autant la compétition. « Nous préconisons la constitution d'un secteur sportif non compétitif qui soit pleinement reconnu à côté du secteur sportif traditionnel », concluent ses auteurs.

Les trois principaux enjeux de société auxquels le sport sera confronté

1. Les changements des comportements et de modes de vie : 45 % (*)

2. Les mutations démographiques (vieillissement, sédentarité)
: 14 %
3. Le creusement de la fracture sociale
: 12 %

(*) pourcentage basé sur les 1 048 structures ayant répondu au questionnaire du CDES

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