Pourquoi le management de David Gautier fonctionne si bien à l'Asvel

David Gautier, ici entre Helena Ciak et Blake Dietrick, réussit d'excellents débuts à la tête de l'Asvel. (F. Chambert /Panoramic)

En trois mois, David Gautier a réussi à mettre en place un management bienveillant à l'Asvel, redevenue dominatrice et ambitieuse.

Avant la séance vidéo consacrée au Tango Bourges, qui reçoit dimanche l'Asvel pour le choc très attendu des grosses cylindrées du Championnat (15 h 15), Helena Ciak serre David Gautier dans ses bras et éclate de rire. « J'ai raconté que des sales trucs sur toi », ment-elle. Une heure avant que l'intérieure se présente au gymnase Mado-Bonnet, vendredi, son coach louait son excellent début de saison. Validé par un premier double-double (11 points, 13 rebonds contre Gdynia en seizièmes de finale aller d'Eurocoupe, 86-62), jeudi, en plus de deux ans. La récompense statistique d'une période faste pour le club, renvoyé au temps des succès et du titre national de 2019.

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À 33 ans, la pivot des Bleues, bredouille depuis son arrivée en 2019 dans le Rhône, apprécie l'élixir de jouvence, dont s'abreuve l'ensemble de son équipe. Invaincue en Championnat (7 victoires), l'Asvel ne doit pas son entame tonitruante qu'à son effectif pléthorique, estampillé équipe de France (Johannès, Chartereau, Gruda, Williams, Ciak, Malonga).

Le management façon Gautier, qui a signé pour deux saisons, a d'emblée porté ses fruits. Et fait oublier le fiasco de l'exercice précédent, soldé par une leçon reçue en finale (3 défaites contre Bourges) et le licenciement de Pierre Vincent, pourtant engagé jusqu'en 2026. Un divorce provoqué par les joueuses, rebutées par les exigences du technicien. « Les responsabilités sont partagées, convient Ciak. Ça ne collait pas, ça arrive. »

Dès sa prise en main du club début octobre, l'ancien joueur de Cholet, Strasbourg et Gravelines entre 1998 et 2007 (13 sélections en équipe de France) et ex-entraîneur d'Angers (2016-2022, accession en LFB en 2021 et qualification en play-offs la saison passée) n'a eu qu'un mot d'ordre : « Que les gens soient bien dans leur tête. Et même s'il a fallu s'asseoir sur certains principes de jeu, le plus important était d'établir une relation de confiance avec les joueuses. Ma porte est toujours ouverte. Avec du dialogue, je suis persuadé qu'elles seront dans les meilleures dispositions pour marquer les tirs qui gagnent. »

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« David adore la communication, complète Ciak. Il vient vers nous, il partage son basket, c'est extrêmement facile d'aller vers lui. On a besoin de cette proximité car nous, les filles, sommes plus dans l'émotion peut-être. Il nous permet de nous lâcher. » Les excellents résultats ont, de surcroît, été acquis sans Gruda (mollet) et Williams (genou), les deux recrues phares du club, jusqu'à début décembre. L'avantage d'un profond réservoir. « Ça a été un challenge que de gérer les retours et redistribuer les rôles, avoue le Choletais. Il y a eu un petit flottement (et un revers contre Montpellier, 53-62, en Eurocoupe) qu'on a réussi à gérer car les filles sont investies dans le projet. »

« Je le découvre encore aujourd'hui, confie Sandrine Gruda, qui soigne ses ischios et est attendue la semaine prochaine. Il est très dans l'humain, je trouve qu'il est humble, très à l'écoute. » Sans elle ni Dominique Malonga (genou), les Rhodaniennes devront faire face au Prado de Bourges. Le vide du secteur intérieur devra encore être comblé par une philosophie de jeu, « rythmé et intense » décrit Ciak, très apprécié en interne. « Gare au coup de mou, tous les grands clubs passent par là », prévient Gautier. Car aussi avenant soit-il, le technicien se veut moins contemplatif, guidé par ses ambitions. « Je ne serai réellement heureux que lorsqu'on aura obtenu notre premier titre. »