Pourquoi il faut laisser une deuxième saison à Unai Emery au PSG

Lilian Leclère

​ Plus les semaines passent, plus notre championnat national semble proche de lever le voile sur l'identité de son futur lauréat. Même si Paris reste à l'affût d'un éventuel faux pas monégasque, force est de constater que les hommes d'Unai Emery peinent à retrouver la plus haute marche du podium. Au point de fragiliser à court terme la position du Basque ?


Dans le football, tout va très vite. On ne cesse de nous le répéter, et ses acteurs principaux trouvent souvent le moyen de remettre au goût du jour cette maxime. Malheureusement pour lui, Unai Emery n'a pas échappé à la règle. Présenté à son arrivée comme un féru des détails qui comptent, ceux qui font par exemple franchir un cap à l'échelle européenne, l'ancien Sévillan a rapidement jouit d'une belle côte auprès des médias français.

Il aura suffi de quelques mois pour écorner cette image, la faute à des résultats plus que mitigés et à une confiance aveugle accordée à des éléments au rendement incertain comme Lucas ou  Ángel Di María. Déjà, à l'aube de la trêve hivernale, certains observateurs commencèrent à s'interroger au sujet de la cohérence du choix estival de  Nasser Al-Khelaïfi.

  Pour Emery comme pour le club, le début de l'année 2017 se voulait donc cruciale, avec comme principale ligne de mire la venue du FC Barcelone, programmée un soir de Saint-Valentin. De quoi interloquer les plus romantiques d'entre nous. Mais pas de quoi effrayer Emery, décidé à bâtir une équipe au pouvoir de dévotion décuplé par rapport à celles des années précédentes. L'exploit est alors en marche. Porté par un  Di María magnifique et un collectif conquérant, le PSG terrasse le Barça (4-0). Si la suite de l'histoire est connue, et fera date dans l'historique du club, l'Espagnol a remporté ce soir-là une première bataille. Il a offert au peuple francilien une soirée référence, certes éphémère, mais ô combien magnifique.



Alors oui, ne faire que mentionner la manche retour de cette confrontation sans l'analyser à tout d'un affront. Mais le but de cet écrit n'est pas de remuer le couteau dans une plaie toujours aussi vive. Attardons-nous plutôt sur la passion dégagée par le moindre mouvement du natif de Fontarrabie. En dépit de son français balbutiant et d'une mâchoire parfois trop crispée. Sans nul doute, Emery est un homme compétent. On ne remporte pas trois Europa League sans que cela ne soit le fruit d'un travail de longue haleine. Et sans savoir faire adhérer son groupe à ses idéaux.


Le problème actuel du club ne réside pas dans l'incompétence de son entraîneur. Mais plutôt dans l'incertitude entourant les personnes qui l'encadrent, à commencer par Patrick Kluivert. Faire faux bond à Emery serait de plus un terrible aveu d'impuissance pour Nasser, qui a milité pour sa venue et reconnait ses indéniables qualités. On serait prêts à parier que tôt ou tard, il mettra dans sa poche ses derniers détracteurs, une fois que ses préceptes seront définitivement adoptés par ses troupes. Peut-être que l'on est dans l'erreur, et qu'Emery n'a tout simplement pas les épaules pour mener à bien un tel projet. Mais on est unanimes sur le fait que les principaux dysfonctionnements actuels de l'entité PSG ne lui sont pas imputables. Bien au contraire...

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