Prêt pour le dernier obstacle à franchir, Iannone raconte son "enfer"

Léna Buffa
motorsport.com

Son recours auprès du Tribunal Arbitral du Sport ne faisait aucun doute depuis le jour où sa suspension a été confirmée pour 18 mois, et désormais l'attend de pied ferme, avec détermination et confiance. Blessé par une sanction qu'il juge injuste et par plusieurs mois durant lesquels il a tenté de trouver une façon de s'extirper d'accusations lourdes pouvant d'un coup signifier la fin de sa carrière, le pilote italien ne veut pas en rester là et il a indéniablement une forte colère à investir dans cette dernière phase de son combat.

"Je me sens heureux humainement, et je suis conscient que ça n'est pas fini. On a dépassé le premier obstacle, mais c'est maintenant l'obstacle décisif qui nous attend", souligne-t-il dans les pages de Motosprint. "J'ai une grande confiance, même si je sais parfaitement que ce ne sera pas facile. Je l'affronterai avec la plus grande détermination."

Andrea Iannone, Aprilia Racing Team Gresini

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Andrea Iannone, Aprilia Racing Team Gresini Gold and Goose / Motorsport Images

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"Je ne sais pas comment ça va se terminer, mais je n'ai jamais pensé à m'arrêter. J'ai pensé à beaucoup d'autres choses dans les moments sombres, ça oui. Quand je suis dans un état de souffrance, mon caractère fait que j'ai tendance à m'éloigner de ceux qui me sont très proches. J'ai passé des journées à la maison, à Lugano, seul, sans parler à quiconque, par choix parce que je sais que je peux devenir quelqu'un de très difficile à vivre dans ces moments-là et ça ne me plait pas."

Peu de soutien parmi les pilotes

Du côté des pilotes, rares ont été ceux qui ont pris de ses nouvelles. "Jorge Lorenzo et Maverick Viñales m'ont appelé, et ce sont peut-être ceux que je connais le moins par rapport à d'autres. Mais je ne veux pas polémiquer", assure Iannone, qui ne cesse par contre de remercier Aprilia. "Ils ne m'ont jamais laissé tomber, ils ont toujours cru en mon innocence. Cela aurait été beaucoup plus simple pour eux de me laisser sans guidon et de prendre un autre pilote. Il y en a beaucoup qui prendraient ma place."

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"L'appel d'Aprilia Racing pour faire les photos officielles montre à quel point ils tiennent à moi. Et ce sont de grands gestes que j'aurai du mal à oublier. Peut-être que d'autres n'y accordent pas d'importance, mais pour moi cela veut dire beaucoup", souligne le pilote italien, qui n'a toutefois pas souhaité faire de vieux os à Losail après ce shooting, en février. Car, lorsque Massimo Rivola lui a demandé de rester un jour de plus afin d'assister aux essais, il révèle qu'il l'a prié pour prendre le premier vol et rentrer en Europe.

"Me trouver dans un contexte dans lequel je n'étais pas protagoniste, sans pouvoir monter sur une moto sur laquelle nous avons travaillé durant toute une saison et qui semble née avec un grand potentiel, c'était vraiment une souffrance. Un peu comme voir sa femme coucher avec un autre sous ses propres yeux. C'est le pire que l'on puisse imaginer. J'ai ressenti un peu de jalousie et j'ai donc préféré m'éloigner", admet le pilote. Un éloignement qu'il met à profit pour se reconstruire et préparer sa défense en vue de l'ultime recours qu'il lui reste, le TAS.

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