Précarité étudiante : dans les Crous depuis la rentrée, c’est du « jamais vu » avec 1,5 million de repas supplémentaires

A student gets a lunch at the universitary restaurant at the Corte University in Corte on the French Mediterranean island of Corsica, on September 9, 2022. - At the University of Corsica in Corte, all students, whether on scholarship or not, will be able to enjoy two free meals a day in the university canteens from the start of the new academic year, the Crous (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires) told AFP, assuring that this is
PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP A student gets a lunch at the universitary restaurant at the Corte University in Corte on the French Mediterranean island of Corsica, on September 9, 2022. - At the University of Corsica in Corte, all students, whether on scholarship or not, will be able to enjoy two free meals a day in the university canteens from the start of the new academic year, the Crous (Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires) told AFP, assuring that this is "a first in France". (Photo by Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP)

ÉCONOMIE - Les étudiants subissent de plein fouet le coût de la vie depuis ces derniers mois et se nourrir devient de plus en plus compliqué. Selon Dominique Marchand, présidente du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous), qui gère notamment les restaurants universitaires partout en France, la fréquentation dans ces établissements a atteint un niveau « jamais vu », explique-t-elle à Ouest-France. Un symptôme de la précarité étudiante marquée ces dernières années par la crise du Covid puis désormais par l’inflation galopante.

« On atteint un taux de fréquentation jamais vu dans l’histoire des Crous », assure Dominique Marchand qui explique qu’« entre l’an dernier et cette rentrée, pour les deux premiers mois, on constate 17 % d’augmentation d’activité », soit 1,5 million de repas supplémentaires. « Ça explique les longues files d’attente à l’entrée des restaurants universitaires ».

Deux formules de repas sont disponible dans les Crous, un repas est à 3,30 euros, et un autre à 1 euro pour les plus précaires. Ces derniers ont été multipliés par trois. « En septembre et octobre, 100 000 repas à 1 € ont été distribués à 10 000 bénéficiaires non boursiers qui nous ont fait cette demande », précise-t-elle.

Ces repas à ce prix-là, « on ne les trouve pas ailleurs »

« Le nombre de boursiers qui mangent dans nos sites a augmenté de 15 %. Mais surtout, il y a une forte hausse de la fréquentation des étudiants non-boursiers. Ils ont mesuré que ces repas, aussi complet et à ce prix-là, on ne les trouve pas ailleurs », a poursuivi Dominique Marchand.

Rappelant que le coût de production d’un repas est de huit euros, mais facturé 3,30 aux étudiants, la présidente du Cnous évoque des difficultés d’approvisionnement, notamment en pommes de terre à cause des mauvaises récoltes ou l’huile à cause de la guerre en Ukraine. Quand ce ne sont pas simplement les fournisseurs en incapacité de fournir les produits. « Les restaurants des Crous s’approvisionnent via une centrale d’achat. Sur certains produits, les ruptures sont conséquentes. Comme les menus sont prévus quinze jours à l’avance, nos équipes sont en difficulté car elles doivent s’adapter à une fréquentation très importante et aux commandes qui ne sont pas honorées, ou pas totalement », précise Dominique Marchand évoquant aussi des difficultés de recrutement de personnel.

Une façon aussi de répondre à la polémique qui a touché le Crous Bretagne, accusé de faire payer le pain-beurre ou de servir des assiettes et sandwichs « minimalistes ». «  Ce Crous a voulu harmoniser sa carte entre les différents sites, et développer l’offre végétarienne réclamée par des étudiants (...) Nous avions vérifié qu’en laissant le pain en libre-service, la moitié se retrouvait à la poubelle (...) Je reconnais que ces mesures n’ont pas été suffisamment expliquées », admet Dominique Marchand.

D’après une étude de l’association COP1-Solidarités étudiantes, citée par Le Parisien, 56 % d’étudiants interrogés avouaient ne pas manger à leur faim de manière générale.

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