Pneus trop fragiles pour le Dakar ? BF Goodrich s'en défend

Guillaume Navarro

Luc Fayolle, responsable produit et services pour BF Goodrich sur le Dakar, a été interrogé par Motorsport.com sur ce sujet sensible, après la mise en cause de la qualité des produits de la marque par l'équipe d'usine Toyota, jugés inadaptés à un terrain rocailleux.

"Ils ont été améliorés année après année afin de réduire les risques", défend-il au sujet des pneumatiques employés. "Nous ne cessons de les développer et la compétition fait partie de notre ADN. Venir en Arabie saoudite représente un grand défi, car nous n'y avons jamais fait de compétition. Nous ne savions pas exactement quel type de terrain nous allions rencontrer et c'est assez varié. Il s'agit d'un terrain varié, pas juste du sable avec de grands déserts de dunes comme l'on peut l'imaginer."

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"Sur la première étape, Nasser [Al-Attiyah] utilisait l'option tendre qui n'était pas la meilleure", éclaircit Fayolle. "Sur la seconde étape, ils sont passés au medium et ont encore eu des crevaisons. Ils ont utilisé la version 16 pouces, qui semblait disposer de plus de risques de crevaison en raison du type d'auto [4x4]. Cela a fait qu'il y a eu quatre crevaisons [à chaque fois] sur plusieurs étapes. Il semble qu'il y ait plus de risques de crevaisons selon les types d'autos et la manière dont elles sont pilotées. Les buggies peuvent aller directement sur les roches au lieu de les franchir de part en part. Nous analysons cela sérieusement, mais cela semble aussi conditionné par la manière d'amener les voitures à la limite dans des zones rocailleuses exposant autant les pneus."

Un vrai problème pour Toyota, qui embarque trois roues de secours par étape. Mais l'équipe n'est pas la seule à se plaindre. Plusieurs teams consultés par Motorsport.com ont clairement indiqué estimer que la responsabilité des crevaisons récurrentes revenait au manufacturier pneumatique en raison du design adopté, qui se concentre sur les caractéristiques rencontrées au Pérou. Sans données disponibles sur le terrain de l'Arabie saoudite, c'est avec des pneus similaires qu'est venu BF Goodrich sur cette édition 2020 au Moyen-Orient. Les flancs, pensés pour le sable, "ne sont pas assez résistants" pour les terrains rocailleux rencontrés sur les cinq premières étapes, estiment-ils.

Fort heureusement pour le manufacturier, l'étape menant à Riyad, longue de 830 km (dont 477 chronométrés) de ce vendredi a permis de basculer dans le sable pour un nouveau type de course. De quoi, espèrent toutes les parties concernées, souffler et pouvoir se concentrer sur le pilotage et la navigation.

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