Premier adversaire des Bleus, l'Australie sur la pente descendante

Craig Goodwin (n°23), Ryley McGree (n°14) et Harry Souttar (n°19) devant notamment Aaron Moy. (I. Al Omari/Reuters)

La nouvelle génération des Socceroos apparaît moins expérimentée et talentueuse que celle qui avait été battue de justesse par les Bleus il y a quatre ans (1-2).

Derrière son apparente décontraction, l'Australie, aussi, a ses soucis. Insuffisamment remis d'une blessure au genou, son ailier droit Martin Boyle (29 ans, 19 sélections, 5 buts) a dû déclarer forfait au lendemain de celui de Karim Benzema. La ­similitude entre les Socceroos et les Bleus s'arrête là. Elle se veut d'ailleurs osée. Si Benzema évolue au Real Madrid, Boyle se contente de défendre les couleurs d'Hibernian, en Écosse.

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Ce constat résume le gouffre qui sépare les deux équipes. Il s'est même creusé depuis leur dernière confrontation en Coupe du monde, à Kazan (2-1, le 16 juin 2018). « Le gros problème, c'est qu'il n'y en a guère plus qui joue en Premier League, constate Fahid Ben Khalfallah, 40 ans, ancien international tunisien (17 sélections, 2 buts de 2008 à 2011) venu terminer sa carrière en Australie en 2014, avant de rester y vivre depuis. C'est une question d'état d'esprit. La qualité de vie en Australie est "ouf", et les joueurs y gagnent bien leur vie. Certains partent en Asie, en Corée du Sud ou au Japon, dans des Championnats moins relevés qu'en Europe, là où ils gagnent très bien leur vie. »

La difficile succession de CahillBen Khalfallah pointe un autre problème : « Les clubs essaient de monter des académies, mais le système de formation reste bidon. Tu t'entraînes trois à quatre fois par semaine et les entraîneurs ne sont pas terribles pour les jeunes. »

Conscient du problème, Graham Arnold a, dès sa nomination à la tête des Socceroos, le 16 juillet 2018, obtenu de cumuler les fonctions de sélectionneur des A, des Espoirs et de l'équipe olympique. Malgré une victoire historique face à l'Argentine, en ouverture des JO de Tokyo (2-0, le 22 juillet 2021), les Olyroos ne sont pas parvenus à sortir de la phase de groupes. Arnold en a tout de même incorporé huit dans sa liste de vingt-six. « Ils sont courageux, rien ne les affecte et ils amènent une grande énergie. Et les plus expérimentés leur apportent leur soutien. »

Présents en 2018, Mile Jedinak (retraité) et Tim Cahill (désormais dirigeant) ne sont plus là pour le s encadrer. Les derniers tauliers se nomment Mathew Ryan (30 ans), gardien et capitaine inamovible, le milieu Aaron Mooy (32 ans) et l'ailier déclinant, Mathew Leckie (31 ans). Les Socceroos demeurent toutefois convaincus de pouvoir pallier leur déficit technique, de vécu et de leadership, par leur physique et un mental à toute épreuve. Cela reste à voir.