Probable fin de carrière pour Vakatawa, le choc

L'annonce est brutale. À 30 ans, Virimi Vakatawa est contraint de tourner le dos à sa carrière. (A. Martin/L'Équipe)

Virimi Vakatawa, le centre du Racing 92 et de l'équipe de France, a été déclaré inapte à la pratique du rugby en France pour raisons médicales, dont la nature exacte n'a pas été précisée.

Lundi, peu avant 15 heures, un communiqué du Racing 92 a eu l'effet d'une bombe. Le club francilien a annoncé qu'il venait d'être informé « de la décision de la commission médicale de la LNR d'interdire à Virimi Vakatawa la poursuite de sa carrière professionnelle de joueur de rugby en France ».

L'onde de choc s'est propagée rapidement. Le Racing 92 a précisé « apporter son total soutien à Virimi Vakatawa et a immédiatement mis en place toutes les dispositions pour accompagner son joueur emblématique le mieux possible dans ces moments particulièrement difficiles ».

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La surprise est d'autant plus grande que le centre de l'équipe de France (30 ans, 32 sélections) s'apprêtait à démarrer sa saison le week-end prochain pour le déplacement à Bayonne. Samedi, lors de la rencontre entre le Racing et Castres (25-19), Vakatawa, en costume, tout sourire, déambulait au milieu de ses coéquipiers sur la pelouse de la Paris Défense Arena.

Le joueur n'a jamais ressenti d'alerte

À cet instant, il était impossible d'imaginer que, deux jours plus tard, la carrière du Tricolore subirait un tel coup d'arrêt. Et pour cause, lui-même n'était pas encore au courant du sort qui l'attendait. Victime d'une petite élongation, il était alors dans les starting-blocks, prêt à reprendre la compétition avec, en ligne de mire, la Coupe du monde 2023 (8 septembre - 28 octobre).

Lundi matin, changement de décor et d'ambiance. Vakatawa, convoqué plus tôt qu'à l'accoutumée au centre d'entraînement du club des Hauts-de-Seine, a été prévenu par le président Jacky Lorenzetti et le médecin du club qu'un problème médical avait été décelé, entraînant le non-renouvellement de sa licence en France et sa probable fin de carrière. L'annonce a été d'autant plus brutale que le joueur n'a jamais ressenti d'alerte. Sa première réaction a été la sidération. L'intégralité du groupe a été informée un peu plus tard, en début d'après-midi. Ses partenaires, et plus particulièrement les joueurs d'origine fidjienne, étaient très touchés.

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Dans l'après-midi, les messages de soutien se sont vite répandus sur les réseaux sociaux. Forcément. Car Vakatawa a marqué de son empreinte le rugby français et international. Le joueur d'origine fidjienne a débarqué en France, au Racing 92, en 2010. Repéré par son compatriote Sireli Bobo, il a alors tout juste 18 ans. Il dispute ses premières minutes, face à Clermont en Coupe d'Europe, le 14 janvier 2011. Après quatre saisons sous le maillot ciel et blanc, l'ailier bifurque vers le rugby à 7.

Il obtient la nationalité française en 2014 et intègre dans la foulée l'équipe de France de rugby à 7 dont il deviendra la star. Puis, coup de théâtre en 2016. Pour l'ouverture du Tournoi des Six Nations, il est sélectionné avec le quinze de France et, sans club mais sous contrat fédéral, il cumule les deux disciplines jusqu'aux Jeux Olympiques de Rio (7e avec la France). Il revient ensuite définitivement au rugby à quinze, au Racing 92, où il s'installe au poste de centre.

Vakatawa est un joueur à part. Un facteur X, capable d'électriser à lui seul n'importe quelle défense grâce à ses appuis, sa vitesse et sa puissance. Un combo qui a fait de lui l'un des meilleurs centres du monde à l'apogée de sa carrière en 2019-2020.

Les précédents Tolofua, Cazenave et Gourdon

La question est maintenant de savoir si Vakatawa, qui a disputé son dernier match officiel avec les Bleus lors de la tournée d'été au Japon (victoire 20-15 le 9 juillet, à Tokyo), devra mettre définitivement un terme à sa carrière. Son problème médical, dont la nature exacte n'a pas été précisée, l'empêche de jouer en France. Est-ce qu'il pourra s'engager ailleurs ? On se souvient de l'exemple du talonneur Christopher Tolofua qui s'était exilé en Angleterre (Saracens) à la suite d'un problème aux cervicales avant de revenir en France à Toulon. Ou encore de Florian Cazenave, qui a poursuivi sa carrière en Italie après la perte de son oeil gauche. Le demi de mêlée avait pu, lui aussi, revenir en France par la suite (Brive, Bordeaux et Vannes).

En revanche, la saison passée, le troisième-ligne Kevin Gourdon (19 sélections) a dû stopper définitivement sa carrière en raison d'un problème cardiaque. Quel sera le sort réservé à Vakatawa ? Une conférence de presse organisée aujourd'hui au siège du Racing devrait permettre d'en savoir davantage.

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