Première victoire de l'équipe US de handball lors d'un Mondial depuis 1964

Buteur décisif contre le Maroc (28-27), Aboubakar Fofana a appris le hand en France, où il a grandi. (Jozo Cabraja/ Kolektiff Images)

Après sa première victoire dans un Mondial depuis 1964, l'équipe des États-Unis de handball regarde vers les JO de 2028 à Los Angeles.

La sélection américaine de handball avait tout prévu et il n'y avait plus qu'à parapher la lettre-type à côté de la signature du coach, le Suédois Robert Hedin : « Veuillez dispenser (prénom, nom) de sa journée de travail de ce lundi. Nous comprenons que cette absence puisse affecter votre productivité, mais comment se soucier de productivité alors que se joue le choc entre les États-Unis et la Belgique ? »

En battant les Red Wolves (24-22), lundi à Malmö, les Américains ont achevé leur Mondial dans l'euphorie qui les avait déjà submergés dès le 13 janvier, date de leur victoire historique contre le Maroc (28-27). En ce jour de gloire, ils décrochaient leur tout premier succès en Championnat du monde depuis leur première apparition, en 1964. Ils mettaient fin à une série de 25 défaites en six tournois, le dernier remontant à 2001.

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Et tant pis pour les punitions logiques infligées ensuite par la Croatie, l'Égypte ou les tenants du titre danois, l'histoire du hand américain était en marche. Pas simple là où le « handball » désigne d'abord le jeu dans lequel on se renvoie une balle en caoutchouc contre un mur. Le « team handball », pour l'en distinguer, est confidentiel aux États-Unis, avec une quarantaine de clubs amateurs. Au niveau universitaire, où le hand n'est pas soutenu par la NCAA, dix équipes se sont disputé le titre 2022 chez les hommes, quatre chez les femmes, les deux décrochés par l'académie militaire de West Point, qui maîtrise le terrain avec 58 titres.

La sélection ratisse comme elle peut parmi des passionnés. Gary Hines, 38 ans, trop petit (1,80 m) pour percer dans le basket à Atlanta, joue encore à Langefeld, en Allemagne. Il s'est fait une réputation pour ses participations aux versions allemande puis américaine de l'émission Ninja Warrior. Ty Reed, 31 ans, ancien quarterback de la puissante université d'Alabama, est licencié à New York. Drew Donlin, capitaine de l'Air Force, où il a appris le jeu, partage son temps entre son club de San Francisco et son emploi dans la Force spatiale des États-Unis. Buteur décisif contre le Maroc, Aboubakar Fofana a trouvé sa place dans cette équipe hétéroclite. Né dans le New Jersey il y a 26 ans, il a appris le hand en France, où il a grandi, au Fenix Toulouse. Ex-joueur de Nancy et du SCO Angers, il joue aujourd'hui à Villeurbanne, en Deuxième Division.

Avec ses deux victoires au Mondial, le Team USA, plus jeune équipe de la compétition, regarde maintenant vers les JO de 2028 à Los Angeles, où il est qualifié d'office. Il a peu de chances de voir Paris en 2024, l'Argentine étant favorite pour décrocher l'unique ticket à prendre aux Jeux panaméricains.

En attendant, on évoque une Ligue pro l'an prochain pour lancer le mouvement vers 2028, épaulée notamment par le sponsor principal de l'équipe nationale, l'opérateur de télécom Verizon, dont le PDG suédois, Hans Vestberg, connaît son sujet puisqu'il est l'ancien patron de la fédé de handball et du comité olympique suédois.

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