Pourquoi le budget des JO de Paris 2024 va augmenter de 10 %

Le budget du COJO en hausse de 10 % dont 5 % dus à l'inflation. (E. Garnier/L'Équipe)

Le comité d'organisation des Jeux de Paris 2024 se prépare à une augmentation d'environ 400 M€ de son budget de 4 milliards d'euros, dont la moitié due à l'inflation.

Le chiffre a de quoi impressionner mais il n'est pas si étonnant à moins de deux ans du Jour J, insistent les acteurs de Paris 2024 réunis en bureau exécutif mardi. Le choix d'organiser une cérémonie d'ouverture inédite sur la Seine le 26 juillet, les multiples retouches de la carte des sites ou encore l'inflation galopante depuis quelques mois expliquent notamment cette augmentation de 400 M€, soit 10 % du budget de 4 Mds€.

C'est « un ordre de grandeur », avance prudemment Michaël Aloïsio, directeur de cabinet de Tony Estanguet, patron de Paris 2024, en précisant que le comité travaille depuis des mois sur chaque ligne du budget avec le ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques et la délégation interministérielle aux Jeux (Dijop).

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Un budget à l'équilibre espéré pour le 12 décembreObjectif : atterrir à un budget à l'équilibre le 12 décembre, date du prochain conseil d'administration. « Il n'y a pas de choses que l'on découvre, on reste dans les proportions normales de l'évolution d'un budget », souligne Étienne Thobois, directeur général de Paris 2024.

Si la moitié de l'augmentation résulte de l'inflation, l'autre découle de dépenses non prévues initialement, comme la cérémonie d'ouverture des Jeux sur la Seine le 26 juillet ou encore place de la Concorde le 28 août pour les Paralympiques. « Les dépenses comme celles liées à la cybersécurité ont été sous-évaluées », reconnaît Étienne Thobois qui évoque aussi un « coût mal anticipé » des congés de reclassement côté ressources humaines.

Le COJO fait parallèlement la « chasse au gaspi » dans l'ensemble des directions et « un travail de fourmi avec le CIO » pour alléger le cahier des charges. « On travaille sur les dates d'ouverture et de mise en service des sites », explique le directeur général en précisant que les discussions vont jusqu'au « nombre de torches sur le relais de la flamme » ou encore « la taille des salons qui accueilleront la famille olympique ».

Paris 2024 annonce des recettes en hausse du côté de la billetterie grâce notamment à la nouvelle carte des sites et aux 100 000 places payantes sur les quais bas lors de la cérémonie d'ouverture le 26 juillet. Tony Estanguet, le patron de Paris 2024, annonce que l'objectif d'atteindre 80 % de recettes partenariat à la fin de 2022, sur 1,1 Mds au total, est « déjà atteint ». Et ce, « sans intégrer l'univers du luxe », précise son directeur de cabinet, alors que la signature du groupe LVMH est attendue depuis plusieurs mois. « On devrait même dans les prochaines semaines dépasser les 90 % », précise Estanguet.

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Il n'empêche que Paris 2024 devra quand même puiser dans sa réserve pour aléas de 315 M€, alors que son comité d'audit recommandait, dans un rapport rendu fin juin de la préserver au maximum. « On va commencer à consommer la réserve pour l'aléa avec l'objectif de garder une majorité de ce montant pour la dernière année des Jeux », confirme Michaël Aloïsio. « Il y a des choix qui devront être faits et qui devront être documentés, c'est le travail qui reste sur notre chemin jusqu'au 12 décembre, pour couvrir l'intégralité de ces dépenses », souligne Antoine Gobelet, directeur de cabinet de la ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, en précisant que l'État pourrait donner un coup de pouce.

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« Pour l'État, il y a des pistes d'action qui sont en termes d'intérêt général et de politique publique privilégiées. Pour le moment, il n'y a pas d'engagement de l'État confirmé tant que le travail se poursuit jusqu'au 12 mais ce qui a été évoqué sur l'héritage en matière d'équipements sportifs ou de lutte antidopage, sont des pistes sur lesquelles l'État regarde ce qui peut être fait », détaille Antoine Gobelet. En attendant le couperet du 12 décembre, tous les acteurs des Jeux insistent : pas question de renier les ambitions du projet en renonçant aux « grands marqueurs » : les cérémonies, les épreuves dans les sites iconiques, le marathon pour tous, les Jeux Paralympiques.

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