Policiers tués dans le Nord : Véran accuse à tort Mélenchon de ne pas avoir eu « un mot de compassion »

POLITIQUE - Une indignation injustifiée. Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a déploré ce mardi 23 mai que le fondateur de la France Insoumise, en déplacement dans le Nord, n’ait pas eu « un mot de compassion » à l’égard des trois policiers décédés dimanche à quelques kilomètres de là dans un accident de la route. À tort, comme le lui a fait remarquer le principal intéressé.

Invité de la matinale de France Inter, Olivier Véran a pris Jean-Luc Mélenchon à partie, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. « Quand vous avez Monsieur Mélenchon qui est dans le Nord pour Vertbaudet, à quelques kilomètres de l’endroit où trois policiers jeunes ont trouvé la mort dans un accident de voiture terrible, tragique, et qui quasiment sur place n’a pas un mot de compassion pour eux mais va dénoncer les policiers qui seraient violents vis-à-vis des [grévistes]… Attention à tout cela », a dénoncé le porte-parole du gouvernement.

Et d’enfoncer le clou : «Tout ce discours politique là fait monter dans l’esprit d’un certain nombre de nos concitoyens l’idée qu’il y aurait une injustice telle qu’elle justifierait un passage à la violence. »

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Jean-Luc Mélenchon s’est effectivement rendu sur le piquet de grève de Vertbaudet, lundi 22 mais en fin de journée. Il y a appelé à boycotter l’entreprise, mais, contrairement aux affirmations d’Olivier Véran, il a bien eu « un mot » pour les policiers décédés.

Mélenchon fustige « le mensonge du gouvernement »

« Ce matin je savais que je viendrais ici et […] on me parlait de ces trois policiers qui sont morts, ainsi qu’une quatrième personne, dans un abominable accident. J’étais comme vous tous : glacé de peur et de sidération et de compassion. Je pensais qu’ils avaient des épouses, des enfants, petits. J’étais avec eux dans ce moment-là », a-t-il déclaré.

Repartageant cet extrait de son discours, l’ancien parlementaire a fustigé « le mensonge du gouvernement et de l’extrême droite. » « Ces gens ont perdu tout sens humain », écrit-il.

Cette polémique fait suite à la démission de Yannick Morez, maire divers droite de Saint-Brévin, quelques mois après l’incendie de son domicile sur fond de tensions autour d’un projet de déménagement du centre d’accueil des demandeurs d’asile. Parmi les opposants les plus virulents au projet se trouvaient notamment des collectifs d’extrême droite, en particulier la mouvance autour de « Reconquête », le parti d’Eric Zemmour.

La démission du maire a provoqué une vague d’indignation jusqu’au sommet de l’État. Mais Élisabeth Borne a provoqué la colère de la gauche en dénonçant dans un premier temps une « montée de l’extrémisme » valable « des deux côtés » de « l’échiquier politique ». Elle a ensuite ciblé plus précisément l’extrême droite.

Au micro de France Inter, ce mardi, Olivier Véran a dit combattre « toutes formes de violences, dans la société, dans le cadre familial, dans la sphère privée, dans la rue, dans la politique ». « Je n’ai pas de problème à le dire, il existe de la violence à l’extrême droite et il existe de la violence à l’extrême gauche. S’il peut exister de la violence aussi au sein de la classe politique républicaine, il faut la dénoncer systématiquement et il ne faut pas avoir de pudeur », assure-t-il.

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