Pol Espargaró : "Jamais je n'avais passé autant de temps sans moto"

Germán Garcia Casanova
motorsport.com

Lorsqu'il a conclu le dernier test de pré-saison, le 24 février, avec le 14e temps de la séance à son actif, a quitté la toute nouvelle RC16 convaincu que KTM avait pris la bonne direction pour en faire l'une des machines de pointe du MotoGP. Il devait retrouver sa moto la semaine suivante, pour entamer la saison avec un premier Grand Prix au Qatar. En descendant de selle, il n'imaginait pas qu'il suivrait ce week-end de course (finalement limité aux catégories Moto2 et Moto3) depuis son canapé et qu'il lui faudrait près de trois mois avant de retrouver un guidon et, si tout va bien, presque cinq avant d'enfourcher à nouveau la RC16.

"La dernière fois que j'étais monté sur une moto, c'était lors du test au Qatar", explique-t-il à Motorsport.com. "C'étaient les derniers tests prévus avant le début du championnat, qui devait être pour la semaine suivante. Il y avait peu de temps entre les deux, et l'incertitude était grande quant à ce qui pouvait arriver, alors je n'ai pas voulu rouler en Supermotard ni faire de motocross pour ne pas risquer de me blesser avant la première course. Et c'est là que ça s'est terminé, et puis les semaines ont passé et ce test remonte à il y a trois mois."

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Espargaró, qui est installé en Andorre, a pu reprendre le guidon cette semaine, profitant d'un premier entraînement à moto post-confinement grâce aux séances organisées sur le circuit Pas de la Casa, qu'ont également arpenté les pilotes Suzuki, Maverick Viñales, Iker Lecuona ou encore Tito Rabat. "Remonter sur une moto, c'était génial. Après autant de temps, pouvoir enfiler la combinaison et retrouver les rituels qui étaient habituels avant le confinement, cela a été très important pour nous", témoigne le plus jeune des frères Espargaró.

"Jamais de ma vie je n'avais passé autant de temps sans monter sur une moto, plus qu'un problème physique c'était un problème mental, dans la tête. Je n'étais pas sûr que tout serait pareil une fois qu'on serait revenu à la normale, si je me serais souvenu comment piloter la moto et comment changer de vitesse. Ça a fait du bien de pouvoir retrouver un peu de vie normale."

Après être venu en spectateur la semaine dernière, Pol Espargaró a repris la piste en début de semaine. Petit à petit, il s'est dérouillé et a retrouvé les sensations de pilotage et de contrôle de la machine qu'il était venu chercher. "Quand on est à l'arrêt aussi longtemps, on pense que l'on va avoir oublié les mouvements les plus automatiques, mais non. Il faut un peu de temps pour reprendre ses habitudes. Les sensations sont très bonnes, très agréables, mais dans les premiers tours on manque un peu de contrôle. J'ai dû y aller calmement, et peu à peu, les sensations que j'avais avant la pause sont revenues. J'ai eu besoin de quelques tours pour relancer tout ce qui était stocké dans ma mémoire, mais c'était vraiment bien", assure-t-il.

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Bien entendu, ces roulages sont de simples entraînements et non de véritables tests, et il est donc impossible pour les pilotes de prendre le guidon des machines qu'ils utilisent en course. Pol Espargaró a roulé en Supermotard, un choix évident pour lui : "De toutes les motos que l'on a pour s'entraîner, c'est celle avec laquelle je m'amuse le plus, avec laquelle je me sens le mieux, celle que je contrôle le plus et avec laquelle j'ai le moins de risque de me blesser. J'aime aussi l'enduro et le motocross, mais je pense que les sauts sont plus dangereux."

Parmi les neufs pilotes MotoGP résidant en Andorre, a été le premier pilote régulier du MotoGP à en limer le bitume.

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