La pratique du vélo augmente en France, mais à trop petits pas

En ville, la fréquentation cyclable est nettement plus importante en semaine, comparée aux week-ends. (Wikipedia Commons)

En 2022, la pratique cycliste a augmenté de 8 % en France par rapport à 2021, d'après le dernier bulletin de Vélo & Territoires. Une progression, certes, mais bien en deçà des aspirations gouvernementales.

En France, l'essor du vélo n'est toujours pas terminé. En 2022, la pratique cycliste a encore augmenté sur l'ensemble du pays, d'après le dernier bulletin de Vélo & Territoires : de 8 % par rapport à 2021 et de 31 % par rapport à 2019, l'année référence d'avant la pandémie de Covid-19. Pour autant, cette progression, principalement concentrée dans le milieu urbain, reste très légère. À ce rythme, il paraît difficilement envisageable d'atteindre les objectifs fixés par le gouvernement pour 2030.

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Depuis 2018, année du lancement du Plan vélo, un chiffre a été constamment répété par les différents ministres d'Emmanuel Macron, devenant une boussole pour la France en matière de politique cyclable : d'ici 2030, le vélo doit occuper 12 % de part modale (la répartition des différents modes de déplacement). Ce qui représenterait un pas de géant, puisque actuellement le pourcentage français se situe plus aux alentours des 3 %. Pour atteindre le but fixé, une croissance bien plus rapide que celle de cette année serait nécessaire.

Le vélotaf a la cotePour autant, certains signaux restent assez positifs, notamment en milieu urbain, où la pratique a augmenté de 10 % par rapport à 2021. Les nouveaux standards d'après-pandémie semblent donc être devenus la norme et les chiffres sont vraiment dans le vert sur certaines agglomérations, comme Dunkerque (+20 % entre 2022 et 2021), Strasbourg (+18 %), Grenoble (+17 %) ou même Paris (+12 %). La fréquentation y est globalement plus importante sur les jours de la semaine, signe d'un attrait grandissant pour le vélotaf.

À l'inverse, hors des villes, le nombre de passages de vélos est équivalent (+0 % en milieu périurbain) ou même en léger recul (-1 % en milieu rural) par rapport à 2021, même s'il reste au-dessus du chiffre de 2019. Dans ces zones, la fréquentation est largement dépendante des variations météorologiques et reste plus importante le week-end, ce qui indique une prévalence de la pratique loisir. Pour autant, l'écart avec le reste de la semaine tend à se résorber (+2 % de fréquentation de semaine, -5 % de fréquentation le week-end en milieu périurbain).

La météo comme principal freinGlobalement, ces chiffres permettent de dégager quelques grandes tendances. Si la pratique du vélo est à la hausse, il existe d'importantes « nuances territoriales », comme le formule le rapport, entre la France des villes et celle des campagnes. Par ailleurs, la météo semble toujours être l'un des principaux freins aux déplacements cyclables : la fréquentation baisse très nettement lors des épisodes pluvieux et l'hiver, même si l'on constate une hausse significative en automne.

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Initiative directement soutenue par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, ce dernier bulletin donne donc à la France une feuille de route, bien que vague, pour l'année à venir, avec deux objectifs majeurs : « Poursuivre le développement des aménagements et des services vélos en milieu peu dense et continuer à développer la pratique en milieu urbain ». Pour devenir une « grande nation de vélo » d'ici 2030, il va encore falloir changer de plateau.