Pourquoi la réduction du temps de pause en milieu d'étape change la stratégie des pilotes sur le Dakar

Maintenant, c'est pause pipi express sur les pistes du Dakar. (L.Boulay/L'Equipe)

La fin de la pause obligatoire de vingt minutes en milieu d'étape pour les autos, réduite à deux minutes, a bousculé les habitudes des pilotes, sur leur confort et leurs calculs tactiques.

Le Dakar 2022 était, paraît-il, trop simple. Ou du moins pas assez compliqué. Pas de problème : deux étapes supplémentaires, des spéciales de plus de 400 km à foison et la suppression de la « neutralisation » pour les autos sont au programme de cette 45e édition. Si ce dernier
levier peut paraître secondaire, la fin de cette interruption de vingt minutes en milieu d'étape a nécessité quelques ajustements pour les pilotes.

Premier détail, et non des moindres, la pause pipi est devenue une course contre la montre. Jeudi, au kilomètre 219 de la cinquième étape, sur les deux minutes imparties pour traverser la zone utilisée par les motards pour faire le plein d'essence, les pilotes remontaient dans leur voiture aussi vite qu'ils en étaient descendus, pressés par le temps et leur vessie. Mais les contretemps ne manquaient pas. Alors que son Audi se faisait la malle dans son dos, Stéphane Peterhansel était contraint de poser une pierre sous la roue avant-gauche de son prototype hybride pour éviter que son copilote Édouard Boulanger, resté à l'intérieur, ne parte sans lui.

Fini aussi l'espionnage« Deux minutes ce n'est pas assez, on a à peine le temps de pisser ! », regrettait « Monsieur Dakar » dans un sourire. « On porte des couches au cas où », confiait de son côté Boulanger. Arrivé en même temps que deux autres voitures, l'équipage 219 était le seul à descendre, récoltant un petit coup de klaxon, ambiance aire d'autoroute, au moment de faire ce qu'ils avaient à faire.

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Sportivement, ce changement a aussi une incidence. Terminées les discussions entre pilotes ou copilotes pour savoir qui en est où. « Le gros changement, selon moi, c'est qu'on ne peut plus savoir où on se situe par rapport à nos concurrents, ce qui était bien pratique, expliquait Mathieu Baumel (Toyota), vainqueur de l'étape jeudi avec Nasser al-Attiyah. Et puis on ne se repose pas non plus, on ne peut pas se dégourdir les jambes et souffler un peu. Ça paraît anodin mais à la fin, quand la victoire finale sera en jeu, ça se ressentira forcément. » Comme quoi, chaque
détail compte sur le Dakar.