La pratique du vélo en France, une histoire qui roule

AG2R et l'Union Sport et Cycle présentent les résultats de leur enquête « Les Français et le Vélo », qui quantifie le « boom vélo » et précise la relation du pays à la petite reine.

Dire que la pratique du vélo explose en France, c'est dire que les cyclistes y sont de plus en plus nombreux, mais aussi de plus en plus variés dans leurs pratiques et leurs motivations. En mars, AG2R La Mondiale et l'Union Sport et Cycle ont sondé un échantillon de 5 000 personnes majeures, représentatif de la population française quant au sexe, à l'âge, à la catégorie socioprofessionnelle et à la répartition régionale.

lire aussi

Tous les articles de Vélo Mag

Le but était non seulement de quantifier le phénomène mais aussi d'en préciser les traits, en termes de pratiques effectives aussi bien qu'en termes de représentations imaginaires. Pourquoi et comment les Français pédalent-ils ? Comment perçoivent-ils le vélo et les cyclistes ? Ces questions justifient le sous-titre donné à l'étude : « Les Français et le vélo - Imaginaires et nouveaux usages ».

Dix millions de plus qu'il y a six ans

Le point le plus général confirme la tendance « ressentie » : les 2 Français sur 3 qui déclarent avoir fait du vélo « au moins une fois sur les 12 derniers mois » représentent 31,7 millions de personnes. « Or, précise Camille Sohier, responsable de l'activité sponsoring chez AG2R La Mondiale, notre précédente étude qui date de 2016 - il n'y a donc pas si longtemps - n'en dénombrait que 22 millions : la différence est considérable. » Certes, seuls 37 % de ces 31,7 millions pratiquent régulièrement (au moins une fois par semaine), et 20 % d'entre eux enfourchent le vélo « moins d'une fois par mois ». Mais tout de même.

De ce point de vue, il n'est pas étonnant de voir battue en brèche la soi-disant « mauvaise image des cyclistes. » Au contraire, 62 % des sondés déclarent en avoir une « très bonne » image, et seulement 9 % une « mauvaise ou très mauvaise » - auquel cas cette mauvaise réputation est largement associée à l'idée que les vélos « brûlent les feux rouges. »

Préoccupations et pratiques nouvelles

Sans surprise le vélo est, pour 50 % des Français, l'emblème de la « balade » - l'imaginaire heureux de la chanson de Montand n'est pas loin ! Et pour 40 %, c'est avec « sport » qu'il consone. Mais à ce jeu de l'évocation synonymique, où l'on trouve aussi « nature » ou « Tour de France », pointent les préoccupations plus contemporaines que signalent « respect de l'environnement » (36 %), « santé » (35 %) ou « mobilité/transport » (27 %).

lire aussi

L'Observatoire du vélo atteste du boom du vélotaf

Particulièrement révélatrice de ce souci écologique, la pratique du vélotaf, boostée par l'épisode pandémique et la création de « coronapistes », qui concerne désormais 8 % des Français à une fréquence d'« au moins une fois par semaine » (cette proportion s'élève à 10 % en Île-de-France.) La distance moyenne du trajet domicile-travail effectué par ces cyclistes s'établit à 6 km, pour un temps de déplacement de 23 minutes.

Les milieux urbains sont les plus concernés pour l'heure (66 % des urbains affirment faire du vélo), mais les zones rurales ne le sont pas moins par principe, si l'on considère que pour 65 % des sondés le vélo est considéré comme « l'avenir des déplacements » dans un contexte de hausse des prix de l'essence. Ainsi, le souci de préserver l'environnement s'articule à une nécessité brute corrélée au pouvoir d'achat.

Marqueur générationnel

On ne s'étonnera donc pas non plus de voir le vélo qualifié de « marqueur générationnel » : dans la tranche d'âge 18-24 ans, c'est à 76 % que le vélo est considéré comme « l'avenir des déplacements » (dans cette tranche d'âge, 82 % - et non pas 65 % - des interrogés ont pratiqué au moins une fois au cours des 12 derniers mois). Chez les plus de 65 ans, catégorie qui, notoirement, se préoccupe moins de « durabilité », seuls 56 % des sondés y croient.

Du côté des freins identifiés par les Français à un développement encore plus libre de la pratique du vélo, l'insuffisance du réseau de piste cyclables est citée par 28 % des sondés. Attendus également, la continuité des pistes en question (qui, en pratique, sont bien trop morcelées, parfois jusqu'à l'absurde - un petit tour sur Twitter montrera que les exemples ne manquent pas), et l'accroissement du nombre de stationnements dédiés.

lire aussi

Un après le confinement, comment le vélo a grandi dans le monde ?

Le lien avec l'amélioration de leur santé est de plus en plus clair aux yeux des Français : 56 % des pédaleurs, même occasionnels, affirment se sentir en meilleure condition physique, et 39 % mettent en avant la hausse de leur moral.

Dans ces conditions, l'émergence du « vélo-voyage » n'a rien de surprenant : 4 % des sondés (qui, à proportion de la population nationale, représentent donc 2 millions de personnes) pratiquent l'itinérance, souvent en couple ou en famille - même si pour l'instant, les « bike packers » restent plus nombreux que les « bike packeuses. »

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles